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09 déc. 10

Les actualité du 9 décembre 1910

Les ministre des Travaux publics visite les inondés de Bretagne

Route de Haute-Goulaine inondée

Nantes, 8 décembre. Dès la première heure, ce matin, le ministre des Travaux publics, accompagné de M. Guist'hau, maire de Nantes, sous-secrétaire d'Etat du préfet de la Loire-Inférieure, de l'ingénieur en chef des ponts et chaussées et de nombreux chefs de service, a visité les régions atteintes par l'inondation.

Les représentants du gouvernement se sont directement rendus en automobile aux digues de la Divatte et d'Embreil. Ils ont abordé la Divatte inondée, du côté de Nantes, par le pont de Thouaré. Leur émotion a été grande en constatant les dégâts de l'inondation. Huit mille hectares de territoire sont, en effet, recouverts par cinq mètres d'eau.

Les ravages ont été plus grands ici qu'en Maine-et-Loire et le ministre des Travaux publics a rendu publiquement hommage à la résignation de nos populations, qui n'ont pas fait entendre un seul mot de récrimination. Il y a mieux. M. de Dion, député de la partie rurale de Nantes, demandait qu'on ouvrit une brèche à Basse-Goulaine pour activer l'écoulement des eaux. Les paysans se joignirent aux ingénieurs pour montrer le danger qu'il y aurait pour Nantes. A leur retour, les ministres ont visité les quartiers de la Madeleine et de Pirmil, les plus atteints, à Nantes.

Après un déjeuner à la préfecture, les ministres se sont rendus à Basse-Goulaine, mais en empruntant une autre route que celle de la Divatte, submergée. MM. Puech et Guist'hau se sont entretenus avec quelques inondés auxquels ils ont prodigué les encouragements et promis la sollicitude du gouvernement. Mille francs ont été remis au maire de Basse-Goulaine.

Ensuite a eu lieu une visite à la levée d'Embreil, dont la rupture a amené l'inondation de Haute-Goulaine et de la Chapelle-Heulin. Comme on avait signalé au ministre des Travaux publics la brillante conduite, comme sauveteur, de M. Bahuad, cousin germain de M. Briand, président du

Conseil, M. Puech a tenu à aller serrer la main à ce brave homme, qui a si bien rempli son devoir de bon citoyen. Le ministre a également vu M. Bouchaud, oncle de M. Briand, qui est au nombre des sinistrés. Un secours de 1,000 francs a été remis à M. Allaire, maire de la Chapelle-Heulin.

Le pont de Louans, qui commande quatre routes de grande vicinalité et qui s'était rompu sous l'effort des eaux, a été l'objet d'une visite ministérielle spéciale. M. Puech a fait sur nos populations bretonnes, par son accueil affable et sa simplicité, une très profonde émotion. Les ministres sont rentrés à Nantes à six heures un quart ils repartant pour Paris, par l'Ouest-Etat, ce soir, à onze heures.

Le Petit Parisien – 9 décembre 1910


EN BREF

M. Pergaud obtient le prix Goncourt - Les membres de l'Académie Goncourt se sont réunis, hier soir, dans un restaurant de l'avenue de l'Opéra. Il s'agissait de décerner le prix de 5,000 francs, créé à l'intention de l'auteur d'un roman paru dans l'année, selon les clauses du testament des auteurs de Manette Salomon. Les académiciens étaient au nombre de neuf. Seul M. Rosny était absent. Après dîner, entre la poire et le fromage, ils procédèrent à l'élection de l'heureux lauréat. Ce fut laborieux. Au premier tour, M. Guilbert Apollinaire obtint 3 voix, M. Poinsat 2, Mmes Marguerite Audoux 2 et Colette Willy 2, M. Pergaud 1. Le second tour se disputa entre MM. Roupinel et Louis Pergaud. Il y eut ballottage. Enfin. M. Louis Pergaud l'emporta il obtint 6 voix, contre 4 à son concurrent, M. Rosny ayant voté par procuration. M. Pergaud, comme M. Roupinel, appartiennent à renseignement. Le premier est l'auteur d'un livre intitulé De Goupil à Margot; le second, d'un roman, Nono. Le Petit Parisien – 9 décembre 1910

Catastrophe-ferroviaireTamponnement en gare de Chars - Un assez grave accident s'est produit, hier matin, en gare de Chars, sur la ligne de Paris à Dieppe, par Pontoise, à l'embranchement de la ligne de Chars à Magny-en-Vexin. Un convoi de marchandises, le 2102, venait d'entrer en gare et, pour lui permettre de manœuvrer en toute liberté, le chef de gare avait eu soin de faire fermer le signal avancé. Quelques instants après, un autre train de marchandises, le 2332, venant de Dieppe, arriva. Le mécanicien, apercevant le signal qui marquait l'arrêt, stoppa à quelques kilomètres de la gare, attendant que la manœuvre fût terminée et que la voie lui fut annoncée libre. Il était là depuis un quart d'heure à peine lorsqu'un troisième convoi de marchandises, le 5110, provenant également de Dieppe et qui suivait à quelques minutes d'intervalle le 2332, survint. Le mécanicien du 5110 aperçut bien, mais trop tard, l'arrière du convoi en station. Il voulut arrêter, serra ses freins, fit machine en arrière, mais la vitesse était trop grande, les roues patinèrent sur les rails humides, le train continua sa course et vint se jeter sur les fourgons de queue du 2332, arrêté sous le tunnel. Le choc fut extrêmement violent. Cinq wagons du train tamponné et du train tamponneur furent jetés hors des rails et renversés, obstruant la voie de Paris à Dieppe et celle de Chars à Magny-en-Vexin qui sont a voie unique. Un garde-frein, M. Bedaille, de Dieppe, a été assez sérieusement blessé. Après avoir reçu les soins du docteur Cesbron, il a été ramené chez lui. Les dégâts matériels sont assez importants. Le Petit Parisien – 9 décembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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