CPA Scans

Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

09 novembre 2009

Les actualités du 9 novembre 1909

Manuel_II_of_Portugal

Sommet à Madrid – Le Roi du Portugal rend visite à son homologue espagnol

Madrid, 8 novembre. Le roi Manuel de Portugal est arrivé ce matin à 11 h. 15 à la gare du Nord. Le roi Alphonse, qui était en uniforme de colonel portugais, l'attendait, accompagné de M, Moret, président du Conseil, des ministres, des présidents des Chambres, du ministre de Portugal à Madrid, du personnel de la légation et du consulat portugais, de toutes les autorités militaires et ecclésiastiques.

A la descente du wagon, les deux souverains se sont donné une affectueuse accolade, pendant que la musique du service d'honneur jouait l'hymne portugais et que les batteries d'artillerie tiraient une salve de vingt et un coups de canon.

Après les présentations d'usage, le roi Manuel et le roi Alphonse sont montés dans un landau de gala, qui a ensuite gagné le Palais. Des mesures d'ordre très rigoureuses avaient été prises ; la gare du Nord et le Palais-Royal étaient entièrement isolés par un cordon de troupes. Sur tout le parcours des détachements de toutes armes faisaient la haie. Le public, très nombreux, salua respectueusement les souverains.

A son arrivée au Palais, le roi Manuel a été reçu sur le palier de l'escalier d'honneur par les reines. Victoria et Christine et toute la famille royale, entourées de hauts dignitaires du Palais. Les souverains et les membres de la famille, royale s'entretinrent très affectueusement pendant quelques instants, puis gagnèrent le balcon qui donne sur la place d'Armes. Ils y assistèrent au défilé des troupes qui avaient rendu les honneurs à la gare et formé la haie sur le parcours de la voiture royale.

Au banquet qui a eu lieu le soir, Alphonse XIII a dans son toast exprimé sa vénération, envers le roi défunt don Carlos et la reine Amélie. Il évoqua la communauté de l'histoire des deux nations sœurs, et il exprima la certitude qu'un avenir heureux succéderait aux amertumes du début du roi Manuel, dont il loua la fermeté : Nous commençâmes tous deux à régner jeunes dans de tristes circonstances, et nous aspirons à la prospérité de nos patries. Puis il a bu a là famille royale, à la noble nation portugaise et à la concorde intime des deux nations.

Le roi Manuel répondit en portugais ; il remercia le souverain espagnol et attesta la communauté d'intérêts et la cordialité des relations de l'Espagne et du Portugal et il but à la famille royale et à la chevaleresque Espagne. Les souverains se qualifièrent de frères. Les ministres des affaires étrangères et les ambassadeurs respectifs des deux nations; conférèrent longuement.

Le Figaro – 9 novembre 1909


Espagne: les liberaux reprennent le pouvoir

Edouard VII à PAris

L'insurrection en Catalogne 

cadiz

4 éboulements font 15 victimes

Expedition contre les pirates en Indochine

La Mort de Caran d'Ache


EN BREF

Un théâtre madrilène détruit par l'incendie - Madrid, 8 novembre. — Un des théâtres les plus vastes de Madrid, celui de la Zarzûela, où l'on jouait des opérettes, n'est plus, à l'heure,où je télégraphie, qu'un monceau de ruines. Quelques passants constatèrent à six heures et demie, ce matin, que la fumée sortait de l'édifice et ils enfoncèrent les portes. L'intérieur du théâtre n'était qu'une immense fournaise. Le service d'incendie arriva bientôt sur les lieux et l'on réussit à localiser le feu, mais deux maisons voisines furent quelque peu endommagées. A midi, on était maître du feu. La femme du concierge du théâtre est morte des suites de ses brûlures en arrivant à l'hôpital. C'est la seule victime. Les pertes matérielles sont considérables, mais l'immeuble était assuré. On croit. que le feu a pris naissance dans l'atelier de peinture des décors. Le Matin – 9 novembre 1909

Une orgie au Parc des véhicules industriels - La nuit dernière, au parc fermé où sont abritées les automobiles, prenant part au concours de véhicules industriels qui, on le sait, dès l'épreuve quotidienne achevée, sont confiées à La surveillance de soldats du génie, plusieurs des sapeurs fracturèrent le buffet et s'emparèrent des vins fins et spiritueux. Abominablement ivres, ils eurent l'imprudente idée de mettre en marche les moteurs des camions, dont ils oublièrent de fermer les robinets à essence. Hier matin, un chauffeur voulant mettre en marche son véhicule fut brusquement renversé par le volant de direction et fut grièvement blessé à la poitrine. Après enquête préliminaire, la culpabilité de cinq soldats fut établie et ceux-ci avec leur sous-officier furent mis en cellule et placés en prévention de conseil de guerre pour vol et abandon de poste. Le Petit Journal - 9 novembre 1909

Terrible explosion à New-York - neuf morts — nombreux blessés - New-York, 8 Novembre. Une explosion s'est produite aujourd'hui dans une fabrique de peignes de Brooklyn. Des étincelles parties d'un étage avaient enflammé des débris de celluloïd. Avant que les employés pussent se rendre compte de ce qui se passait, ils s'enfuirent éperdus pressentant le danger. L'explosion se produisit alors, brisant toutes les vitres des maisons voisines, faisant tomber tous les ustensiles accrochés dans ces maisons, jetant d'une fenêtre du second étage de la fabrique une femme environnée de flammes et qui ne survivra pas à ses blessures.Il y a une vingtaine de blessés parmi lesquels un des propriétaires. On a jusqu'ici retiré neuf cadavres dont celui de l'associé en second. Le Petit Journal - 9 novembre 1909

Tremblement de terre à Toulon - Toulon – 8 novembre - Deux secousses de tremblement de terre ont été ressenties cet après-midi, à trois heures et demie, à Toulon et dans les environs. Quelques immeubles de construction élevée ont été éprouvés dans leurs étages supérieurs, mais les dégâts sont peu importants. Ces secousses, bien que l'opinion en ait été exprimée, ne sont aucunement attribuables aux effets des explosions sous-marines de dynamite effectuées dans la darse en vue de la débarrasser d'une épave. Le Petit Journal - 9 novembre 1909

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08 novembre 2009

Les actualités du 8 novembre 1909

bercy entrepots

A Bercy, un hangar s'écroule – 6 ouvriers sont blessés

Un grave et pénible accident, mais dont les conséquences auraient pu être, beaucoup plus désastreuses encore, s'est produit hier après-midi à Bercy, jetant l'émoi et la consternation parmi les nombreux promeneurs qu'un pâle soleil automnal avait amenés le long des quais de la Seine.

Au milieu du vaste entrepôt des vins, désert et assoupi dans le repos dominical, une équipe de dix-huit maçons-travaillait sous l'oeil de son chef de chantier, à la réfaction d'un hangar en ciment armé situé exactement à l'extrémité de la rue de l'Yonne. Les travaux étant à peu près terminés, les étais qui depuis une trentaine de jours assuraient la stabilité des murs avaient été retirés jeudi dernier, et les ouvriers mettaient la dernière main à la bâtisse.

Soudain — il était environ deux heures — un léger craquement se fit entendre. Le chef de chantier, inquiet, leva la tête et s'aperçut tout de suite qu'un des derniers étais laissés par sécurité venait de céder. Se rendant compte du danger, il cria aussitôt à ses hommes : Sauvez-vous! Mais son cri d'alarme se perdit dans on fracas épouvantable.

Entraînant avec elle, en un indescriptible chaos, poutres métalliques, madriers, briques, pans de murs, tuiles, charpentes, la toiture s'effondrait, ensevelissant une partie de l'équipe des maçons. Et ce fut quelques instants d'affolement et d'une panique sans nom, cependant que du sein d'une poussière aveuglante s'élevaient des cris de douleur et des appels désespérés.

Le premier moment de terreur passé, on se compta : six ouvriers manquaient à l'appel... Aussitôt, bravement, d'un même élan, les rescapés se précipitèrent à la recherche de leurs camarades, fouillant fébrilement parmi les décombres et pataugeant dans des flaques de vin échappé de fûts abrités sous le hangar et que l'effondrement avait éventrés.

Guidés par les plaintes et les gémissements, les sauveteurs, aidés des pompiers accourus, eurent tôt fait de découvrir les victimes qu'ils dégagèrent une à une avec mille précautions. Mais, hélas ! plusieurs étaient dans un état lamentable.

Un service de secours fut rapidement organisé par MM. Laurent, secrétaire général de la préfecture de police, arrivé en toute hâte en automobile, et Verdeau, commissaire de police, et l'on transporta immédiatement à l'hôpital Saint-Antoine les six ouvriers, qui sont tous assez grièvement blessés. Ce sont les nommés : Bonnefoix, rue des Plantes, à Montgeron; Donraglio, 42, rue d'Alfort, à Alfortville; Emile Joubert, rue d'Aboukir, à Courbevoie ; Sommer, 8, rue des Fonds-Verts ; Gentil, rue de Charenlon ; Jean Wyns, rue de Meaux.

Cependant que les pompiers procédaient aux travaux de déblaiement. M, Verdeau ouvrait sur place une rapide enquête destinée à établir les causes et les responsabilités de cet accident. Dès que M Briand, président du conseil, a été informe de l'accident, il a fait prendre des renseignements sur la situation des familles des blessés en vue de l'attribution immédiate de secours.

D'autre part, dès que M. Millerand, ministre des travaux publics, des postes et des télégraphes, a été informé, il a envoyé sur les lieux M. Raoul Persil, son chef de cabinet, qui est allé prendre des nouvelles des blessés à l'hôpital Saint-Antoine.

