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05 déc. 10

Les actualité du 5 décembre 1910

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Effroyable collision entre une automobile et un train - 3 morts

automobile broyée par un train

Chemin-de-ferLe Mans, 4 Décembre. Un terrible accident s'est produit, cette nuit, sur la ligne de Paris au Mans, au passage à niveau, près de la gare de Connerré-Beille, et a causé trois morts. La comtesse Antoine de Nicolay, née Marie-Caroline de Vogüé, âgée de 52 ans, et son fils, Christian-Aymard-Marie de Nicolay, âgé de 26 ans, avaient quitté dans la soirée d'hier, le superbe château de Montfort-le-Rotrou. Ils étaient montés dans leur limousine de dix-huit chevaux, conduite par le chauffeur Gustave Dodin, âgé de 30 ans, pour se rendre au château de Beauchamp, à Villaines-la-Gonnais, où le comte de Beaumont donnait un dîner suivi de bal.

Avant de partir, Mme de Nicolay avait dit au comte Roger de Nicolay, son beau-frère: Je n'aime pas l'auto ; je préfèrerais aller à Beauchamp en voiture, mais il y aurait quatorze lieues a faire, aller et retour, c'est trop pour les chevaux, je me résigne donc à prendre la limousine. La soirée donnée par le comte de Beaumont a duré jusqu'à minuit, et à ce moment les invités se sont retirés pour regagner les châteaux de la région. Mme de Nicolay et son fils remontèrent alors en auto.

Le comte Bouriat, domicilié au château des Arches, à Yvré-l'Evêque, qui avait passé la soirée avec eux, les précédait sur la route dans son auto, conduite par le chauffeur Mareuil. La route nationale de Paris au Mans est, en ce moment, très mauvaise, en raison des empierrements d'hiver : d'un commun accord, les chauffeurs Mareuil et Dodin décidèrent de prendre la route départementale de Connerré à Yvré-l'Evêque, qui traverse Montfort-le-Rotrou. Il leur fallait traverser la ligne de Paris à Brest.

Quand les deux autos arrivèrent au passage à niveau, situé près de la gare de Connerré-Beille, les barrières étaient fermées ; les chauffeurs appelèrent, puis actionnèrent leurs trompes. Personne ne répondit. Mareuil et Dodin descendirent alors de voiture et s'apercevant que les cadenas des barrières n'étaient pas fermés à cléfs, ils se mirent en devoir d'ouvrir. A ce moment, survint un garde particulier, M. Brillant, qui dit aux deux chauffeurs : C'est bien imprudent ce que vous faites là ; si les barrières sont fermées, c'est qu'il y a du danger. Aucun train n'est en vue, répondirent les chauffeurs, nous irons vite. Et, après avoir ouvert la première barrière, ils traversèrent la ligne pour ouvrir la seconde. L'auto du comte Bouriat passa la première sans encombre, puis le chauffeur Dodin lança sa limousine sur le passage à niveau.

Il était à ce moment minuit quarante et une minutes. Le train express 72, parti de Paris-Saint-Lazare à huit heures cinquante, ayant M. Letort pour conducteur-chef et M. Bidault pour mécanicien, devait normalement passer à Connerré-Beille, où il ne s'arrête pas, à minuit trente-trois minutes. Il avait huit minutes de retard et avait brûlé la gare à une vitesse de 90 kilomètres à l'heure. Une seconde après, il prenait par le travers la limousine de Mme de Nicolay, engagée sur le passage à niveau.

Le choc fut effroyable. Les débris de l'auto furent lancés à cinquante mètres en avant. Le mécanicien se rendit immédiatement compte de la collision et serra ses freins, mais son convoi ne put stopper qu'à quatre cents mètres de là. Quand il descendit de sa locomotive le mécanicien Bidault constata avec terreur qu'un corps de femme, en toilette de soirée, était resté accroché au tablier de sa machine : le crâne était ouvert et le corps portait de multiples blessures. La malheureuse comtesse de Nicolay avait été tuée net.

