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01 janv. 11

Les actualité du 1er janvier 1911

Les grands prix d'aviation de 1910

Tabuteau

Avant-hier soir, à peine descendu de son appareil, après le vol prestigieux de 584 kilomètres sans arrêt, Tabuteau nous exprimait son espérance de voir le lendemain les éléments se déchaîner, empêchant ainsi ses concurrents de battre son record.

Ce voeu de mauvais temps ne fut pas réalisé. Il fit hier une journée délicieuse. Mais tout de même l'excellent aviateur garde la coupe Michelin. Ce n'est point que de nombreux assauts n'aient été livres pour la conquête de ce trophée. A Pau, Legagneux à Etampes, Farman à Douai, Bréguet à Buc, Pierre Marie volèrent, volèrent éperdument. Pas assez cependant pour anéantir la performance de Tabuteau, qui conservera la coupe pendant toute l'année 1911, et qui touchera, les 20,000 francs qui y sont adjoints.

De toutes les tentatives désespérées faites au cours de cette dernière journée de 1910 pour ravir à Tabuteau la coupe Michelin,quelques-unes sont fort intéressantes.

A Buc, Pierre-Marie, sur un monoplan Fanault-Pelterie, vola toute la journée, ne reprenant terre qu'à la nuit sombre, ayant épuisé tout son réservoir d'essence. Pierre-Marie avait réussi à voler 530 kilomètres sans reprendre le sol, approchant donc ainsi de très près le chiffre atteint par Tabuteau.

A Douai, Bréguet réussit à tenir l'atmosphère pendant 5 heures 2 minutes, parcourant en ce laps de temps 390 kilomètres. Bréguet ne réussit pas, mais eu la bonne surprise de voir sa boutonnière rougir en descendant de son appareil. Le constructeur donaisien ayant en effet, reçu la croix à l'occasion du 1er janvier, ses amis s'empressèrent de le décorer. Le soir, à, Douai, on fêta dans un banquet et sa croix et sa performance.

A Etampes, H. Farman renouvela une fois de plus sa tentative. Il ne réussit pas mieux que les jours précédents. L'aviateur dut reprendre terre après avoir parcouru 486 kilomètres 400 en 7 heures minutes.

L'année 1910, qui vient de se terminer par ces suprêmes tentatives, aura été malgré les cruels deuils qui l'ont marquée la plus brillante qu'ait jamais connue l'aviation.

Les records ont fait des bonds prodigieux. Citons comme exemples celui de la durée, passé du 1er janvier au 31 décembre 1910 de 4 heures 17 minutes à 8 heures 1 minute (Farman) celui de la hauteur, qui était de 475 mètres (Latham), et qui est maintenant élevé c'est le cas de le dire à 3.200 mètres (Legagneux) enfin celui le plus important de la distance, qui était de 232 kilomètres au 31 décembre 1909 et est aujourd'hui de 585 kilomètres.

Durant cette même année, d'innombrables meetings d'aviation ont eu lieu. Beaucoup ont été des insuccès financiers, tous ont donné de superbes résultats sportifs. En dehors des meetings, d'importantes épreuves ont été disputées. Pour aujourd'hui, contentons-nous de donner les résultats de celles qui ont pris fin, hier, par l'attribution des prix qu'elles comportaient. Ces résultats, les voici

Grand prix d'aviation de l'Automobile-Club de France (100,000 francs). Paris-Bruxelles et retour, WYNMALEN, les 16 et 17 octobre, en 27 heures 50 minutes (temps officiel: 36 heures).

Coupe Michelin (challenge et prix de 20,000 francs). Record de la distance en un seul vol. MAURICE TABUTEAU, 585 kilomètres, à Buc, le 30 décembre 1910.

Coupe Deperdussin (challenge de 5,000 francs). LAURENS, 1 heure 12 minutes, à Buc, le 21 décembre 1910.

Prix Lazare-Weyler (25,000 francs). plus long vol accompli à travers la campagne par un officier. LIEUTENANT CAMMERMAN, voyage Mourmelon-Montigny-sur-Aube et retour, accompli le 21 décembre 1910.