Le Matin – 9 novembre 1909

 

EN BREF

Le brouillard londonien complice d'un meurtrier - Londres, 7 novembre — Ce matin, à Londres la nature a été là complice d'un meurtrier, et grâce à l'épais brouillard épandu en nappes jaunâtres et si denses qu’on ne pouvait distinguer à quelques pas devant soi , un individu a pu tuer d'un coup de revolver une jeune femme près de laquelle il marchait dans la rue et s'enfoncer tranquillement dans le brouillard protecteur, sans que ceux qu'attira le coup de feu pussent voir autre chose qu'une ombre qui disparaissait. Maintes fois de semblables fuites se produisent dans des circonstances analogues. Pickpockets et voleurs de toutes sortes s'en donnent chaque jour à cœur joie, alors que la police reste impuissante, malgré toute sa bonne volonté. Le Matin – 8 novembre 1909

Deux trains de marchandises en collision - Lisieux, 7 Novembre - Ce matin, vers quatre heures, le train de marchandises n° 7.350 a tamponné, le train de marchandises n° 2.408 à un kilomètre environ de la gare de Saint-Mards-de-Fresne, près de Lisieux. Deux wagons de queue du 2.408 furent broyés. Aucun accident de1 personnes n'est à signaler. Le tamponnement serait dû à une mauvaise marche de ce dernier train qui, sans doute, avançait lentement par suite du brouillard et de l'humidité qui imprégnait les rails. L'encombrement des voies provoqua des retards dans la marche des trains de voyageurs, le service ayant dû être fait sut une seule voie. A dix heures et demie, ce matin, la seconde voie.était rendue à la circulation. Le Petit Journal – 8 novembre 1909

Un train de marchandises à déraillé en gare de Bretoncelles (Orne) - Alençon, 7 Novembre - Vers quatre heures, ce matin, un train de marchandises a déraillé en gare de Bretoncelles. Un wagon, qui a eu les deux essieux brisés, s'est renversé et les deux voies ont été obstruées. Il n'y a pas à signaler d'accident de personnes ; mais les trains venant du Mans ont subi un retard de deux heures. On a établi un service de voie unique, dans la gare de Bretoncelles, en attendant que les autres voies principales soient dégagées. Le Petit Journal – 8 novembre 1909

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07 novembre 2009

Les actualités du 7 novembre 1909

appareil planeur pionnier

Quel mot décrira la locomotion aérienne ?

Qui croirait aujourd'hui qu'un bateau à vapeur se soit couramment appelé un pyroscaphe ? Il y a quarante ans, on se servait encore de ce vocable. Il avait cet inconvénient d'être trop savant et trop compliqué, il n'a pas survécu. Aujourd'hui un mode de locomotion nouveau, la navigation aérienne, suggère la question d'un mot nouveau. Qui aura raison des savants qui, entre autres mots écorchant savamment les oreilles, nous proposent ptérodrome, dérivé du grec, ou du bon argot populaire qui peut-être nous imposera un mot imprévu et drolatique ?

La question a été posée par le Figaro à ses lecteurs. Il paraît, en effet, difficilement admissible que l'on puisse, selon la définition de Littré, appeler d'un même mot "l'action de prendre la chose d'autrui pour se l'approprier" et "le mode de locomotion propre à tous les animaux qui, étant pourvus d'ailes ou d'organes aviformes, se maintiennent dans les airs"; d'assimiler Blériot à Cartouche et Jean Hiroux à Santos-Dumont ! (...)

Il apparaît donc en général que les mots actuellement employés d'aéroplane et ses dérivés sont insuffisants. Le mot aéroplane dit fort mal ce qu'il veut dire — de plus, le mot planer marque l'immobilité — et, en outre, ce mot trop long, qui débute par des syllabes difficiles à ne pas contracter, serait bientôt transformé en airoplane ou en oeroplane.

Voyons donc quelles sont les meilleures solutions proposées. Galamment, citons d'abord les mots fournis par plusieurs dames, d'esprit certainement très éthéré. Les verbes sont tous très jolis et procèdent par dérivation : azurer, nuager, astralier, firmaner, zéphyrer.

M. Gazier. le savant professeur de la Faculté des Lettres, et quelques-uns avec lui procèdent par analogie. L'actuel aéroplane s'appellerait libellule, demoiselle, hirondelle, voire même au besoin crapaud volant, pour désigner les inventions d'une laideur caractérisée. Enfin, quelques-uns pensent que l'appareil définitif empruntera le nom de son inventeur ou de quelque organe essentiel de. son triomphal fonctionnement, formant ainsi le néologisme cherché. Plusieurs déjà proposent le substantif blériot et le verbe blérioter.

Pour mémoire, citons les verbes et les mots suivants : Avier, avierer, aviater, aviguer, avioter, ailer, amonter, auto-ethérer, autoaérer, esplaner, esplanader, s'involer, planer, oiseller, panoramapatter, voiler, voleter, velifier, voluguer, voltiger, vializer.

Les aéroplanes s'appelleraient : Aviat, avion, aéro, aéranto, aviamobile, autovolant, aérole, avioto, alérion, aérocycle, autoplane: avial, ailon, airomobile, . aérienne, motoplan, longipennes,. biptères, triptères, tétraptères, phipiptères, névroptères, planeur, volateur, vire-volant. L'homme volant s'appellerait : Aviateur, voliste, avioteur, aligère.

Si ingénieux que soient les mots proposés, ils présentent tous des inconvénients. Ils prêtent à l'amphibologie, sont compliqués, pas toujours jolis et enfin, c'est là le point principal, n'offrent que fort peu de dérivés. De toutes les solutions proposées, la plus heureuse paraît être celle d'un professeur de l'Université, M. Wogue, qui nous fournit le mot volite. Ce mot se prête à toutes les combinaisons possibles.

C'est ainsi que nous aurions ; Monovolite pour Monoplan, Bivolite pour Biplan, Trivolite pour Triplan, Multivolite pour Multiplan, Voliteur pour Aviateur, Volition pour Action de voler, Voliter pour Voler. On pourrait construire également les mots de : Volidrome, voligarage, voliphilie, volimanie, voliphobie, et par conséquent : voliphile, volimane, voliphobe, voire volitaxi, pour désigner un fiacre aéroplane à taxeur.

Le Petit Journal – 7 novembre 1909


EN BREF

Une manifestation originale - On manifeste à Villeneuve-le-Roi. Non pas comme pourraient le croire quelques lecteurs trop hâtifs, sur la tombe du syndicaliste Lefol, qui repose dans le cimetière de cette commune. Les questions sociales n'ont rien à voir avec la colère qui gronde actuellement dans les cerveaux de ses habitants. Depuis douze ans, ceux-ci n'ont cessé de réclamer, par tous les moyens légaux, une gare, que l'accroissement rapide de la population justifie amplement. La Compagnie d'Orléans ayant toujours répondu à leurs démarches par une fin de-non recevoir, les habitants de Villeneuve-le-Roi décidèrent récemment de recourir à des moyens plus énergiques. Au cours d'une réunion préparatoire, d'aucuns proposèrent d'envahir la voie ferrée et de forcer les trains à s'arrêter à l'endroit de la future station. Les plus modérés se déclarèrent partisans d'une imposante manifestation sous les fenêtres du baron de Courcel, sénateur de la circonscription et président du conseil d'administration de la Compagnie d'Orléans. Hier après-midi, la manifestation devait avoir lieu, mais peu soucieux de voir sa propriété assiégée, M. de Courcel préféra se rendre lui-même au devant de la foule. Une délégation des habitants, et du conseil municipal le reçut à la mairie. Le représentant de la Compagnie d'Orléans l'assura longuement de sa sympathie personnelle. Mais comme il se souvient d'avoir été jadis un fin diplomate, il se garda bien de préciser davantage et de prendre le moindre engagement. Inutile de dire que le résultat de cette conférence ne combla pas précisément les désirs de la.population. Les quatre cents manifestants qui s'étaient réunis sur la place de la Mairie, porteurs de nombreux insignes et d'écriteaux suggestifs, le déclarèrent bruyamment. Rien ne nous arrêtera désormais, nous dirent-ils. Nous voulons attirer l'attention des pouvoirs publics. Pour cela nous multiplierons les manifestations, et s'il le faut, nous ne craindrons pas de recourir à l'action directe. Puis ayant épanché leur amertume, tous ces propriétaires, d'ordinaire si paisibles, regagnèrent leurs villas, et en attendant l'heure des batailles prochaines, chacun s'en alla faire son petit tour de jardin. Le Matin – 7 novembre 1909

Un trésor dans une boite à musique - Pour amuser ses petits-enfants, un brave vieillard, M. Jules Leroux, demeurant rue de Belleville, avait acheté chez un brocanteur une vieille boite à musique. Chaque soir, autour de la lampe, le grand-père remontait la mécanique, et les petits écoutaient béats. Hier après midi, l'ainé des enfants voulut, en l'absence du grand-père, faire fonctionner l'appareil. Hélas ! la boite restait muette. Quand le vieillard rentra, il voulut s'enquérir de la cause de l'arrêt et démonta la boite. Entre deux ressorts, un papier s'était glissé. M. Leroux déplia. C était un billet de mille francs auquel était épinglée une feuille sur laquelle ces mots étaient tracés : Ce billet sera pour celui qui le trouvera. Ce sera certainement un mélomane comme moi ; à ce titre, il a droit à toute ma sympathie. Le Petit Parisien – 7 novembre 1909

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06 novembre 2009

Les actualités du 6 novembre 1909

dirigeable espana

Le dirigeable Espana désemparé

Le Dirigeable Espana, que les parisiens ont pu voir évoluer au dessus de la capitale il y a quelques jours a eu un accident grave. Déjà, lors d'une de ses dernières sorties, il était resté en panne aux environs de Rebais. Hier, notre correspondant de Meaux nous télégraphiait, dans la matinée, qu'au cours d'une des épreuves auxquelles il est soumis par les représentants du gouvernement espagnol, le ballon venait de partir à la dérive ; un accident, au moteur était, croyait-on, survenu.

