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15 déc. 10

Les actualité du 15 décembre 1910

Automobile et bicyclette

Chauffeur et cyclistes L'immense succès remporté actuellement par le Salon de l'Automobile et du Cycle doit être pour nous un témoignage éclatant de la faveur dont jouissent auprès du public ces deux genres de sports. Toutefois, si par son faste imposant, ses randonnées inlassables, l'automobile est l'objet de bien, des convoitises, si même elle compte un grand nombre d'adorateurs, elle n'en est pas moins un moyen de transport fort onéreux loin d'être la portée de tous. Seule, la classe aisée peut l'utiliser. Il faut, en effet, être riche pour posséder à soi une de ces voitures. Aussi ceux qui peuvent s'offrir ce luxe sont-ils peu nombreux, 53.670. environ dans toute la France dont 15.000 seulement à Paris. Les millionnaires ne sont donc pas aussi répandus qu'on veut bien le dire.

D'invention récente, l'automobile s'est acclimatée chez nous avec une rapidité extraordinaire. En 1899, on ne comptait que 1,070 voitures, en 1910, elles sont au nombre de 53 670. La marche ascensionnelle a donc été rapide et considérable.

Toutefois, cette diffusion de l'automobile ne s'est-elle pas faite au détriment de cet autre moyen de locomotion, la, bicyclette ? C'est là un point intéressant à connaître. 0n sait en effet. avec quelle difficulté il est permis aujourd'hui de circuler sur les routes. Si ce n'est la rapidité, la vitesse avec laquelle ces voitures, tels de véritables bolides, s'avancent sur vous, c'est la poussière qu'elles soulèvent et qui vous plonge pendant un certain temps dans un nuage opaque et des plus nauséabonds. A peine le nuage poussiéreux est-il dissipé, qu'un son de trompe vous signale qu'à quelques mètres de vous, une nouvelle puissante machine aux bruyants ronflements de moteur désire la voie libre. Et vous voici de nouveau plongé dans une obscurité profonde. Et il en est ainsi jusqu'à ce que vous ayez atteint le but que vous avez choisi.

Devant ces plaisirs de la route au XXe siècle, plaisirs provoqués par la diffusion de l'automobile, on suppose peut-être que las vélocipédistes, par dégoût et par découragement disparaissent ? Disons-le tout de suite, il n en est rien Leur nombre, au contraire va chaque innée croissant et aujourd'hui ils forment une véritable armée. D'ailleurs, l'évolution de la bicyclette présente un vif intérêt et, mérite d'être signalée.

En, 1893, alors que la loi de finances du 28 avril de la même année frappait pour la première fois la bicyclette d'une taxe de 10 francs, le nombre des appareils était infime; on, n'en comptait dans toute la France que 151,000. Cependant, l'année suivante enregistrait 50.000 appareils de plus et deux années plus tard, en 1896, le nombre des vélocipèdes avait tout simplement doublé, il s'élevait à 329.816.

Toutefois, à la suite, des interventions du Touring Club et de certains groupements cyclistes, le Parlement reconnut que la bicyclette n'était pas un appareil destine seulement à la classe aisée, mais bien un moyen de locomotion pratique, peu coûteux et pouvant être utilisé par toutes les classes de la société. Des lors, il apparaissait que la taxe de 10 francs était exorbitante. La loi du 13 avril 1898 l'abaissa à 6 francs. Cette importante réduction fut le point de départ du formidable développement pris par la bicyclette. C'est ainsi que le nombre des appareils passa successive à 838.856.en 1899, 987.130 en 1900, 1.206.742 en 1902, 1.547.913 en 1904, 1.822.542 en 1906.

En 1906, nouvelle, intervention bienveillante du Parlement en faveur des cyclistes. L'impôt fût, en effet, réduit à 3 francs. Cette taxation peu élevée détermina encore un notable accroissement dans le nombre de vélocipédistes. En 1907, 2.059.040 appareils étaient assujettis l'impôt en 1908, 2.271.809 et en 1909, 2.497.890 ! En dix ans, c'est-à-dire depuis 1900, le nombre des cyclistes s'est accru de un million et demi. Ainsi, on le voit, la diffusion de l'imposante automobile n'a a entravé en aucune façon le développement de la bicyclette qui est et restera toujours le sport favori du public peu fortuné.

Le Presse – 15 décembre 1910


EN BREF

PolitiqueMort de M. Quentin-Bauchart - M. Quentin-Bauchart, qui est mort subitement mardi soir, après une attaque d'hémiplégie qui l'avait frappé l'après-midi en séance de commission, représentait depuis de nombreuses années, à l'Hôtel de Ville, le quartier des Champs-Elysées. Elu pour la première fois en 1890, il avait depuis été constamment réélu, presque sans concurrent. Membre du Comité de la Société des gens de lettres et du Cercle de la critique, romancier et poète, il avait publié un certain nombre de volumes. Homme de goût, Parisien de Paris et mondain souriant, il s'était spécialisé à l'Hôtel de Ville dans les questions d'art, notamment d'architecture et de voirie. Il avait fait beaucoup pour l'embellissement de Paris, et contribué à l'organisation de plusieurs expositions des industries d'art. En ces derniers temps, il s'était intéressé à l'aviation. M. Quentin-Bauchart, né à Paris en 1857, était le petit-fils de Quentin-Bauchart, représentant du peuple en 1848, et fils du conseiller d'Etat sous l'Empire. Il avait hérité de son père ses opinions bonapartistes. Le Petit Journal – 15 décembre 1910

IncendiebelgiqueUn étrange incendie - Bruxelles, 14 Décembre - On vient d'écrouer à Audenarde un propriétaire qui exploitait avec son frère une taillerie de diamants, à Ninove. Cette taillerie de diamants a été en partie détruite par un incendie la nuit dernière, et l'enquête ouverte sur les circonstances de ce sinistre a amené d'étranges découvertes. Dans la plupart des pièces, des vases remplis de naphte avaient été déposés et des mèches réunissaient les ateliers. En outre, le chien qui gardait la maison a été trouvé pendu dans la cour. L'inculpé prétend ignorer tout et avoir été réveillé par le crépitement des flammes. Le Petit Journal – 15 décembre 1910

Familles-royales

Norvege

Les souverains norvégiens a Calais - Calais, 14 Décembre — Le roi et la reine de Norvège et le petit prince héritier Olaf, sont arrivés à Calais à une heure, cet après-midi, par le paquebot à turbines Empress, venant d'Angleterre, où ils ont passé plusieurs semaines auprès de la reine Alexandra, mère de la reine Maud. Après avoir lunché au buffet, les souverain ont pris place dans un train spécial. Le pavillon norvégien avait été hissé à cette occasion sur le hall central de la gare maritime. Le Petit Journal – 15 décembre 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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