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13 déc. 10

Les actualité du 13 décembre 1910

Drame au Palais de Justice de Riom

Palais de Justice Riom

Riom, 12 Décembre. Un drame sensationnel s'est déroulé ce soir, à quatre heures un quart, au Palais de Justice de Riom. Un nommé Victor Boilon, âgé de 43 ans, originaire de Mons (canton de Randan), a tenté de tuer à coups de revolver deux magistrats : M. Vibert, avocat général, et M. Lalubie, substitut du procureur général. M. Vibert a été blessé au bras droit et M. Lalubie à la joue et au bras gauche. L'état de ce dernier est grave.

Voici comment la tragédie s'est produite. Boilon était autrefois cordonnier à Moulins ; il fut déclaré en faillite, sur poursuites de la maison Randon et sur rapport de M. Prost, juge au tribunal de commerce ; tout ce qu'il possédait ayant été vendu, il vint s'établir cordonnier à façon à Chamalières, près de Clermont. Il envoya successivement plusieurs plaintes au procureur de la République de Moulins et au Parquet général, contre le juge Prost et la maison Randon.

Les plaintes restant sans résultat, le cordonnier conçut une haine féroce contre les magistrats. Il y a un mois, il acheta un revolver chez un armurier de la rue du Saint-Esprit. Ce matin, il se rendit à Riom, et demanda à parler à M. Caron procureur général ; mais celui-ci étant absent, il revint alors ce soir au Palais, et fut reçu par M. Vibert, avocat-général, auquel il exposa, avec violence, ses réclamations. On m'a condamné, dit-il, de façon infâme, on m'a ruiné, je veux que justice me soit rendue.

M. Vibert répondit que les délais d'appel étaient expirés, mais qu'il consentait à le mettre en présence de M. Lalubie, substitut, qui était au courant de l'affaire. M. Vibert alla chercher M. Lalubie, mais au moment où ils revenaient tous les deux, Boilon déchargea son revolver sur eux. Un appariteur, M. Roche, maîtrisa heureusement le plaideur meurtrier qui fut écroué à la maison d'arrêt. Boilon déclara ne rien regretter, il a dit qu'il voulait absolument se venger des magistrats. M. Lalubie a été transporté chez lui.

Le Petit Journal – 13 décembre 1910


EN BREF

Politique

uk

Les chiens et les élections anglaises - Londres, 12 Décembre. Les chiens ont joué un rôle considérable au cours des élections anglaises actuelles. S'il ne leur a pas été possible de prendre la parole pour tel ou tel candidat, ils ont, du moins, attiré l'attention sur lui au moyen de pancartes attachées à leur cou et portant l'inscription : Votez pour X... Leurs propriétaires avaient soin de les mettre bien en évidence sur le siège de leur voiture ou de leur automobile, et, comme les Anglais sont grands amateurs de chiens de race, l'admiration qu'ils professaient pour tel bull-dog, tel terrier ou tel épagneul, les rendait plus coulants sur les programmes que dévidaient devant eux les candidats. Le Petit Journal – 13 décembre 1910

allemagne

Ouvriers disparus dans de l'acier en fusion - Berlin, 12 Décembre. Dans une fonderie de Bochum, en Westphalie, une cuve qui renfermait 13.000 kilogrammes d'acier en fusion s'est répandue sur des ouvriers en train de travailler. Trois d'entre eux ont complètement disparu dans la matière fondue et il a été impossible de dégager leurs restes. Plusieurs autres, atteints par des gouttelettes de métal, ont été plus ou moins grièvement blessés. Le Petit Journal – 13 décembre 1910

It

Libéré après 46 ans de captivité - Rome, 12 Décembre - Le brigand qui avait formé le projet d'assassiner Garibaldi, il y a cinquante ans, vient d'être rendu à la liberté après quarante-six ans de captivité. On l'a extrait de la prison de La Favignana où il avait le matricule 5048. Son vrai nom est Antonio Cutelli. En 1860 il se rallia avec d'autres montagnards de la Calabre autour des Bourbons pour combattre le ''marin hérétique'' c'est-à-dire Garibaldi. Le roi de Naples détrôné, Cutelli se réfugia dans le maquis et se fit brigand. Il avait alors conçu le projet de s'introduire nuitamment dans la maison de Garibaldi et de poignarder le grand patriote. Mais pour bien des raisons il dut abandonner cette idée et cessa d'ailleurs de se préoccuper du changement de régime de son pays ; et il se mit à la tête d'une bande dont l'unique but était de piller les habitants de la région et de dévaliser les voyageurs. Jusqu'en 1864, Cutelli et sa bande répandaient la terreur dans le pays ; c'est au printemps de 1864 que des carabiniers découvrirent le quartier général des brigands et le cernèrent. Cutelli, sommé de se rendre, tenta de se suicider mais en fut empêché par les carabiniers. L'instruction de son procès a demandé cinq ans, car les chefs d'accusation portaient sur de nombreux assassinats et sur une longue série de séquestrations. Cutelli fut condamné à mort, peine que le roi Victor-Emmanuel a commuée en celle des travaux forcés à perpétuité. Le Petit Journal – 13 décembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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