Les officiers espagnols, le colonel Vives y Vich et le capitaine Kindelan, avaient décidé, récemment, d'accord avec l'ingénieur pilote, M. Airault, de procéder à l'essai de dix heures. On devait partir dans la nuit de mercredi à jeudi, mais la violence du vent avait empêché les aéronautes de mettre leur projet à exécution. Ce projet devait être repris le lendemain.

La nuit dernière, dès minuit, une agitation extrême régnait au hangar de Beauval, où tout le monde était en permanence pour surveiller les derniers préparatifs de ce premier voyage nocturne, qui n'avait pas cependant, vu l'heure tardive, attiré l'attention de la population ; à part les travailleurs occupés à la manœuvre, quelques personnes seulement étaient sur le terrain. M. Airault, ingénieur, à qui il incombait d'entreprendre cette ascension, visita avec minutie les appareils. , Les aéronautes prirent enfin place dans la nacelle, où 13 sacs de lest et 20 bidons d'essence avaient été placés.

M. Hova dirigea la manœuvre à la sortie du hangar ; au commandement de : "Lâchez tout !" le ballon s'éleva très légèrement ; il paraissait chargé d'humidité en raison de l'épais brouillard. On jeta du lest et l'aéronat se dirigea sur la Marne, en vue de Nanteuil-les-Meaux. A ce moment seulement, l'hélice se mit en marche et pendant cinq heures consécutives, avec régularité, l'aéronat évolua dans le triangle qu'il s'était tracé.

Vers huit heures moins le quart, le moteur parut faiblir, l'hélice ne tourna plus avec la même vitesse. Le ballon partit à la dérive. Certes, quelque chose d'imprévu venait de se passer. Du hangar, au passage du dirigeable, on crut entendre un craquement sinistre et des appels de secours, mais la hauteur où il se trouvait les rendait inutiles. On se mit bien à la poursuite du dirigeable, mais on ne parvint pas à le rejoindre, il fila à toute allure dans la direction nord de Paris.

C'est à ce moment que notre correspondant de Meaux nous avisa de ce qui venait de se produire et de la catastrophe, appréhendée. Des heures et des heures passent. L'inquiétude grandit. Où le dirigeable; parti à la dérive, parviendra-t-il à atterrir ?... Nous envoyons plusieurs collaborateurs, dans la direction qu'il paraissait suivre. Enfin, les nouvelles tant attendues nous arrivent.

Elles ne sont pas bonnes, mais du moins rassurent-elles sur le sort de l'équipage. L'Espana a atterri à Meulan-les-Mureaux, près du château de Romainville, mais il a touché terre avec tant de violence que la nacelle a été brisée. Le pilote et les passagers n'ont pas été blessés; après avoir contemplé les dégâts causés par cette sorte de chute de l'aéronat vers le sol, ils ont aussitôt commencé à vider l'enveloppe du ballon et ont pris les mesures nécessaires pour son retour à Beauval.

Pendant toute la matinée, à Beauval, près de Meaux, on est resté dans une inquiétude bien naturelle. Malgré les nouvelles très rassurantes envoyées par les aéronautes aussitôt après l'atterrissage, les esprits ne se sont calmés que lorsque des automobilistes partis àla poursuite du dirigeable sont revenus à Meaux et ont pu raconter que, somme toute, l'accident avait été purement matériel.

On a su dans la soirée quelles avaient, été les préoccupations des aéronautes dès qu'ils virent l'Espana désemparée. Tout d'abord, ils avaient eu la pensée de regagner le port d'attache du dirigeable par la voie des airs, après avoir procédé sur place aux réparations nécessaires. Mais il a paru plus prudent de renoncer à cette tentative, car on n'avait pas à sa disposition les instruments indispensables pour opérer ces réparations.

Le Petit Journal – 6 novembre 1909


EN BREF

Un bateau, aveuglé par des projecteurs, se jette sur les rochers - Lorient, 5 novembre. La défense fixe de Lorient effectuait des exercices de projection à l'entrée de la rade, lorsque le chalutier Saint-Guenhael sortait pour se rendre sur les lieux de pêche. Le capitaine Armand, commandant le chalutier, aveuglé par les projections, donna une fausse direction au navire, qui alla se jeter sur des rochers. L'eau pénétra par une large déchirure ; toutefois, elle fut arrêtée par les cloisons étanches. M, Guillerie, second, fut projeté à la mer, mais on put le sauver. Deux mécaniciens ont été assez grièvement blessés. Le Saint-Guenhael gravement avarié, a été ramené à Lorient. Le Gaulois – 6 Novembre 1909

Graves bagarres à Bordeaux — Les grévistes conspuent le maire — Troubles à craindre - Ce soir, à six heures, une violente bagarre a eu lieu, devant la mairie, entre la police et les grévistes dockers et terrassiers venus pour protester contre les arrestations faites pour entraves à la liberté du travail. Une délégation avait été reçue par le maire. Cela n'empêcha pas les grévistes de manifester bruyamment en conspuant le maire et en criant : "Liberté !". Ils arrêtèrent ensuite les tramways, se groupant en masse devant les voitures. La police, sabre au clair, les gardes municipaux a cheval et les gendarmes durent intervenir et charger. Deux coups de revolver furent tirés sur les agents, sans les atteindre heureusement, par un docker gréviste qui a été arrêté. Quelques manifestants s'étant réfugiés dans la cathédrale, la police y pénétra pour les expulser. Quelques instants après, l'ordre était rétabli. Pendant la bagarre, précisément, le maire promettait aux délégués grévistes la mise en liberté de certains tubistes arrêtés si le moindre doute pouvait être relevé en leur faveur. Néanmoins, il ajouta qu'il était décidé à faire respecter la liberté du travail. Le gréviste qui a tiré les deux coups de feu avait été arrêté il y a quelques jours pour faits de grève. D'autre part, sur les quais, des grévistes ayant voulu débaucher des travailleurs, ces derniers les ont éloignés en tirant des coups de revolver en l'air. On craint des troubles sérieux pour demain. Les grévistes ont déclaré être prêts à recommencer, mais cette fois munis d'armes afin de répondre, disent-ils, du tac au tac à la police. Le Gaulois – 5 novembre 1909

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05 novembre 2009

Les actualités du 5 novembre 1909

tamponnement locomotive

Accident de chemin de fer près de Sablé – Le wagon poste a pris feu et les sacs de dépêches ont été consumés

Un grave accident de chemin de fer s'est produit cette nuit, à quelques kilomètres au delà de Sablé. Le rapide 721, de Paris à Saint-Nazaire, parti de Paris Saint-Lazare à 9 h. 55 du soir et qui passe au Mans à minuit quarante-cinq, a déraillé en pleine voie, vers 1 h. 40 du matin au kilomètre 268 entre les gares de Segré, les Agets-Saint-Brice et Bouère. Cinq wagons renversés ont obstrué les voies; Le wagon-poste a pris feu et a été consumé presque instantanément ; les sacs de dépêches n'ont pu être sauvés, assure-t-on.

Un train de secours est parti du Mans à la première heure et les ingénieurs du contrôle et de la Compagnie se sont rendus ensuite sur les lieux pour faire leur enquête. Dès maintenant, on attribue l'accident à une rupture d'essieu ; les dégâts matériels sont très importants.

On compte douze blessés, parmi lesquels un conducteur très grièvement, un voyageur et des postiers. Les postiers sont: Le chef de brigade, M. Joseph Marciat, 46 ans, 8, rue Burq, à Paris. Et les commis ambulants : MM. Urbain Gravillon, 47 ans, 3, rue du Petit-Moine, à Paris ; Lucien Baucher, 42 ans, 110, rue Cambronne, à Paris ; Edmond Levert, 30 ans, 79, rue Olivier-de-Serres, à Paris ; Pierre Lacombe, 29 ans ; Aristide Poulain, 23 ans, 52, rue du Moulin-de-Pierre, à Clamart ; François Vivier, 26 ans, 9, boulevard de Vaugirard, à Paris ; Joseph Baudin, 38 ans. Henri Baudet, commis ambulant, contusion au thorax.

L'état de ces postiers n'inspire pas d'inquiétude et ils ont pu reprendre le train pour Paris à 9 heures du matin. Par contre, on ne peut se prononcer sur les suites des blessures reçues par le conducteur qui se nomme Cougné et appartient au dépôt de Segré. Une barre de fer l'a brutalement atteint aux reins et à la hanche droite.

Un agent du réseau, M. Renoult, et un gendarme, M. Petitgas, ont été également légèrement contusionnés mais ont pu continuer leur voyage. L'accident a provoqué de nombreux retards. Une enquête est ouverte pour déterminer les causes de d'accident qui sont encore inconnues.

