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22 déc. 10

Les actualité du 22 décembre 1910

Trois cent cinquante mineurs ensevelis dans la houillère Pretoria

Dalcoath Mine

uk

Londres, 21 décembre - La catastrophe qui s'est produite ce matin dans la houillère de Pretoria, près de Bolton dans le Lancashire, est la plus terrible qui se soit produite en Angleterre depuis dix ans. Bien que quatorze heures se soient déjà écoulées depuis le moment où a eu lieu l'explosion fatale, on n'a encore pu ramener à la surface du sol que sept cadavres et un blessé sur trois cent cinquante mineurs environ qui se trouvaient dans les galeries.

Que sont devenus ces trois cent cinquante malheureux ? Les fonctionnaires de la mine veulent encore espérer qu'une cinquantaine d'entre eux ont pu se réfugier dans des filons éloignés, mais les autres, c'est-à-dire trois cents hommes environ, sont considérés comme perdus. C'est le chiffre donné et l'avis exprimé ce soir à huit heures dans son rapport par M. Gerrard. inspecteur du gouvernement. Et cependant, ce n'est pas faute d'avoir rapidement organisé les secours.

A peine l'explosion s'était-elle produite, en effet (le bruit en avait été entendu et la commotion ressentie à cinq kilomètres de distance) que de toutes parts des mineurs arrivaient pour offrir leurs services. Par téléphone, par autos, on requérait tous tes appareils de sauvetage des mines voisines.

Vingt minutes ne s'étaient pas écoulées que déjà les équipes étaient prêtes à descendre dans la fosse. Malheureusement, il n'y avait rien à tenter par la fosse affectée, appelée fosse Yard l'explosion avait détérioré le puits de remonte et de descente. Il fallait gagner une fosse voisine, l'Arley, qui communique avec la précédente par une galerie extrêmement étroite, à trois cent cinquante mètres de profondeur.

Hélas la commotion produite par la déflagration des gaz l'avait, elle aussi, obstruée. Les sauveteurs se mirent à l'œuvre néanmoins et, après une heure d'efforts, parvinrent à la dégager. Un spectacle lamentable s'offrit alors à leurs yeux. Ils n'avaient pas fait quatre pas qu'ils trouvèrent un galibot mort. Le pauvre enfant était complètement déshabillé et son corps n'était plus qu'une plaie. Un peu plus loin, un groupe de trois mineurs étaient étendus sans vie. Tous étaient affreusement brûlées, méconnaissables. On les recouvrit de draps et on les remonta. Deux d'entre eux seulement purent être identifiés.

Une heure s'écoula pendant laquelle les courageux sauveteurs, obligés de se frayer un chemin à coups de pioche, ne firent pas de nouvelles découvertes. Enfin, ils aperçurent un vivant. C'était un enfant, un galibot encore qui, par miracle, avait échappé à la mort, mais avait été grièvement brûlé. Avec mille précautions, on l'emporta, mais les travaux de déblaiement continuèrent.

Un espace libre se présenta. Les sauveteurs s'y engagèrent, mais pas pour longtemps. un peu plus loin, en effet, le feu faisait rage, et tout près des morts, qu'on essaya, mais en vain, d'atteindre, la chaleur était trop forte. Il fallut combattre l'incendie et cela prit des heures. A six Heures de l'après-midi, on n'avait encore remonte que six cadavres, dont quatre seulement avaient été reconnus, et un rescapé.

Pendant ce, temps, au puits Yard, on s'efforçait de descendre dans la mine en dépit de l'arrêt des cages. Mais on ne put parvenir au fond. A l'entrée d'une galerie, toutefois, on découvrit le cadavre du sous-directeur, M. Rushton qui, n'écoutant que son courage, s'était, sans se munir d'un casque de sauvetage, précipité aussitôt l'explosion au secours des malheureux ensevelis. Il avait été asphyxié.

De nombreuses équipes continuent leurs tentative de sauvetage, mais presque sans espoir. De l'avis de tous ceux qui sont descendus dans la fournaise, tous les mineurs ensevelis doivent avoir depuis longtemps péri, soit qu'ils aient été tués sur le coup par l'explosion, soit qu'ils aient été asphyxiés. Les plus optimistes estiment à deux cent cinquante le nombre des victimes.

Inutile d'ajouter qu'aux abords de la mine, une foule d'enfants, de femmes accourus ce matin sanglotent sous la pluie fine et pénétrante, attendant avec résignation le père, le mari, le frère qui ne remontent pas et les nouvelles bien tristes qu'on n'ose pas leur communiquer. Ce soir, l'évêque de Manchester et son Clergé sont arrivés sur les lieux et, tandis que dans les galeries les sauveteurs luttent désespérément contre le fléau, disent sans répit des prières à l'entrée du puits fatal.

Le Petit Parisien – 22 décembre 1910


EN BREF

Chemin-de-ferUne locomotive part sans mécanicien ni chauffeur - Arras, 21 décembre - Dans la matinée, une locomotive qui se trouvait au dépôt d'Arras, pour réparation, est partie seule, sans mécanicien ni chauffeur, et est allée piquer du nez dans un fosse de plaque tournante. Une équipe de Fives-Lille travaille pour la retirer. On a constaté que le levier de mise en marche était au. point de départ, et que le régulateur était ouvert. Le Petit Parisien – 22 décembre 1910

Une désespérée - Marmande (Lot-et-Garonne), 20 décembre — Une jeune fille de 19 ans, Mlle Marguerite Blondy, qui habite à Toulouse, 27, rue Fénêtras, a tenté de se suicider en se tirant un coup de revolver dans la poitrine, devant la porte de son ancien amant, un nommé Borderie, cultivateur, demeurant à Puymielan, près Marmande. Ce dernier avait fait la connaissance de la jeune fille alors qu'il faisait son service militaire au 14e régiment d'infanterie, à Toulouse, comme musicien. Pendant plus d'un an, les jeunes gens vécurent maritalement. Au départ de la classe, au mois de septembre dernier, Borderie quitta brusquement Toulouse, abandonnant sa maîtresse qui était enceinte de cinq mois. Ces jours derniers, Marguerite Blondy ayant appris que son ancien amant était sur le point de se marier, vint en Lot-et-Garonne pour faire, de vive voix, une dernière démarche. Elle fut reçue brutalement. C'est alors que folle de désespoir, elle tenta de mettre fin a ses jours. L'état de la jeune fille est très grave ; la balle a pénétré assez profondément dans la poitrine, perforant le poumon droit. La malheureuse désespérée est en. traitement à l'hôpital de Marmande. Détail atroce : elle fut trouvée par la famille Borderie, vers cinq heures du matin, gisant devant la maison, évanouie, froide, ne donnant presque plus signe de vie. Elle fut laissée sur la terre glacée jusqu'à, dix heures du matin. Il fallut que le maire de la commune obligeât les Borderie à rentrer la pauvre fille dans leur maison. Le siècle – 22 décembre 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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