Coupe Femina (objet d'art). Record féminin du plus long vol. Mlle HELENE

DUTRIEU, 167 kilomètres en 2 heures 35 minutes, le 21 décembre 1910.

Prix du baron de Forest (100,000 francs). Plus long vol d'Angleterre au continent. SOPWITH, de Eastchurch (lIe Sheppey) à Beaumont (Belgique), 284 kilomètres 800 mètres, le 18 décembre 1910.

Le Petit Parisien – 1er janvier 1911


EN BREF

L'unification du carat - Une conférence internationale a modifié le carat des orfèvres et l'a unifié; le nouveau carat adopté, qui correspond à à un poids de 2 décigrammes, sera mis en usage à partir de demain 1er janvier toutefois, les agents du service des poids et mesures ne devront pas exiger avant le 1er avril prochain que toutes les prescriptions des décrets et arrêtés soient strictement appliquées. L'ancien carat était une mesure conventionnelle, en somme, car il variait d'un pays à l'autre. En France, il correspondait à 205 milligrammes, et son quart, nommé grain, à 51 milligrammes. Le carat sert aussi dans quelques pays qui n'ont pas adhéré au système métrique pour exprimer le titre des matières d'or, des alliages d'or et même des alliages d'argent. Le Temps - 1er janvier 1911

Une émeute à Tarente a fait plusieurs morts - Rome, 31 décembre - Hier soir, à Tarente, le personnel du service sanitaire entra dans une maison du quartier populaire pour procéder d'urgence à la mise en bière d'une fillette morte, au cours de la journée, d'une maladie contagieuse. Les parents et les amis de la défunte reçurent fort mal les nouveaux venus et la foule, amassée devant la maison, leur jeta des pierres. Trois coups de feu furent même tirés sur des carabiniers qui avaient été demandés, et ceux-ci ri postèrent., blessant deux personnes. L'ordre peu à peu se rétablit et l'on croyait l'incident terminé, quand un cortège de protestation se forma, parcourut la ville en brisait des becs de gaz, en arrachant l'écusson de l'hôtel de ville, en obligeant les négociants à fermer en signe de deuil. Arrivé devant la caserne des carabiniers, les manifestants jetèrent des pierres. Les carabiniers sortirent firent feu d'abord en l'air, puis sur la foule, qui se dispersa, laissant sur le terrain trois morts, dont un enfant de huit ans. A la suite de ces douloureux événements, le syndic de la ville a publié un manifeste invitant la population au calme. L'ordre public a été totalement rétabli. Le Petit Parisien – 1er janvier 1911

Wagons en dérive sur l'Ouest - Un singulier accident s'est produit hier en gare de Rouen Rive droite. Un train de marchandises composé de trente-quatre. wagons venant de Paris et se dirigeant but le Havre avait traversé la gare et se trouvait sous le tunnel à la sortie de Rouen, du côté du Havre. A ce moment, l'attelage du sixième wagon s'étant rompu, les vingt-huit autres wagons s'arrêtèrent et comme le terrain est en pente se mirent à reculer et à descendre vers Rouen avec la vitesse d'environ quarante kilomètres jusqu'au moment où ils buttèrent, après avoir traversé la gare, contre un chariot en acier sur lequel était le wagon-poste qui devait être attaché au train de Dieppe. Le choc fut effroyable. Le wagon-poste fut projeté hors des voies contre le tunnel situé à la sortie de la gare de Rouen, du côté de Paris. Par suite de la rencontre, six wagons déraillèrent et, montant les uns sur les autres, vinrent se briser, formant un amas de planches broyées et de ferrailles tordues. Deux hommes qui se trouvaient dans les vigies avaient eu le temps de sauter sur la voie sans se faire de mal. Du fait de cet accident, la circulation des trains a du être effectuée pendant toute la journée sur voie unique, ce qui a causé des retards considérables. Le Temps - 1er janvier 1911

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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