Le Petit Journal – 6 novembre 1909


EN BREF

Avec une audace inouïe des bandits attaquent un train - Toulon, 4 novembre — Un train d'une petite ligne d'intérêt local allant de Comoulles à Gardanne a été attaqué par deux ou trois individus armés. Voici dans quelles circonstances ce drame rapide s'est déroulé : Le train 3248 était parti de Gardanne à son heure et avait eu un peu de retard en route. A la petite gare des Censies, au moment où le train se mettait en marche, deux individus aux allures de bandits pénétrèrent dans le fourgon de queue, et tandis que le conducteur, Jules Jeannin, était occupé à recenser les colis, un violent coup de matraque lui fut asséné sur la nuque. Jeannin tomba à la renverse et essaya de se défendre, mais il fut attaqué à coups de couteau par les deux bandits, tandis qu'un autre lançait les colis sur la voie. Jeannin, les vêtements en lambeaux et blessé, put enfin se dégager, et se traînant sur le marchepied, alla se réfugier sur les tampons, entre deux wagons. Le malheureux resta dans cette position périlleuse jusqu'à Brignoles où, à demi-mort d'émotion, il alla conter à ses chefs son étrange aventure. Les bandits, qui avaient certainement des complices le long de la voie pour recueillir les colis jetés, ne descendirent du train qu'en gare de Brignoles, sautant à contrevoie et alors que le train était arrêté. Les brigades mobiles, qui battirent la campagne toute la journée, ne purent retrouver la trace des audacieux voleurs qu'on croit être affiliés à une bande redoutable qui se livra à l'attaque de la malle-poste des Alpes. Les voyageurs ne voyagent plus qu'armés et ce n'est pas sans crainte qu'ils se mettent en route. On a autorisé les conducteurs de trains à se munir de revolvers. Le Matin – 5 novembre 1909

Un homme meurt enfoui, trois sont blessés, un agonise - Marseille, 4 novembre — Un accident qui a causé-la plus pénible impression dans la petite ville de Gardanne, s'est produit cet après-midi, aux mines de charbon de cette ville. Quatre ouvriers étaient occupés à la pose de tuyaux pour l'écoulement des eaux, au fond d'un puits, quand vers trois heures et demie, un écoulement se produisit. Un bloc de près de trois mille kilos tomba sur les malheureux ouvriers Deux purent se sauver sans trop de mal mais les deux autres : Emile Barthélémy, âgé de dix-sept ans et Jean Jafferi, 25 ans, furent pris sous l'énorme masse. Les travaux de déblaiement aussitôt commencés permirent de retirer Barthélémy encore vivant, mais son état est des plus graves et on désespère de le sauver. Le malheureux jeune homme a perdu son père il y a peu de temps dans un accident semblable. Quant à Jafferi, on n'a retrouvé ce soir que son cadavre affreusement écrasé. Le Matin – 5 novembre 1909

Une école dans la tempête - La violente tempête qui a dévasté l'ouest de la France et particulièrement la Vendée a causé à Fresnay, près de Machecoul, un accident dont les conséquences auraient pu être graves : l'école communale a été envahie par une véritable trombe d'eau pendant la classe. Les enfants, affolés, sont montés sur leurs bancs et leurs tables en appelant au secours. Ce n'est qu'après deux heures d'efforts que des sauveteurs ont pu pénétrer dans les salles inondées et emporter dans leurs bras les fillettes et les petits garçons. Quelques-uns de ces enfants, très éprouvés par la peur, ont dû s'aliter. Quant à l'école, elle a été si fort endommagée par les eaux que, depuis la tempête, les classes n'ont pu être reprises. L'Univers – 4 novembre 1909

La tête écrasée entre deux wagons - Nancy, 4 Novembre - Au cours d'une manœuvre de wagons effectuée au moyen du cabestan électrique, un sous-chef de manœuvres des chemins de fer de l'Est, nommé Emile Elhringer, âgé de 34 ans s'introduisait entre deux wagons en marche pour les accrocher quand, ayant fait un faux pas, il eût la tête écrasée entre les tampons. L'infortuné sous-chef était marié et père de quatre enfants. Le Petit Journal – 5 Novembre 1909

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04 novembre 2009

Les actualités du 4 novembre 1909

Farman record 1909

Henry Farman gagne la coupe Michelin et bat les records de distance et de durée

Mourmelon-Le-Grand, 3 novembre— Engagé depuis hier seulemcnt pour la Coupe Michelin qui, vous le savez, consiste en un objet d'art de 12.500 francs et une somme de 20.000 francs à attribuer, chaque année, à l'aviateur ayant couvert, au 31 décembre, la plus longue distance Henry Farman s'est élevé aujourd'hui de Bouy camp de Châlons pour tenter de conquérir le glorieux trophée détenu depuis avant-hier par Louis Paulhan qui a volé 154 kil. 500, en 2 h. 49 m. 20 s., à l'aérodrome de Brooklands.

Le temps était superbe, le vent presque nul, aussi lorsque nous arrivons au hangar tout était prêt et Farman aidé de ses mécaniciens, sortait bientôt son appareil. Tout va bien, nous déclare le sympatique aviateur qui d'un geste, nous indiquait que tout marchait bien. : A 3 h. 25, soit 2 h. 56 minutes après le départ, au moment précis du passage au pylône du chronométreur, Henry Farman avait parcouru 156 kil. 900.

La Coupe Michelin est donc momentanément gagnée par le recordman du monde. Nous prévenions Farman qui continuait sa ronde pour battre tous les records, ayant emporté une provision d'essence suffisante pour voler 4 heures. Les records établis à la Semaine de Reims par Farrman étaient bientôt approchés et dépassés.

C'est là une victoire splendide qui prouve une fois de plus la supériorité des biplans Farman et du moteur Gnôme, car j'oubliais de vous dire que c'est grâce au moteur rotatif Gnome que le recordman du monde a battu aujourd'hui ses propres records.

La Presse – 4 novembre 1909


EN BREF

Un vampire - Jean Denizot, vingt-huit ans, terrassier, 37, rue Saint-Denis, rencontrait hier soir, sur le boulevard Sébastopol, sa maitresse,Victorine Dubosc, vingt-deux ans. Le couple se prit de querelle. Soudain, le terrassier frappa la jeune femme à la nuque d'un coup de couteau. Puis dans un accès de rage folle, il se précipita sur elle et collant ses lèvres sur la blessure il s'apprêtait à sucer le sang de la malheureuse, lorsque des passants intervinrent qui lui arrachèrent sa victime. Victorine Dubosc est à l'Hôtel-Dieu et Denizot au dépôt. Le Petit Parisien – 4 novembre 1909

Milan et Gênes dans les ténèbres - Rome, 3 novembre — La nuit dernière, à partir de minuit, la ville de Milan s'est trouvée dans une obscurité complète, à la suite de la grève des ouvriers et du personnel de l'usine à gaz. Depuis quelques jours, il existait un différend entre la société dite "Union des gaz", dont le conseil général d'administration est à Londres, et son personnel. Le préfet de Milan avait tenté de résoudre ce différend, mais une délégation des gaziers lui annonçait hier qu'ils n'attendraient pas davantage. Dans la soirée, à neuf heures trente, la grève fut déclarée et tous les ouvriers quittèrent les usines. A minuit, les robinets furent fermés. Il y eut quelques actes de sabotage, mais sans gravité. De Milan a été télégraphié l'ordre à la chambre du travail de Gênes d'inviter les ouvriers gaziers de cette dernière ville à cesser le travail ce soir, à partir de huit heures trente, ce qui a été fait. Gênes, cette nuit, sera donc dans l'obscurité. Les autorités ont pris de sérieuses mesures. Le Matin – 4 novembre 1909

Jeune femme et vieux mari — On nous télégraphie d'Auch : En juillet dernier, Pauline Dartigue, âgée de dix-huit ans épousait, à Casteljaloux, près Auch, Bernard Robert, âgé de soixante-seize ans. Bientôt la jeune femme prit le vieillard en horreur. Avant-hier, elle arrosa d'essence le lit de son mari et quand ce dernier commençait à s'endormir elle y mit le feu. Le malheureux se réveilla entouré de flammes, se roula à terre. Il fut horriblement brûlé La jeune femme a été arrêtée ; elle a fait des aveux complets. Le Temps – 4 novembre 1909

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03 novembre 2009

Les actualités du 3 novembre 1909

Madame Steinheil et son avocatL'affaire Steinheil

C'est aux pages les plus sombres des annales du crime qu'il faudrait remonter pour trouver une tragédie pareille à celle dont le mystère sanglant va s'évoquer le 3 novembre devant le jury de la Seine. Jamais, en effet, drame n'apparut non seulement plus atroce, mais plus troublant ; jamais ne se présentèrent pareils éléments de passionnante angoisse : l'horreur du crime; la personnalité même de l'accusée, cette femme jeune, belle, adulée du monde dont les plus hautes sommités se disputaient les sourires, et sur laquelle pèse aujourd'hui l'accusation la plus infâme qui puisse souiller un être humain : celle d'avoir assassiné sa mère ; tout l'inconnu enfin qui plane encore sur ce sombre problème, car si la justice aujourd'hui, après plus d'un an d'instruction amène à sa barre un accusé enserré, par elle, dans un formidable réseau d'accusations, peut-être n'en reste-t-on pas moins en droit de lui dire : "Et les preuves ? ", ou tout au moins : " Et les autres ? "

Et dominant le tout, il n'est pas jusqu'à la politique elle-même, avec ses haines et ses sympathies qui n'apparaisse dans l'ombre, avec le tragique fantôme d'une autre mort dont le mystère, lui non plus, n'a point encore livre tout son secret. Aussi bien, depuis des mois, l'opinion publique est-elle, jour par jour, à ce point tenue au courant de chaque phase du drame, qu'il est peu de détails qui ne lui soient connus. Avant le dernier acte pourtant, peut-être n'est-il pas inutile d'en rappeler au moins brièvement les multiples incidents.

