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10 déc. 10

Les actualité du 10 décembre 1910

Le feu détruit les ateliers de la flotte à Brest

Brest - Ateliers de la flotte

IncendieBrest, 9 décembre - De stridents appels de clairon mettaient en émoi ce matin les habitants de Brest, en même temps qu'une vive lueur d'incendie éclairait le ciel dans la direction de Recouvrance. Le feu venait de se déclarer à l'arsenal. C'est la sentinelle placée sur la dunette du vaisseau-école le Calédonien qui donna l'alarme. A cinq heures moins un quart, elle aperçut une épaisse fumée sortant des bâtiments où sont installés les ateliers de la flotte, sur la rive droite de la Penteld, au sud des formes de radoub de Pontaniou et au-dessous de la caserne du 2e dépôt des équipages de la flotte.

En quelques instants toute la toiture flambait. Les pompiers de l'arsenal et de la ville accoururent, ainsi que les troupes de la garnison puis les remorqueur Elorn, laborieux, Travailleur, Haleur, Titan, Chameau, avec de puissantes pompes lancèrent des torrents d'eau sur le brasier, mais les flammes, trouvant dans les matières contenues dans l'atelier un aliment facile, avaient gagné déjà tout le corps de bâtiment. C'est dans cet atelier qu'étaient réunis les gréements et matériaux de toutes sortes servant aux petites réparations des navires. Là, se trouvaient également les meubles destinés à meubler les cabines des officiers et les appartements des amiraux.

Dès la première alerte, accoururent successivement sur les lieux le vice-amiral de Marolles, préfet maritime de Brest, qui prit la direction des opérations de sauvetage, les membres de la municipalité, M. Griniaud, sous-préfet de Brest, les chefs de service et ingénieurs de l'arsenal. Malgré les efforts des sauveteurs, l'incendie avait gagné tous les corps de bâtiments édifiés sur une superficie de quatre cents mètres carrés, à proximité des bâtiments de l'artillerie et de la caserne des équipages de la flotte dont ils ne sont séparés que par un étroit chemin. Les efforts des pompiers se bornèrent à empêcher l'extension du fléau; ils y sont parvenus. A dix heures du matin, en effet, on était maître du sinistre qui a détruit une moitié des bâtiments où sont installés les ateliers de la flotte.

De l'avis du vice-amiral de Marolles et à la suite des constatations faites dès le début du sinistre par les commissaires spéciaux Clerc et Clair, on doit écarter toute idée de malveillance. Le feu a pris naissance sous l'escalier donnant accès au premier étage, dans un coffre renfermant du bois de chauffage on ignore encore par suite de quelle circonstance, purement fortuite. Lors de la dernière ronde, effectuée à dix heures du soir, aucune constatation anormale n'avait été faite. A 2 heures et demie, l'incendie était terminé.

La remise en état du bâtiment demandera de soixante à quatre-vingt mille francs. La valeur des matières brûlées que l'atelier contenait n'est pas encore estimée. Aucun des grands services de l'arsenal ni du port ne se trouvera arrêté.

Le Petit Parisien – 10 décembre 1910


EN BREF

Aviation

L'aviateur Legagneux s'élève à 1,200 mètres - Pau, 9 décembre - L'aviateur Legagneux a battu aujourd'hui le record de l'altitude. Il s'est élevé à 3,200 mètres sur un monoplan Blériot à moteur Gnome et a atterri à midi après avoir tenu l'air pendant 1 heure 35 minutes. Legagneux, qui a atterri par un remarquable vol plané, a été longuement acclamé. Il était très ému et s'est plaint d'avoir souffert du froid. Le record précédent appartenait à Johnstone, l'aviateur américain qui se tua, il y a quelques jours, précisément en faisant des essais d'altitude. Johnstone, à Belmont Park, le 1er novembre, s'était élevé à 2,960 mètres. Legagneux le bat donc de 240 mètres. Son record, s'il a été contrôlé officiellement, a ainsi toutes les chances d'être homologué, la fédération internationale ayant décidé récemment que les performances de ce genre ne seraient considérées comme valables que si elles dépassaient de 100 mètres au moins les précédentes. A ce sujet, et pour montrer les progrès fantastiques réalisés par nos aviateurs, rappelons que le premier record du monde de la hauteur fut établi par Wilbur Wright, à Auvours, fin 1908, avec 25 mètres, et que ce même record était élevé, par Paulhan, le 31 octobre 1909, il y a donc un peu plus de 13 mois à 237 mètres 60 centimètres. Le Petit Parisien – 10 décembre 1910

IncendieLe feu détruit l'école normale d'instituteurs de la Sauve - Bordeaux, 9 décembre. L'école normale départementale d'instituteurs, située à la Sauve, à trente kilomètres de Bordeaux, a été détruite par un violent incendie, dans la nuit de jeudi à vendredi. Quand le sinistre se déclara, tout le monde dormait, lorsqu'un élève nommé Yon, fils du directeur d'une des écoles communales d'Arcachon, se trouva incommodé et réveillé par une odeur insupportable. Il se leva et vit que deux armoires des vestiaires contigus au dortoir étaient en feu. Entre ces deux armoires se trouve la lampe veilleuse, qu'on allure chaque soir, pour éclairer pendant la nuit le corridor des vestiaires. M. Yon prit les couvertures de son lit dans l'intention de s'en servir pour étouffer le feu, mais les flammes avaient gagné quatre, cinq, dix autres armoires, à ce point que lorsqu'il revint dans le corridor il dut se rejeter vivement en arrière pour n'être pas suffoqué par la fumée. Il parcourut alors tous les dortoirs, réveillant ses camarades. Les élèves, au nombre de quatre-vingt-cinq, se sauvèrent en chemise Le directeur, l'économe et le personnel logé dans l'établissement furent rapidement hors de danger. Mais un professeurs, M. Roger, qui dormait profondément faillit être asphyxié. Les pertes sont évaluées à 250,000 francs environ. L'école actuelle occupait l'ancien collège des jésuites. Elle était auparavant à Bordeaux, rue de la Trésorerie, et c'est vers 1860 que son transfert à la Sauve fut décidé. Il parait assez probable que les cours .seront continués à Bordeaux, à titre provisoire, dans les locaux du grand séminaire. Le Petit Parisien – 10 décembre 1910

 

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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