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29 déc. 10

Les actualité du 29 décembre 1910

Un incendie ravage une caserne à Compiègne

28 décembre 1910 - Incendie de la caserne Othenin

IncendieDans la nuit, entre deux et trois heures du matin, un incendie des plus violents a éclaté au quartier Othenin, qui sert de caserne à la section hors rang du 54e d'infanterie. Ce quartier est compris entre les rues Vivenel, Hippolyte-Bottier et d'Humières. Il comprend les magasins de la mobilisation, où étaient entassées des quantités considérables d'approvisionnement et d'armes.

C'est exactement à 2 heures 20 que le feu s'est déclaré. Le sergent de garde, rentré dans sa chambre, depuis une heure, s'endormait à peine, quand un soldat vint l'éveiller, lui faisant remarquer une colonne de fumée assez épaisse qui s'élevait au-dessus du bâtiment central. L'alarme fut donnée. Le tocsin sonna, tandis que les tambours allaient battre la générale dans les diverses, rues de la ville.

Pendant ce temps, avec les propres ressources de la caserne, les militaires présents au quartier essayaient de maîtriser l'incendie. Ils durent bientôt reconnaître que leurs efforts étaient condamnés à l'impuissance,d'autant plus qu'un vent des plus violents activait l'intensité des flammes. De tous côtés on accourut. Les pompiers, les dragons, les soldats du 54e, la population, puis les compagnies de sapeurs de Venette et Margny-les-Compiègne. Entre temps étaient arrivés les généraux Vauthier et Rousseau, qui avaient pris la direction des opérations MM. Fournier Sarlovèze, maire et député Pujeault, sous-préfet, dont la présence stimulait l'ardeur des combattants.

Mais la lutte contre le feu était des plus difficiles, en raison de la vétusté même des bâtiments, et de la violence croissante du vent. Malgré tout, les flammes gagnaient du terrain, si bien que les sauveteurs durent se borner à faire la part du feu. C'est au prix de bien des efforts, qu'on réussit à sauver tous les livres et toutes les pièces de comptabilité. Pendant toute la nuit et une grande partie de la matinée, on combattit désespérément, et ce ne fut guère que vers onze heures du matin que les sauveteurs exténués furent maîtres du sinistre.

On s'était surtout attaché à protéger contre l'atteinte des flammes l'hôtel de la quatrième division, contigu au quartier et qui fut en, effet préservé. Toutefois, les locaux du génie qui en dépendent ont été assez sérieusement endommagés.  Vers deux heures de l'après-midi, le général Picquart, commandant le corps, est arrivé à Compiègne, accompagné d'un de ses officiers d'ordonnance. Reçu par les généraux Vauthier et Rousseau, le maire et le sous-préfet, le général Picquart s'est immédiatement rendu sur le théâtre de l'incendie. Il a pu se convaincre que les flammes avaient causé un véritable désastre.

Du bâtiment central du quartier, il ne restait plus que les quatre murs branlants, lézardés et en partie carbonisés. Un des deux autres bâtiments, contenant des stocks considérables d'effets d'habillement, avait été complètement incendié on n'a pu sauver qu'une partie de ce qu'il contenait. Un autre, qui servait de réserve d'armes, est détruit en partie. Près de 15,000 fusils sont perdus. On a pu toutefois déménager à temps les cartouches, ainsi que la sellerie. Fort heureusement, au prix d'efforts inimaginables, les chevaux avaient pu être sauvés.

Au moment où le général Picquart et les personnalités qui l'accompagnaient arrivèrent sur les lieux du sinistre, l'aspect du quartier Othenin était lamentable. Dans la cour gisaient pèle-mêle, au milieu des flaques d'eau, des amoncellements d'objets les plus divers sacs, baïonnettes, capotes, fusils au canon tordu, râteliers d'armes, matériaux calcinés, livres, etc...Le spectacle était navrant. Le chiffre des dégâts s'élève, parait-il, à deux millions.