Elle semblait un vrai nid de bonheur, le coquette villa enfouie au 6 bis de l'impasse Ronsin parmi les arbres et les fleurs. Au rez-de-chaussée, derrière le riant jardin d'hiver, c'étaient la luxueuse salle à manger, les trois salons tout encombrés des plus rares bibelots de tous pays et de tous styles, depuis la Perse jusqu'à nos jours, voisinant avec les tableaux de nos plus grands maîtres : le vaste vestibule égayé par de larges bibliothèques regorgeant des plus beaux livres comme aussi par la grande pendule antique devenuesi tragiquement célèbre, etc. Au premier étaient les chambres à coucher. En haut, le vaste atelier.

En tout cela régnait non seulement le luxe le plus délicat, mais ce goût exquis qui révèle a lui seul la double présence d'un artiste et d'une jolie femme. Et quand, sous le ruissellement des lumières, s'empressaient autour de cette femme séduisante entre toutes, les sommités de la magistrature, de la finance, de la politique et des arts, qui donc eut pu penser jamais aux heures tragiques qui allaient y sonner.

Un matin pourtant, le 31 mai, vers six heures, des cris affolés retentissaient. C'était le valet de chambre, Rémy Couillard, qui appelait au secours. Et les voisins accourus reculèrent d'épouvante. Entre sa chambre et la salle de bains, couché sur le dos, les jambes repliées sous lui, comme raidi dams le supplice affreux de la crapaudine, les mains jointes sur le ventre, le cou serré par six tours de corde faisant jaillir les bourrelets de chair, la face déjà noire. gisait le cadavre de M. Sleinheil en chemise, ayant à ses côtés une canne d'alpiniste a l'extrémité couverte de rouille.

Dans l'autre chambre, autre cadavre : relui de Mme Japy, sa belle-mère. Elle aussi avait dû être surprise en plein sommeil, le corps était étendu sur le dos, en chemise, les jambes nues pendant hors du lit, le cou serré de la même cordelette, la bouche emplie d'un tampon d'ouate bourré avec une telle férocité que son râtelier lui était entré dans la gorge.

Mais il n'y avait pas que des morts. Quelqu'un vivait encore, dont les gémissements avaient attiré a sa Impasse Ronsindescente l'attention du valet de chambre. C'était Mme Steinheil. Etendue sur le lit, la chemise relevée sur la tête, une corde autour du corps, d'autres lui maintenant les pieds et les mains, un tampon d'ouate a côté de la bouche qui l'avait rejeté, le corps baignant dans ses déjections, elle semblait à bout de forces et s'évanouit à peine délivrée.

Partout le désordre régnait dans les différentes chambres. Les meubles étaient ouverts, des papiers, des enveloppes, des écrins vides jonchaient les parquets ; dans le petit bureau attenant à la chambre de Mme Steinheil un encrier de cristal était renversé sur le tapis et des taches, de distance en distance allaient jusqu'au lit occupe par Mme Japy, dont l'édredon lui-même présentait une petite marque d'encre ; dans la salle de bains, sur la toilette, avait été laissée la monture d'une bague en or dessertie de sa pierre ; enfin, sur le meuble du bureau, étaient un gant de peau et un billet de cinquante francs.

Le crime était monstrueux, le cambriolage apparaissait évident, mais quels en pouvaient être les auteurs ? A peine un peu remise, La survivante d'une voix faible donnait à la justice ces précieuses indications : Elle dormait profondément, il pouvait être un peu plus de minuit, car elle venait d'entendre sonner la grande horloge, lorsqu'un coup violent lui est porté à la tète, en même temps qu'un voile s'abat sur elle. S'étant un peu dégagée pourtant, à la lueur des lanternes sourdes, elle voit distinctement trois hommes, dont l'un très grand, à barbe poivre et sel, et une femme rousse, vêtus de longues blouses noires, masqués et coiffés de chapeaux à larges bords.

Sommée d'indiquer où est l'argent, elle obéit, et on l'abandonne après l'avoir ligotée et frappée d'un dernier coup à la tête qui la fait s'évanouir, cependant que la femme, la rouquine, insistait pour qu'on la tue. Sans doute, déclara Mme Steinheil, les bandits l'avaient prise pour sa fille Marthe, dont elle occupait, ce soir-là, la chambre, ayant cédé la sienne à sa mère, et c'est à cela qu'elle devait la vie. Quant à la Rouquine, elle devait probablement être un ancien modèle de M. Steinheil car elle semblait admirablement connaître les aîtres de la maison.

C'était la piste des lévites, la fameuse piste sur laquelle, durant des mois, l'instruction devait s'éterniser, et s'éternisa, en effet, sans le moindre succès si bienqu'après les interrogatoires répétés de Mme Steinheil transportée d'abord chez le comte d'Arlon, puis au Vert-Logis, sa maison de campagne de Bellevue, puis enfin a Boulogne-sur-Seine ; après une longue enquête sur tous les modèles qui fréquentèrent a l'atelier de l'impasse Ronsin, comme sur tous ceux qui pouvaient être soupçonnés ou dénoncés, le mois d'août arrivant. Mme Steinheil s'en alla villégiaturer sur la côte Normande, à Louvières, a Saint-Laurent-sur-Mer et, ce pendant que M. Leydet prenait, lui aussi, ses vacances.

L'affaire semblait classee, le silence s'était fait ; bien peu, dans la fièvre de Paris, songeaient encore aux deux victimes de la nuit tragique.Soudain tout se réveille. Le 31 octobre, dans l'Echo de Paris, Mme Steinheil publie une lettre annonçant que, malgré les lenteurs de la justice. elle entend poursuivre, plus que jamais, la recherche des assassins de son mari et de sa mère. Et elle indique, nouvelle piste, que des lévites auraient avant le crime été volées au théâtre Hebreu.

Famille Steinheil

Dès lors, les événements se précipitent. L'enquête établit l'inanité de cette nouvelle piste. Mme Steinheil dénonce alors un M. Burlihgham, deux de ses amis et une femme ; cette fois encore la nouvelle piste est reconnue sans fondement. En réponse, Mme Steinheil se porte partie civile pour pouvoir plus énergiquement agir. Et c'est une troisième piste indiquée par elle, celle d'un ancien inspecteur de police révoqué ; fausse encore. C'est ensuite un nomme Gugenheim qui est arrêté à Alger pour vol de bijoux, etc., etc., erreur toujours.

Mais l'heure tragique approcha. Le 21 novembre, M. Chabrier, cousin de Mme Steinheil se présente chez M. Hamard pour lui remettre le portefeuille du valet de chambre, Rémy Couillard, dans lequel ont été trouvées des lettres volées par lui de Mlle Marthe Steinheil, et lui faire part, de leurs soupçons. M. Hamard refuse de s'en saisir. Seconde visite aussi inutile.

A 9 heures du soir enfin. Mme Steinheil elle-même, rapporte le portefeuille, déclarant avoir trouvé à l'intérieur une perle provenant d'une des bagues volées la nuit du crime. L'accusation était terrible ! Le soir même, Rémy Couillard est arrêté. Interrogé, confronté, iusqu'a 3 heures du matin, il nie désespérément, répétant sans cesse "je suis t'innocent, je suis t'innocent". Mais ce n'est pas tout, dans le grenier voisin de la chambre de Rémy Couillard, au cours d'une perquisition, Mme Steinheil fait voir aux agents un petit diamant provenant, lui aussi des bijoux volés. C'est l'écrasement du malheureux valet.

Nous ne saurions mieux faire ici que de laisser la parole à l'acte d'accusation, qui condense admirablement les faits qui, dès ce moment, se déroulèrent avec une extrême rapidité. C'est à la suite de ces faits que le vingt-six novembre mil neuf cent huit l'accusée a été placée sous mandat de dépôt et écrouée à la prison Saint-Lazare. Ceux qui ont connu la femme Steinheil pendant son enfance sont unanimes à déclarer qu'elle était menteuse et comedienne. Vers l'age de quinze ans, elle devint en outre "romanesque"; plus tard elle aima le vice. Ses intrigues scandaleuses de jeune fille avaient décidé son père à l'éloigner du milieu qu'elle recherchait sons même respecter la maison de ses parents et à l'envoyer a Bayonne, chez sa sœur, la dame Herr. Là, elle fit la connaissance de M. Steinheil, qui s'éprit violemment de la jeune fille. et la demandait en mariage, malgré la grande différence d'âge qui existait entre eux. Elle se laissa ainsi épouser par dépit ou par découragement, le 9 juillet 1890.

Vert logisPeu après, elle se lança dans une série d'aventures amoureuses, cherchant des amis, les trouvant sans peine, et leur donnant rendez-vous dans des chambres d'hôtel meublé. En 1905, elle se elle se lasse de cette vie arronée, ainsi que de ses hasards ; elle pensait qu'elle n'avait rien à redouter du côté de son mari. nomme aveugle ou résigné, qui ne comptait guère dans son intérieur, et elle résolut de louer dans les environs de Paris, une villa discrète. La discrétion semble avoir été La règle la mieux suivie dans la villa du Vert-Logis. Les protecteurs de l'accusée n'y étaient connus que sous leurs prénoms. Mariette Wolff, au terme des séjours, présentait l'addition aux visileurs, et quand une visite était annoncée, la famille tout entière regagnait Paris, en laissant la femme Stheinheil à Bellevue.