Il fallut tout d'abord combattre le commencement d'incendie qui avait éclaté dans plusieurs wagons de tête de l'express. Cet incendie était provoqué par l'essence de l'auto tamponnée : il fut rapidement éteint. On retrouva alors, au kilomètre 186.936, à 56 mètres de l'endroit où s'était produit l'accident, les corps de MM. Nicolay fils et Dodin. M. de Nicolay portait d'affreuses blessures ; de plus, l'essence avait mis le feu à son habit. La cadavre était horriblement calciné. Quant au chauffeur Gustave Dodin, il avait la boîte crânienne enlevée ; sa mort avait dû être foudroyante.

Les trois corps furent transportés dans les salles d'attente de la gare de Connerré-Beille, où ils sont encore étendus à l'heure où je vous télégraphie, en attendant l'arrivée du Parquet de Mamers. L'identité a été rapidement établie, car le chauffeur Mareuil, ayant entendu le bruit de la collision, avait arrêté son auto à cent mètres du passage à niveau : il revint sur ses pas avec le comte Bouriat et tous deux se rendirent compte de l'affreux accident.

Le comte Roger de Nicolay était présent au château de Montfort. L'auto du comte Bouriat alla le chercher en toute hâte et, toute la nuit, M. de Nicolay veilla sur les corps des victimes. Aussitôt après les constatations du Parquet de Mamers, il fera transporter les trois corps, en, voiture, au château de Montfort-le-Rotrou.

Le Petit journal – 5 décembre 1910


EN BREF

us-1908

Le bal de l'égalité - New-York, 4 Décembre - La municipalité socialiste de Milwaukee, dans le Wisconsiin, vient d'offrir un grand bal à ses administrés. Au nom de l'égalité, l'habit était rigoureusement interdit. Toujours au nom de l'égalité, des commissaires forçaient les jeunes gens à danser avec les filles les plus laides. Enfin, pour empêcher les goinfres de dévaliser le buffet au détriment des timides, on défila processionnellement devant ce buffet, et chacun reçut la même ration de bières et de viandes froides. Le Petit journal – 5 décembre 1910

It

Précipité de 150 mètres dans le lac de Garde - Milan, 4 Décembre - Giovanni Franzoni, ouvrier mineur, âgé de 26 ans, a été victime d'un étrange accident. Il venait de mettre le feu à une mine sur la route en construction qui longe le lac de Garde, aux environs de Tremosine. Tout d'un coup, une violente détonation se produisit et Franzoni, atteint en pleine poitrine par un bloc de rocher comme par un boulet de canon, fut arraché à son abri et précipité dans le lac. Le Petit journal – 5 décembre 1910

La Loire emporte une nouvelle digue - Nantes, 4 décembre - Les catastrophes se suivent en Loire-Inférieure. Après la Divatte, c'est la levée d'Embreil qui se rompt à la hauteur de la gare de cette localité, sur la ligne du chemin de fer d'Anjou. La Loire a envahi aussitôt toute la campagne finissant de submerger des points, qui, jusqu'ici, avaient été préservés. Sur toute la rive gauche, une nappe d'eau de cinq kilomètres de largeur s'étend à perte de vue: c'est l'anéantissement de la vie sociale pour les populations riveraines. Fait autant qu'extraordinaire, il n'y a aucune victime humaine et tous les bestiaux ont pu être sauvés. La digue d'Embreil est une route surhaussée de six mètres qui était parallèle à la Divatte. Sa rupture a provoqué l'inondation des parties basses du Landreau, du Loroux-Bottereau de la Chapelle-Heulin. L'eau a envahi jusqu'à l'église de cette dernière localité. Haute-Goulaine est totalement submergée. Durant toute la nuit, les riverains d'Embreil ont déménagé. Le pont de Louans, situé sur le marais, et sur lequel passent les routes de Vertou, de Vallet et du Loroux-Bottereau a été emporté par les eaux. L'eau atteint la toiture des maisons. Les gendarmes rendent aux malheureux sinistrés les plus grands services. Le Petit Parisien – 5 décembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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