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12 déc. 10

Les actualité du 12 décembre 1910

Les six jours de New-York

Hourlier, 6 jours de Paris

cyclisme

us-1908

La quinzième course des six jours de New-York a pris fin par la victoire de l'équipe américaine Root-Moran, qui a fourni une course splendide. On a vu ici même, par nos dépêches particulières, combien fût âpre et acharnée la lutte que les courageux cyclistes se sont livrés durant six jours et six nuits. Jamais la fin de la célèbre compétition new-yorkaise n'avait présenté cet intérêt tout spécial dû à la présence de l'équipe Rutt-Clarke qui a réussi l'exploit véritablement extraordinaire de reprendre au cours de la dernière matinée les trois tours de retard qu'elle avait sur les leaders.

C'est grâce à Rutt-Clarke que les six jours 1910 ont passionné tous tes sportsmen de la vieille Europe ; c'est grâce à eux que partout, ce soir et demain, l'on parlera de ce terrible critérium qui a démontré, un fois de plus et de la plus retentissante façon, que les forces humaines n'ont pas de limites lorsqu'on sait les diriger et les employer, science que l'on acquiert toujours par la pratique rationnelle

New-York, 10 décembre — Au moment où retentit le coup de pistolet annonçant la fin de la 130e heure, Rutt plongeait du haut de la piste et, dans un sprint d'une beauté inouïe, il s'assura plus de cent mètres sur le peloton en moins de six tours. Clarke vint au secours de son camarade et, pendant quinze tours, conserva l'avance. Rutt se remit en piste et, produisant un effort fantastique, parvint à rejoindre Demara qui ramait en queue du peloton. Cet exploit du team allemand-australien fut vraiment applaudi. A la 132e heure, Root-Moran, Fogler-Hill, Hehir-Golt et Clarke-Rutt sont ensemble avec 3,833 kil. 859 m. Metten-Thomas à un tour ; West-Demara à 2 tours et Cameron-Helstead à 3 tours.

Au cours de l'après-midi, aucun changement ne s'est produit et il semble que les concurrents se reposent pour l'enlevage final, car aucune tentative de lâchage n'a été faite. A 2 heures de l'après-midi, les quatre teams de tête avaient parcouru 3,886 kil, 440 et à 6 heures, les positions n'avaient pas changé ; les leaders avaient mis 3,985 kil. 456 à leur actif.

Le début de la soirée a été assez intéressant. A partir de sept heures les vastes enceintes de Madison-Square étaient pleines à craquer et à huit heures, l'on refusait du monde. On estime à vingt mille le nombre des sportsmen qui n'ont pu entrer. A la fin de la cent-quarantième heure les positions étaient les suivantes : Rutt-Clarke, Fogler-Hïll, Golt-Hehir et Moran-Root, avec 2.510 milles et 4 tours ; Mitten-Thomas à deux tours ; Demara-West et Helstead-Cameron à trois tours.

Vers huit heures et demie Rutt faisait une nouvelle tentative en vue de prendre un tour au peloton; mais Moran et Fogler ramenèrent le lot sur le fugitif et tout rentra dans le calme. A la fin de l'avant-dernière heure Rutt-Clarke, Fogler-Hill, Moran-Root et Golt Hehir avaient parcouru 2.527 milles et 8 tours.

La dernière heure nous a permis d'assister à plusieurs luttes vives et c'est toujours Rutt qui s'est chargé de donner le signal de l'attaque. Mais il n'y a plus rien à faire contre la coalition américaine. A 9 h. 53, le speaker annonça que les changements d'équipiers étaient interdits et Hehir, Clarke, Root, Fogler, Mitten, Wert et Cameron restèrent seuls en piste. Au dernier mille, à 10 h. 3 minutes, le coup de pistolet, annonça la fin de l'épreuve, soit 142 heures de course, et un nouveau signal retentit. C'est alors que Root emmena le peloton à une allure de record. Malgré un démarrage foudroyant de Fogler, Root conserva l'avantage sur la ligne finale, précédant Clarke d'une demi-roue, Fogler à un quart de roue.

1er ROOT-MORAN (Américains), avec 2.515 milles et 3 tours, soit 4.095 kilomètres 621 (record Mac Farlan-Moran 4.403 kil. 995) ; 2e Clarke-Rutt (Australien-Allemand), à une demi-roue ; 3e Fogler-Hill (Américains), à trois-quarts de roue. Root et Moran, vainqueurs de la quinzième course des six jours, ont marché à une vitesse moyenne de 28 kilomètres 803 à l'heure durant 142 heures.

Le Presse – 12 décembre 1910


EN BREF

Le pèlerinage annuel, organisé par la fondation Berlioz, a réuni, hier, matin, une trentaine d'amis et d'admirateurs du grand musicien. Parti à dix heures du square Berlioz, où est érigée la statue du maître, le cortège, ayant à sa tête MM. Alfred Bruneau, président de la fondation, et Roussillon, représentant le ministre de l'Instruction publique, s'est rendu, d'abord, au cimetière Montmartre, sur la tombe de l'immortel auteur de la Damnation de Faust, où de courtes allocutions ont été prononcées. Ensuite, les pèlerins ont gagné la rue du Mont-Cenis, sur les hauteurs de la Butte, où s'élève la maison que Berlioz habita de 1834 à 1837, et que rehausse un marbre cornmémoratif apposé en 1906 par les soins de la fondation. La maison fut respectueusement visitée. Puis, M. Alfred Bruneau retraça en quelques phrases l'œuvre de piété artistique poursuivie et accomplie depuis trois ans par la fondation Berlioz. A son tour, M. Malherbe, bibliothécaire de l'Opéra, prit la parole pour exprimer le voeu que les pouvoirs publics faussent l'acquisition de la maison du célèbre musicien. II ajouta que si ce voeu pouvait se réaliser la maison serait transformée en musée Berlioz et le jardin y attenant deviendrait un square public. Le Petit Parisien – 12 décembre 1910

La bande des vernisseurs s'est échappée du bagne – Vienne, 11 décembre - Les agents de la 10e brigade mobile dont le siège est à Lyon, ont arrêté, ce matin, à Péage-de-Roussillon, le forçat évadé Jules Pique, quarante-trois ans. Ce dangereux malfaiteur qui, depuis son évasion du bagne, le 9 mars vivait dans une roulotte sous le faux nom de François Coquelle, commettait quotidiennement des larcins. Jules Pique avait fait partie de cette célèbre bande dite des Vernisseurs, dont tous les membres avaient été envoyés au bagne, en 1899. Les Vernisseurs étaient des bandits qui parcouraient le pays dans des roulottes. Ils se faisaient passer pour des forains. Ils entraient dans les maisons et offraient de réparer et de vernir les meubles. Cela leur permettait de connaître les lieux qu'ils mettaient régulièrement au pillage quelques jours après. Lorsqu'on les arrêta, ils durent comparaitre successivement devant trois cours d'assises. En 1898, Jules Pique était condamné à huit ans de travaux forcés à Melun et les cours d'Auxerre et d'Angers lui allouaient chacune huit années de la même peine. Ce qui faisait vingt-quatre années de travaux forcés. Quelques autres membres de la bande des Vernisseurs se sont évadés du bagne en mente temps que Jules Pique. On pense qu'ils ne tarderont pas à être capturés. Le Petit Parisien – 12 décembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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