Celle-ci d'ailleurs avait trouvé là une source de revenus annuels qui n'étaient point négligeables, et pour justifier sa contribution aux charges du ménage, elle avait imaginé une fable qui fut acceptée par son entourage. Elle avait, disait-elle, connu jadis une vieille fille très originale, presque sans domicile fixe d'un bout de l'année a l'autre, et qui l'avait prise en grande rencontré avec "tante Lily". Du reste il n'entendait que celle-ci la comblait d'argent et de cadeaux. M. Steinheil ne parait pas avoir approfondi la question, bien qu'il ne se soit jamais rencontré avec tante Lily. Du reste il n'aurait pas été facile pour lui de la voir car elle n'a existé que dans l'imagination de l'accusée.

A la vérité, la dame Steinheil appartenait à cette catégorie de femmes qui, détestant leur mari et ayant besoin d'un certain luxe d'apparat, n'éprouvent aucun scrupule quant aux moyens de se procurer de l'argent.Il lui est arrivé de dire qu'elle abominait son mari et de le qualifier grossièrement, jusqu'à suspecter ses moeurs. La pensée d'une séparation a souvent hanté son cerveau, et dès les premiers mois de 1908, elle déclarait presque ouvertement qu'eue songeait a divorcer ; aussi bien, elle faisait part à Steinheil de son intention.

La gène à cette époque paraissait grande dans le ménage, qui laissait partout des dettes criardes impayées. L'avenir était sombre, car le présent laissait, pour ainsi dire, l'accusée sans ressources. Un riche ami, qui l'avait largement entretenue de 1905 à la fin de 1907, venait de rompre avec la femme Steinheil. et celle-ci, dans le désarroi de ses pensées, se débattait contre une situation qui, à cause de son âge, lui paraissait desespérée.

Cependant la fortune sembla lui sourire de nouveau lorsqu'elle fit, le 15 février 1908, la rencontre de M. Borderel. Des relations intimes s'établirent presqu'aussitôt et M. Borderel, subjugé de prime abord par l'accusée, fit preuve d'un enthousiasme dépourvu de psychologie, en ajoutant foi a l'apparent désintéressement de sa maîtresse. Celle-ci ne tarda pas néanmoins à lui révéler ses projets de divorce, mais ne reçut point l'encouragement quelle attendait. Manifestement M. Borderel répugnait a l'idée d'épouser une femme divorcée, et comme un jour il l'avait clairement laissé entendre, la dame Steinheil riposta : "On ne sait jamais ! Attendons les événements !". Ce propos parait singulièrement compromettant pour l'accusée, quand on sait ce qu'il est advenu par la suite.

Il l'est encore plus lorsqu'on le rapproche de cette exclamation qui fut poussée an juillet par le femme Steinheil, disant à Mariette Wolff : "Enfin, je suis libre !". Cette liberté, elle l'avait reconquise par la mort de son mari, et elle pouvait croire avant son arrestation que tous les scrupules de M. borderel devaient être levés. On peut d'autant plus le penser qu'à plusieurs raprises, M. Martin, ami intime de M. Borderel, avait fait savoir à l'acusée que ledit Borderel refusait formellement de reprendre ses relations avant qu'elle se fût "lavée devant l'opinion publique", ajoutant qu'à œt égard le classement de l'affaire ne serait pas considéré comme une justification suffisante. Cela signifiait à l'évidence qu'il fallait que le coupable fut découvert, jugé et condamné pour rendre quelque espoir a la dame Steinheil.

Madame Steinheil dans sa prisonC'est à la suite de ces événements que la dame Steinheil plaça la perle dans le portefeuille de Rémy Couillard, et fit porter sur lui les soupçons les plus compromettants. Il s'en fallu de peu qu'un coupable ait été présenté à M. Borderel. Abominable machination : l'innocence de Rémy Couillard fut bientôt démontrée. Vaincue par l'evidence, la femme Steinheil reconnut sa supercherie ; mais en permettant ainsi à la justice de relaxer le valet de chambre qui avait été maintenu pendant cinq jours en prison, elle accusa Alexandre Wolff d'avoir oommis le crime qu'elle cessait d'imputer à Rémy Couillard. Il a été dit plus haut que la femme Steinheil avait rétracté cette accusation. L'hypothèse du crime domestique était dès lors établie. i1 convient de rechercher quel en a été le mobile. et qui, en somme, y avait interêt. On s'est à peine posé la question que la personnalité de la dame Steinheil apparaît.

L'Ouest-Eclair – 2 novembre 1909

EN BREF

Un blessé qui s'achève - Murat, 2 Novembre. Dans les bois de l'Esclauze, près de Montboudif, M. François Tournadre, marchand de fagote et de bois de chauffage à Eglise-neuve, avait acheté une coupe de bois et plusieurs bûcherons étaient occupés à abattre des chênes-verts et à en faire des fagots.Un des bûcherons, M. Amblard, âgé de vingt-cinq ans, de Saint-Genès-Champespe, avait, la veille, caché sous un tas de fagots un fusil à piston chargé. L'après-midi, M. Tournadre se rendit au bois pour charger une charrette et M. Amblard l'aida dans son travail en lui passant les fagots. Arrivé près du tas où son fusil était caché, M. Amblard ne se souvint pas qu'il l'y avait mis la veille et il continua à tirer les branches. Soudain, une détonation retentit et le malheureux bûcheron, frappé en pleine poitrine, tomba sur le sol, baignant dans son sang. M. Tournadre s'empressa de lui porter secours, et, comme le sang s'échappait en abondance de sa blessure, il courut chercher du secours auprès d'autres bûcherons qui travaillaient non loin de la.Pendant ce temps, M. Amblard, rassemblant toutes ses forces, se levait et M. Tournadre, en se retournant, l'aperçut assis. Il crut que la blessure était moins dangereuse qu'on ne le pensait. Or, M. Amblard ne s'était levé que pour, reprendre son fusil laissé à quelques pas. Ne pouvant supporter les souffrances qu'il endurait, il se tira le second coup sous le menton et se fit sauter la cervelle. Lorsque M. Tournadre arriva prés de lui avec ses compagnons de travail, il trouva le malheureux, son fusil entre les jambes, et la tête fracassée. Le Petit Journal – 3 novembre 1909

Un soldat unijamiste - Saint-Mihiel, 2 novembre. Pour si extraordinaire que ce fait puisse paraître, nous possédons, a Saint-Mihiel, un soldat unijambiste : c'est au 161e de ligne qu'il a été tout récemment incorporé pour y effectuer une période d'exercice de dix-sept jours. Alexandre Murth — tel est le nom du réserviste. — fils aîné de femme veuve ayant cinq autres enfants, habite Roubaix ; il fut blessé il y a quelques mois en forant un puits. On dut pratiquer l'amputation d'une jambe et le malheureux ouvrier, après un séjour assez long à l'hôpital, rentra dans sa famille. Le 26 août dernier, Murth reçut une convocation de l'autorité militaire, l'invitant à se rendre au 161e de ligne, à Saint-Mihiel, pour y accomplir une période d'instruction de dix-sept jours. Il ne cacha pas son étonnement au gendarme qui lui avait apporté la convocation, lequel ne put que lui dire de se présenter au corps où, dès son arrivée, il serait sûrement réformé. C'est ce que fit Murth, mais il comptait sans ses hôtes. L'extraordinaire médecin-major devant qui il se présenta à son arrivée au corps ne trouva pas le cas suffisant, et l'estropié fut conservé au corps et attaché à l'atelier de cordonnerie, où il ne rend aucun service, puisque le malheureux n'entend absolument rien au métier de cordonnier. Le Petit Parisien – 3 novembre 1909

Mortel foot-ball - Le match de football militaire de West-Point, à l'école de cadets des Etats-Unis, a fait une victime. Le lieutenant Byrne qui a eu les vertèbres du cou brisées a succombé. Les autorités militaires et navales vont se réunir pour examiner le question de la suppression dans l'armée et la marine de ces matches brutaux et souvent mortels. Le football américain a causé dans la dernière saison dix-huit morts et il y a eu en outre cent trente-cinq blessés grièvement, bien que les joueurs soient cuirassés de pied en cap. Le Temps - 3 novembre 1909

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02 novembre 2009

Les actualités du 2 novembre 1909

toussaint montparnasse

La Toussaint

Sous un ciel gris, duquel tombait, parfois une pluie fine et pénétrante, les Parisiens, tenant à honorer la mémoire de leurs chers morts, oui envahi, hier, les cimetières. Hommes, femmes, enfants, les bras chargés de gerbes de fleurs, où dominaient les chrysanthèmes, n'ont cessé, durant cette journée du souvenir, de parcourir silencieusement les bordées de sépultures.

Au Père-Lachaise, où dorment nombre de ces personnages dont les noms sont passés a la postérité, l'affluence, jusqu'au soir, a été considérable. Comme les années précédentes. Mme Félix Faure est venue s'agenouiller sur la tombe de son mari. Respectueusement saluée à sa descente de voiture par le conservateur du cimetière, la veuve de l'ancien Président de la République s'est rendue avant de visiter la nécropole dans la chapelle qui domine l'avenue principale.

Les tombeaux d'Héloïse et Abélard, d'Allan Kardec, de Balzac, de Musset, de Thiers, du sergent Hoff et beaucoup d'autres encore, ont reçu la visite de pèlerins fidèles. Au cimetière Montmartre. Alexandre Dumas, Théophile Gautier, les frères de Goncourt. Francisque Sarcey, Ambroise Thomas ne furent point oubliés par leurs disciples et leurs admirateurs. Des âmes tendres saluèrent avec émotion la modeste sépulture d'Alphonsine Duplessis, l'inoubliable Dame aux Camélias.

