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18 déc. 10

Les actualité du 18 décembre 1910

L'anesthésie électrique

Operation Lorsque pour la première fois le professeur Stéphane Leduc, de Nantes, démontra les propriétés anesthésiques des courants électriques, interrompus à de très brefs intervalles, on ne voulut point croire qu'un jour sa découverte pourrait avoir une application pratique.

L'électricité cependant est en train de remplacer le chloroforme et les autres anesthésiants employés actuellement en chirurgie. Dans une expérience mémorable, et non sans, quelque héroïsme, le professeur, Leduc se coucha sur une table, se fit appliquer deux électrodes à la tête et aux pieds, et un de ses élèves laissa lentement passer le courant électrique à travers l'organisme du savant nantais. Peu à peu son corps s'insensibilisa presque complètement. La première expérience de sommeil électrique n'eut pas de lendemain.

Une des élèves du maître, Mlle Robinovitch, de New-York a repris cependant ces recherches et a réussi, à appliquer pour la première fois cette méthode à la pratique médicale. Un jeune, Autrichien de vingt-trois ans, entré a l'hôpital Saint-François, à New-York souffrait, d'engelures aux pieds, compliquées de gangrène. Les médecins décidèrent l'amputation de quatre doigts, dont deux orteils. Mlle Robinovitch proposa de l'insensibiliser électriquement ce qui fut accepté.

Les électrodes furent placées d'abord sur la jambe droite, qui s'insensibilisa aussitôt. Après l'amputation de l'orteil droit, on transféra les électrodes au pied gauche et on amputa trois autres doigts. Pendant toute l'opération, qui dura quarante-cinq minutes le malade ne ressentit aucune douleur et plaisanta même avec Mlle Robinovitch et les chirurgiens qui l'entouraient. De cet exemple — unique, il est vrai — il semble résulter que la chirurgie pourra, dans un avenir prochain, se transformer encore une fois.

Le Matin – 18 décembre 1910


EN BREF

Le Gargantua d'Aubervilliers - De son métier, M. Auguste Doussain est charretier, mais c'est aussi un mangeur fameux, égaré dans ces temps d'universelles gastrites et d'unanimes dyspepsies. Chez le "bistro" d'Aubervilliers où M, Auguste Doussain prend ses repas, les clients discutaient hier sur la bonne chère et les œsophages de grande capacité. Certaines allusions froissèrent M. Doussain ; il soupçonna ses commensaux de le juger incapable d'absorber de copieuses portions de rôts, de sauces et de légumes. Cette, idée lui fut insupportable ; aussi M. Doussain lança-t-il un défi collectif aux dîneurs. Ceux-ci relevèrent le, gant, et sous leurs regards ébaubis, le charretier absorba, en les arrosant seulement d'un demi-setier, les plats. dont l'effroyable nomenclature suit. Sardines à l'huile ; saucisson et beurre ; pâté de foie gras truffé ; du bouillon et du bœuf ; du ragoût de mouton aux pommes et encore du bœuf bourguignon. Puis ce furent des boulettes à la sauce tomate ; des andouillettes grillées et d'autres garnies ; de l'épaule de mouton aux cornichons, et du rôti de porc aux épinards. Suivirent des pommes en ragoût ; de la purée de pois et des épinards au jus. Après la salade, un entremets s'imposait : compote de pommes. En un défilé odorant, se succédèrent le cantal, le brie, le roquefort et le gruyère. Quelques cuillerées de confiture, des biscuits, des pommes et des noix ; une tasse de café et un verre de liqueur. M. Auguste Doussain avait dîné ! Son état est satisfaisant. Le Matin – 18 décembre 1910

ClimatUn raz-de-marée s'est produit hier soir sur la côte sauvage de Saint-Guénolé, au pied du phare d'Eckmul. Des vagues énormes se sont abattues à travers les rues du village de Saint-Guénolé, où il y eut bientôt cinquante centimètres d'eau. Les maisons ont été évacuées en hâte par les habitants, pour la plupart pauvres pécheurs sardiniers. Les vieillards du pays déclarent n'avoir jamais vu la mer aussi déchaînée dans ces parages réputés cependant inhospitaliers. Le steamer anglais Thornaby, qui avait été signalé hier en détresse au large d'Ouessant, est rentré. Il a subi de graves avaries. Le Petit Parisien - 18 décembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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