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01 déc. 10

Les actualité du 1er décembre 1910

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Arrestation du Capitaine Meynier

Mnistere de la marine

JusticeLe capitaine Meynier, que l'on recherchait en vain depuis près de deux semaines, s'est fait arrêter hier après-midi au ministère de la marine, où, démoralisé, brisé de remords et a bout de ressources, il allait trouver un de ses anciens camarades de promotion pour lui annoncer son dessein de se livrer a la justice.

Il était un peu plus de trois heures quand un homme, vêtu d'une longue redingote et porteur d'une lettre pour le commandant Labépie, se présente au ministère de la marine. Comme un familier de la maison, il pénétra dans l'immeuble ; errant de bureaux en bureaux et demandant aux uns et aux autres, employés et garçons de bureau, où se tenait le commandant Labépie. On le renseigna et on l'envoya à un huissier.

Son allure bizarre, son air absorbé, sa barbe naissante et mal taillée avaient attiré l'attention des personnes auxquelles il s'était adressé. On dirait le capitaine Meynier, prononça tout à coup un dessinateur du ministère, M. Rebour ; j'ai la certitude que c'est lui. A cette même minute, M. Glévic, garçon de bureau, avait la même impression et l'exprimait de la même façon. Leur stupéfaction et leur émotion se répandirent comme une traînée de poudre dans le ministère, et, tandis que l'homme portait sa lettre à l'huissier, les deux employés qui l'avaient reconnu les premiers descendaient quatre à quatre dans la cour, faisaient fermer la grande porte d'entrée du ministère qui donne sur la rue Royale et couraient prévenir deux agents, les gardiens de la paix Garnier et Scintillane, de service rue Royale.

Pendant ce temps, le capitaine Meynier, — car c'était bien lui, — s'était adressé à l'huissier qui lui avait été désigné et lui avait remis sa lettre. Le commandant Labépie l'ouvrit et ne put se défendre d'une émotion profonde. Il s'avança vers Meynier: Votre audace est incroyable. Je ne veux pas vous faire arrêter moi-même, mais je suis obligé de faire connaître votre présence ici. Sans mot dire, le capitaine Meynier redescendit l'escalier. A ce moment arrivaient les gardiens de la paix requis par ceux qui avaient reconnu Meynier. Tous deux, n'osant procéder à une arrestation dans l'enceinte du ministère, s'adressèrent au commandant Labépie et lui demandèrent s'ils devaient arrêter le capitaine.

Je ne puis vous donner cet ordre, répondît l'officier, mais je puis certifier que l'homme qui est en face de vous est bien le capitaine Meynier. Faites ce que vous croyez être votre devoir. Les deux agents s'adressent alors à Meynier. Êtes-vous le capitaine Meynier ? Oui, on dit que c'est moi, prononça-t-il d'une voix terne. Nous vous arrêtons. Soit, mais qu'on ne me laisse pas en butte à la curiosité publique et qu'on me conduise de suite au cabinet du chef de la Sûreté. Amené chez M. Hamard, Meynier subit un premier interrogatoire. L'ex-capitaine convint de son identité et, en même temps, il déposa sur le bureau du chef de la Sûreté un petit paquet contenant trois petits flacons portant l'étiquette ''poison''. Meynier a eu sans doute l'intention de se suicider, mais il n'en a pas eu le courage.

Questionné sur l'emploi de son temps depuis le jour de l'assassinat de Mme Olivier d'Ambricourt, il a déclaré être revenu la veille de Nemours, où il était allé et d'où il était revenu à pied. Il raconte qu'il erra dans la banlieue, ne couchant jamais deux nuits dans le même hôtel. J'ai été pleurer, a-t-il ajouté, sur la tombe de ma fiancée. J'ai trop souffert. Jamais je n'ai couché deux nuits de suite dans le même hôtel, allant du quartier de la Roquette à Maisons-Alfort. Je voulais partir pour le Midi, mais les journaux m'ayant appris que vous aviez envoyé une circulaire sur la côte d'Azur, je n'ai pas osé.

L'ex-capitaine Meynier avoue avoir hésité entre la fuite et le suicide et n'avoir eu le courage d'aucune décision. Que faites-vous de votre parole d'officier ? lui demande M. Hamard. Ne me posez pas cette question, réplique-t-il, je ne suis plus ce que j'ai été. M. Hastron, juge, d'instruction, fit subir l'interrogatoire d'identité à l'ex-capitaine et enregistra ses aveux. Il déclare choisir Maître Georges Claretie comme avocat. Dans la soirée, la prime promise par notre confrère le Matin a été remise par moitié à M. Rebour et à M. Glevic qui, les premiers, reconnurent le capitaine assassin.

Le Gaulois – 1er décembre 1910


EN BREF

JusticeL'exécution de Valentin Doilin a eu lieu ce matin, devant la porte de la prison du Mans, sous une pluie battante et au milieu d'une foule énorme. C'est à 6 h. 1/2 que les magistrats ont pénétré dans la cellule du condamné. Il venait de se réveiller et se tenait étendu sur son lit, les yeux ouverts. Tout d'abord, Doilin n'a pas compris le sens des paroles de M. Job, procureur de la République, lui annonçant le rejet de son recours en grâce. Son avocat, Maître Bouvier-Collet a dû le rappeler à la lugubre réalité. Le condamné a été alors saisi d'un violent tremblement. Il a balbutié: On va donc me couper le cou ? M. l'abbé Pignard, aumônier de la prison, s'étant présenté, Doilin a accepté avec empressement les secours de la religion et s'est confessé. Il a assisté à la messe avec ferveur et communié. On a remarqué que pendant la célébration de la messe, son attitude est redevenue plus calme et que son tremblement nerveux a presque disparu. Conduit ensuite au greffe, le malheureux a bu deux verres de vin blanc et une tasse de café, fumé deux cigarettes offertes par son avocat, et a demandé à M. l'abbé Pignard de lui bourrer sa pipe, pour la fumer une dernière fois. Pendant qu'on procédait à la toilette, Doilin a remercié longuement l'aumônier de ses bontés et fait à son défenseur quelques recommandations concernant sa famille. Il a demandé qu'on l'enterrât avec sa pipe et ses papiers. Puis le condamné a été dirigé vers le lieu de l'exécution, distant d'une dizaine de mètres. L'aumônier précédait Doilin, tenant en mains un crucifix. Le condamné est arrivé, soutenu par deux aides, au pied de l'échafaud. Il a embrassé la croix et l'abbé Pignard, puis s'est laissé pousser sans résistance sur la bascule fatale. Trois secondes plus tard, justice était faite. Il était 7 heures. Le corps, non réclamé par la famille, a été inhumé au cimetière du Mans. Aucun incident marquant ne s'est produit. La Croix – 1er décembre 1910

automobilethéatreMme Emilienne d'Alençon victime d'un accident d'auto - Un peu avant minuit, la nuit dernière, une limousine-automobile, dans laquelle se trouvait Mme Emilienne d'Alençon, l'artiste bien connue, est entrée en collision, avenue des Champs-Elysées, avec un auto-taxi. Le choc fut violent: les vitres des deux véhicules volèrent en éclats et l'artiste éprouva une commotion assez sérieuse. Une voiture la conduisit aussitôt chez elle, avenue Victor-Hugo, où Mme Emilienne d'Alençon dut s'aliter. Ajoutons que cet accident n'aura pas de suites graves, l'état de la jeune femme étant aussi satisfaisant que possible. Le Petit Parisien – 1er décembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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