A Pantin, Saint-Ouen, Ivry, Bagneux, nécropoles populaires, où reposent, pressés les uns contre les antres, tant de pauvres gens, des familles entières vinrent prier en silence et les hommages rendus à ces morts modestes ne furent pas les moins touchants.

Voici pour la journée d'hier, le chiffre des entrées dans les cimetières de Paris et de la banlieue : Père-Lachaise, 84.800; Montmartre, 25.200; Monmartre (Saint-Vincent), 1.524; Montparnasse, 56788; Saint-Ouen, 107.462; Saint-Ouen (ancien), 13.040, Ivry, 65.647; Bagneux, 66.300; Pantin, 88.527 ; Clichyr 9.230 ; Passy, 5.375 ; Auteuil, 1.650 ; la Chapelle, 1.230 ; La Villette 1.220 ; Charonne; 245 ; Bercy, 1.402 ; Grenelle, 867 : Vaugirard, 1.530 ; Belleville, 723 ; Saint-Pierre de Montmartre, 1.425 ; Grand-Montrouge, 16.534 ; Pré-Saint-Gervais, 12.453; Gentilly, 6.682; Kremlin, 11.600. Au total : 581.783. L'année dernière le chiffre des entrées s'était élevé à 523.968.

La Presse – 2 novembre 1909


EN BREF

Ollioules ravagée par la grêle - Toulon, 1er Novembre. Un orage de grêle s'est abattu, dans la nuit de dimanche à lundi, sur Ollioules, dont les vastes et beaux jardins, couvrant près de 1.500 hectares, ont été littéralement saccagés. Ollioules, centre important du commerce des fleurs, exportant sur l'Angleterre et sur l'Allemagne, présente un aspect désolé. La couche de grêlons atteignit, en certains endroits, plus de trente centimètres d'épaisseur. Tous les vitrages ont été brisés. L'eau dévala des hauteurs, renversant les murs, ravinant les jardins et transformant en de vastes fondrières ce qui était, auparavant, de brillants parterres. Les dégâts immédiats dépassent deux millions, sans compter le dommage subi par les industries accessoires qui font vivre les 6.000 habitants d'Ollioules. Le maire d'Ollioules a réuni d'urgence aujourd'hui, à midi, son conseil municipal et constitué une commission pour recueillir les déclarations des sinistrés. Il a télégraphié au ministère et aux élus pour signaler cette grave situation. A Toulon, les pluies diluviennes de la nuit dernière ont causé des éboulements sur le boulevard du littoral, où est en construction la nouvelle ligne de tramways.Les terres ont glissé a la mer, entraînant les rails et les pylônes. Les gardes-fous et les parapets ont été démolis. La circulation est devenue dangereuse sur certains points. Le Petit Journal – 2 novembre 1909

Trois navires en détresse devant Jersey - Jersey, 1er Novembre - Le canon d'alarme ayant annoncé qu'un navire était en détresse, un remorqueur a quitté immédiatement notre port tandis qu'on armait précipitamment le canot de sauvetage. Le remorqueur se porta au secours du caboteur Mizpah qui avait arboré le drapeau à mi-mât comme signal de détresse. C'est alors que le capitaine apprit que l'autre voilier Vénus venait de se briser contre les rochers de Noirmoutier. Le bateau de sauvetage arrivé dans l'entre-temps resta à côté du Mizpah pour porter assistance si cela était nécessaire et la remorquer se porta au secours de l'équipage du voilier Vénus. Ce dernier bateau avait coulé à quelques encablures de la terre, aussi l'équipage, qui se composait du capitaine Pitman et de ses deux fils, avait pu gagner la plage à la nage. Le capitaine Pitman confirma à son tour au capitaine du remorqueur qu'il avait vu un voilier français dans une position dangereuse et qu'après une très forte bourrasque ce bateau avait disparu. L'on a tout lieu de craindre que ce bateau français dont on ignore le nom a été englouti corps et biens, car l'endroit où il fut aperçu en détresse est excessivement dangereux. Le Petit Journal – 2 novembre 1909

Le dirigeable italien cause un accident mortel - Rome, 1er Novembre - Après être allé de Bracciano à Naples, où il avait été accueilli par des acclamations, le dirigeable militaire était revenu à Rome où il avait atterri sur la place d'Armes pour renouveler son approvisionnement de benzine. Une foule énorme s'était aussitôt massée autour du dirigeable et suivait la manœuvre de si près que l'on jugea prudent de La refouler. Au moment où le ballon se préparait à s'enlever pour regagner Bracciano, le lieutenant Rovetti, du bataillon des aérostiers, fit tous ses efforts pour éloigner le public et éviter ainsi un accident. Les hélices s'étant mises en mouvement, le lieutenant aperçut des enfants qui s'étaient glissés jusqu'au dirigeable et risquaient d'être atteints ; il s'élança vers eux pour les protéger, mais lui-même s'approcha d'une hélice qui lui enleva la figure. Le front, le nez et les yeux du malheureux officier furent tranchés et envoyés au loin. La mort fut naturellement instantanée. La victime de cet accident qui causa une énorme émotion était le fils d'un colonel retraité et avait vingt-huit ans. L'hélice ayant été détériorée, le dirigeable a été transporté près de la caserne du génie où il est resté quelques heures, gardé par des soldats, et après avoir été réparé, il a regagné Bracciano, où il a atterri sans incident. Le Petit Journal – 2 novembre 1909

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01 novembre 2009

Les actualités du 1er novembre 1909

Catastrophe du Paillat

Grave accident de chemin de fer

Il y a un peu plus d'un mois, M. Millerand, ministre des travaux publics, assistait à Montlouis (Pyrénées-Orientales) à un banquet offert par la Compagnie du Midi, à l'occasion de l'achèvement de la ligne électrique de Villefranche à Bourg-Madame. Cette ligne qui n'est pas encore inaugurée, vient d'être le théâtre d'un affreux accident.

Prolongement de la ligne de Perpignan à Villefranche-Vernet-les-Bains, elle parcourt une contrée excessivement mouvementée et où les ouvrages d'art sont nombreux. Parmi les principaux se trouve un pont suspendu à quatre-vingts mètres au-dessus de la rivière de la Têt, pont construit sur un nouveau modèle de suspension, par un ancien officier du génie, le commandant Gisclard, et dont la hardiesse a fait l'admiration générale.

Hier dimanche, après les essais de la voie, on faisait des essais de vitesse. Dans un train spécial, comportant deux automotrices , remorquant chacune deux plates-formes chargées de rails, avaient pris place le commandant Gisclard ; son gendre, M. Amodin, MM. de Noëll, conducteur principal, faisant fonctions d'ingénieur; Clerc et Borallo conducteurs des ponts et chaussées à Prades; Toulet, conducteur des ponts et chaussées à Perpignan; Hubert, ingénieur des chemins de fer de l'Etat ; Loriot, conducteur de la voie, et de nombreux employés.

Parti de Villefranche-Vernet-les-Bains, le train marcha de la façon la plus satisfaisante. Il passa successivement aux stations de Serdynia, Joncet, Olette, Nyers, Thues, Pontpédrouze, Santo, Planes et Mont.Louis-la-Cabanasse, point terminus de la première section. C'est un peu avant celle station que se trouve le fameux pont. On constata qu'il supportait sans fléchir le passage du train et l'on en félicita le commandant.

Le convoi se partagea alors en deux : une automotrice remonta vers Montlouis, avec les plates-formes, l'autre, ramena les ingénieurs vers Villefranche et Prades, pour déjeuner. Tout à coup, dans une descente de 6 %, en face du hameau de Paillat, où se trouve l'usine génératrice, l'automotrice s'emballa. Le mécanicien serra les freins, mais les rails étant très humides, ils furent impuissants à arrêter l'élan. Justement la voie faisait une courbe, la machine sortit des rails et tomba dans le ravin, renversée sur le côté.

Ce fut un cri d'épouvante dans la population qui était accourue en foule et se massait tout le long des voies pour voir passer le nouveau chemin de fer, dont l'inauguration prochaine lui était promise. Les montagnards s'empressèrent autour des victimes. Malheureusement, six d'entre elles avaient cessé de vivre ou rendaient le dernier soupir entre les bras des sauveteurs. Ce sont le commandant Gisclard, les conducteurs Clerc, Borallo, Toulet et Hubert, et le chef monteur Dezault. On les transporta à la cantonnière de Paillat.

Douze des voyageurs étaient blessés, dont plusieurs grièvement. Parmi eux se trouvent MM. de Noëll, qui a une jambe détachée du tronc, l'autre jambe brisée et des contusions au crâne; Leriot, conducteur de la voie; Triquera, cantonnier; M. Arnodin, Leyde, Pujel et les wattmen Ciota, Bardoux et Calvo. Une partie fut ramenée à Prades, une autre a l'hôpital militaire de Mont-Louis.On sait que Mont-Louis est une place de guerre de 1ere classe.

Dès que M. Millerand, ministre des travaux publics, a eu connaissance de l'accident, il a chargé M.M. Lax, inspecteur général des ponts et chaussées, de se rendre sur les lieux de la catastrophe, ainsi que M. Fontaneilles, ingénieur en chef adjoint de la direction des chemins de fer.