Un seul accident s'est produit. Dans la matinée, en déblayant les décombres, le pompier Saingery est tombé du premier étage sur le sol. Il a été assez grièvement blessé au bras et à la main gauches. Grâce aux soins qui lui ont été donnés immédiatement on espère que la main ne sera pas perdue. Dès qu'on put considérer le sinistre comme maîtrisé, les autorités militaires et civiles entreprirent une enquête afin de déterminer les causes de ce terrible incendie. Les résultats n'en sont point encore bien certains, mais on a tout lieu de croire que le feu a été communiqué par un poêle laissé allumé et dont le tuyau, porté au rouge, a enflammé une poutre.

Le Petit Parisien – 29 décembre 1910


EN BREF

Empalé dans un piège a cerfs - Rambouillet, 28 décembre - Pour capturer des cerfs qui dévastaient sa propriété située à Sermont, près de Dourdan, M. Fuguet fit creuser des tranchées au fond desquelles on planta des pieux. On couvrit le tout de branchages, afin de masquer les pièges. Ignorant le danger qu'il courait, un jeune homme de vingt-cinq ans, M. Martin, s'aventura dans cette propriété. A peine avait-il fait quelques pas qu'il disparaissait dans la trappe, où il demeura empalé. Il resta plusieurs heures dans cette douloureuse situation. Un des pieux lui avait traversé la cuisse. Son état est très grave. Le Petit Parisien – 29 décembre 1910

ClimatLe mauvais temps - La neige est tombée hier en abondance sur diverses régions de la France. Une couche épaisse recouvre les coteaux des vallées de la Meurthe et de la Moselle et les environs de Nancy. A Douai, la neigé est tombée en rafales. A Remiremont, il y a plus de quarante centimètres de neige; on a retrouvé sous la neige le cadavre d'un vieillard. A Saint-Etienne, à Clermont-Ferrand, la neige a formé des couches si épaisses que les courriers n'arrivent de la montagne qu'avec les plus grandes difficultés. On mande d'Angers que la nuit dernière, vers neuf heures, sur la route de la Menitré à la Bohalle, recouverte par les eaux débordées de l'Authion, un canot monté par trois personnes a heurté un arbre par suite de l'obscurité. Les trois personnes ont été précipitées à l'eau. L'une d'entre elles, M. Bertrand, receveur buraliste à la Bohalle, ancien gendarme, a été noyée. Son corps n'a pas été retrouvé. Son fils,âgé de huit ans, a été retiré mort par le troisième passager, M. Saulan, débitant à la Bohalle.A Brest, les remorqueurs de l'arsenal ont été empêchés par la tempête de tenter le sauvetage du bateau Porte destiné au bassin du port de guerre,échoué sur les récifs du cap Chèvre et qui est considéré comme perdu. A Marseille, un véritable ouragan s'est déchaîné hier soir. Des embarcations ont rompu leurs amarres et sont parties à la dérive. Sur le littoral, la mer a causé d'imporrtants dégâts.On mande d'Oran que le vapeur norvégien Avona, de Bergen, jaugeant 4,200 tonnes, venu à Béni-Saf pour effectuer un chargement de minerais, a été jeté hier sur la plage par une rafale.Une tempête d'une violence inouïe s'est abattue sur la région de Westerwald, le Palatinat et l'Allemagne du sud, causant des ravages considérables En maints endroits les communications téléphoniques et télégraphiques sont interrompues. Le Temps - 29 décembre 1910

Une ville en grève - Une grève d'un nouveau genre vient d'éclater à Saint-Pol-sur-Ternoise coquette sous-préfecture du Pas-de-Calais. Mécontents de payer le gaz 0 fr. 30, alors que par une convention particulière il est fourni à 0 fr. 15 à la Compagnie du Nord, les abonnés, sur l'initiative de l'Union des commerçants, et après quelques démarchés infructueuses en vue d'une réduction de prix, ont résolu d'abandonner l'éclairage au gaz. Le mot d'ordre a été fidèlement observé, à quelques rares exceptions, par les abonnés. Cependant que, les magasins emploient l'huile, ou le pétrole, quelques-uns l'acétylène, seuls les réverbères contribuent à éclairer au gaz les rues de Saint-Pol-sur-Ternoise, depuis le 20 du courant. Le Temps - 29 décembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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