Le Figaro – 1er novembre 1909


EN BREF

Meeting d'aviation de Saint-Étienne – La foule envahit l'aérodrome - Saint-Étienne, 31 octobre. Un meeting d'aviation a lieu actuellement sur l'hippodrome de Villars, près de Saint-Étienne. La première réunion fut donnée hier. Seul l'aviateur Gobron tenta une sortie et, sans parvenir à s'enlever, brisa son appareil. Malgré ce début peu encourageant, le public était venu nombreux aujourd'hui. Il fut encore déçu. Les essais des aviateurs ayant été infructueux, la foule envahit la piste, renversa la barrière et réclama le remboursement du prix des places. Des troupes d'infanterie et de cavalerie, ainsi que les gendarmes et la police durent intervenir. Le Petit Parisien – 1er novembre 1909

Cinq personnes aspergées de vitriol - Un drame de la vengeance a eu lieu à Paris, 1a nuit dernière, à minuit et demi. Une journalière, âgée de trente-deux ans, Eugénie Simon, demeurant rue Notre-Dame-de-Nazareth, ayant été quittée il y a quelques mois par son ami Albert Dubois, âgé de trente-trois ans, voyageur de commerce, a attendu celui-ci au, passage, rue Grenier-Saint-Lazare. Elle tenait, dissimulée sous son manteau, une boite remplie d'acide sulfurique et, lorsque Albert Dubois fut arrivé à sa hauteur, elle en lança le contenu dans sa direction...Mais il était avec deux de ses amis, Charles Galbert, âgé de trente-sept ans, employé de commerce, demeurant, 1, rue Charlot, et Robert Tromblert, âgé de trente-trois ans, demeurant à Rueil, boulevard des Ormes. Le geste d'Eugénie Simon fut si maladroit que le liquide destiné à un seul vint atteindre les trois hommes. Mais ce ne fut pas tout. A ce moment arrivaient deux autres passants, M. Poiret, demeurant 24, rue Saint-Maur, et M. Favaudon, demeurant 5, rue des Haudriettes. Ceux ci reçurent également les éclaboussures du dangereux liquide.Quatre des cinq blessés, Albert Dubois, Galbert et les deux passants, purent regagner leur domicile après avoir reçu des soins dans une pharmacie.Seul, M. Trombler, un des amis d'Albert Dubois, grièvement brûlé à la face et sur diverses parties du corps, a dû être transporté à l'Hôtel-Dieu. La vitrioleuse est au Dépôt. Le Petit Journal – 1er novembre 1909

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31 octobre 2009

Les actualités du 31 octobre 1909

Eboulement paris

Une femme ensevelie vivante dans l'effondrement d'une rue à Montmartre

Un tragique accident et bien fait pour impressionner les Parisiens s'est produit, hier, à sept heures du soir, à Montmartre. Sans cause apparente, sans que rien semble motiver une semblable catastrophe, une partie de la rue Tourlaque — qui va de la rue Caulaincourt à la rue Damrémont — s'est effondrée. Cent cinquante mètres cubes de terre ont disparu dans une excavation qu'on ignorait et deux personnes, deux passants, un homme et une femme, qui descendaient paisiblement la rue, ont été ensevelis vivants dans l'énorme masse de terre.

L'homme, M. Michaudet, demeurant, 11, rue Carpeaux, a pu être retiré vivant du sable mouvant, mais il n'en est malheureusement pas de même pour la femme, dont on ne connaît pas encore avec certitude l'identité. Aussitôt que l'accident se fut produit, les pompiers accoururent et tentèrent les plus courageux efforts pour retrouver la disparue, mais leur travail trop hatif ne fit que provoquer un nouvel éboulement, dont un pompier faillit être victime.

A sept heures et demie du soir, l'état-major des pompiers est sur place, M. le colonel Vulquin et M. Lépine, préfet de police, dirigent en personne les travaux de sauvetage. Le trou béant est éclairé par les deux projecteurs électriques des pompiers, installés au deuxième étage de la maison qui fait, en face, le coin de la rue Damrémont. L'excavation s'allonge, effrayante, sur douze mètres, au ras de l'immeuble tout neut qui fait l'angle des rues Tourlaque et Damrémont ; les fondations de l'immeuble sont à nu ; la largeur du trou tient la moitié de la rue et tout au fond, c'est-à-dire à une dizaine de mètres, on aperçoit l'entrée d'une galerie boisée qui a dû jadis faire partie d'une carrière.

La masse énorme de terre a disparu dans le sous-sol comme coule le sable d'un sablier. Dans quel coin de cette colossale tombe se trouve la malheureuse femme disparue ? Nul ne peut le savoir, et des ingénieurs qui ont connu jadis les plans — détruits en 1870 — du sous-sol de la Butte, affirment que le trou peut avoir trente-cinq mètres de profondeur.

Le sauvetage n'a pu être organisé d'une façon pratique que vers onze heures du soir, lorsque l'on eut réussi à recruter une équipe de charpentiers de chez M. Borderel, le grand entrepreneur de charpentes de la rue Clignancourt. Un plancher fut installé, non sans peine, au-dessus du trou béant. On pouvait craindre un nouvel effondrement, qui aurait entraîné le reste de la rue et peut-être l'immeuble voisin.

La maison qui se trouve au 12 de la rue Tourlaque fut évacuée, tout au moins par les locataires demeurant sur le devant, au-dessus du précipice ; mais, dans une écurie qui se trouve au n° 12, un cheval est resté. Effrayé par le bruit qu'il entend, il frappe du sabot contre la cloison de planches ; on craint un moment qu'il ne réussisse à la démolir avant la , confection du plancher ; il tomberait sûrement dans le trou. Ce ne sera pas trop que toute la nuit pour établir le plancher et les treuils qui serviront à enlever la terre, et, au dire des gens compétents, il faudra quarante-huit heures pour retrouver la malheureuse, qui n'est peut-être pas morte. Il se pourrait, en effet, qu'elle se trouvât dans une excavation.

Il y a cinq ans le même accident, mais moins grave, s'est produit au même endroit ; deux enfants furent entraînés dans l'éboulement et l'un d'eux, le jeune Demeulle, âgé de trois ans, fils du boulanger installé au coin de la rue Tourlaque, fut retiré vivant après plusieurs heures de recherches : il était resté dans une poche formée par de grosses pierres, à un mètre à peine sous terre.

Dans la soirée, plusieurs personnes se sont présentées pour demander des renseignements sur la femme ensevelie, qu'ils supposaient être de leur famille. On croit — mais le fait n'est pas suffisamment établi — qu'il s'agit d'une dame Chevalier, habitant avec son mari au 86 bis de la rue Lepic. Elle sortit vers sept heures du soir pour faire quelques provisions dans le quartier, et n'est pas rentrée chez elle de la soirée. M. Chevalier et son petit garçon, d'une dizaine d'années, se sont tenus toute la nuit aux abords du trou, qui ne leur a pas livré son secret angoissant.

Le Figaro – 31 octobre 1909


La grève des maçons

Ouverture de la quinzaine de Paris à Port-aviation

Le concours de chiens policiers de Vincennes 

Les_chansonniers_de_Montmartre

La crue de la Seine

La traversée de Paris à la nage

Les Folies-Bergères rouvrent ce soir

EN BREF

Première représentation de Chocolat-Aviateur au Nouveau Cirque - C'est une intéressante appropriation des inventions contemporaines à l'art de divertir que M. Charles Debray vient d'offrir hier au soir à son public heureux de rire, et fidèle aux espiègleries de Footit et de Chocolat. M. Henry Moreau a imaginé en effet, un. voyage en aéroplane des deux célèbres clowns. Ce voyage commence par une leçon pleine d'imprévus et de cocasseries. Cependant, Footit et Chocolat partent tout de même, au grand désespoir des habitués du Nouveau Cirque et des délégués des théâtres de Paris ; et, tout à coup, ils se trouvent en Afrique, alors qu'ils s'imaginent avoir atteint le pôle Nord. Chocolat y retrouve, avec joie, sa famille d'origine ; mais, Footit n'y rencontre pas moins Peary et, Cook qu'il tente, en vain, de mettre d'accord,: en affirmant que lui seul revient, en vérité, des régions arctiques. Un nouvel inventeur veut aussi leur faire apprécier sa machine nouvelle, mais celle-ci se brise, et c'est la chute dans l'eau, avec la scène aquatique coutumière à cet établissement. La musique de M, Emile Bonnamv est comme toujours alerte et pimpante. M. Liesse, du Palais-Royal, et MM. Chauveau et Lecourt sont réellement joyeux, et les danseuses évoluent avec charme. La Presse – 31 octobre 1909

Diligence attaquée par des bandit — La diligence qui fait le service entre Aix et Jumes-Riez (Basses-Alpes), a été attaquée la nuit dernière. Cette malle-poste part tous les jours d'Aix à deux heures et emporte les valeurs et les chargements destinés à toute la région de Riez. Les sommes ainsi groupées sont souvent importantes. La Sûreté avait été prévenue et, pour parer à tout événement, quatre inspecteurs avaient été chargés dé convoyer la malle-poste. A six kilomètres d'Aix, soudain, une douzaine d'individus surgirent et ouvrirent un véritable feu de salve contre la voiture qui fut criblée de balles. En même temps, deux des bandits avaient bondi à la bride des chevaux et intimaient au cocher de quitter son siège. Une décharge de coups de feu fut la réponse des inspecteurs de la brigade mobile. Surpris par cette intervention inattendue, les bandits, dont deux ou trois doivent avoir été blessés, prirent la fuite et disparurent dans les champs voisins La nuit était noire, il pleuvait à verse, mais on se mit cependant à la poursuite des bandits, qui ne furent pas rejoints. Deux individus arrêtés à Marseille sont soupçonnés d'avoir organisé cette audacieuse agression. Journal des débats politiques et littéraires – 31 octobre 1909

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