Les actualités du 3 janvier 1909
Tremblement
de terre en Calabre: Messine sera recouvert par la chaux
Le charnier de Messine, où gisent des dizaines de milliers de cadavres, commence à devenir un danger national pour l'Italie; la science médicale s'inquiète: elle se demande si les émanations délétères qui se dégagent de ce vaste champ funèbre ne vont porter au loin la contagion et la mort...
Le roi et ceux de ses ministres qui se trouvent auprès de lui ont conféré sur cette situation, qui apparaît de plus en plus menaçante. Ils ont estimé qu'il fallait préserver, par des mesures héroïques, les campagnes et les villes siciliennes, sorties indemnes du cataclysme. La résolution qu'ils ont prise leur a coûté sans doute, car elle équivaut à rayer définitivement Messine de la carte du monde, et à abolir les suprêmes espérances des parents des victimes.
Lorsqu'on se sera convaincu qu'il n'y a plus de survivants à sauver et que les décombres fumants ne recèlent plus désormais que des morts, la grande cité sera ensevelie sous la chaux, et ses dernières maisons branlantes seront dynamitées. Elle aura eu le sort de ces capitales antiques sur lesquelles un vainqueur impitoyable passait la charrue. Mais c'est au nom de la civilisation et de l'humanité que cette destinée lui sera imposée. Ainsi la santé publique sera sauvegardée en Sicile et dans le monde entier, parce que les miasmes putrides ne s'envoleront point au souffle des vents.
Les touristes, qui jadis admiraient Messine étagée sur la rive de son détroit n'apercevront plus qu'un désert de pierre, où peut-être, dans l'avenir, la verdure renaîtra. Et Messine ne laissera même point, derrière elle, les vestiges des vieilles cités, mortes sous les coups des attaques barbares.
Le Petit Parisien – 3 janvier 1909
EN BREF
Le célèbre professeur Pickering découvre une nouvelle planète - On annonce de Harvard que le célèbre astronome Pickering a découvert au delà de la planète Neptune, dans la constellation des Jumeaux une planète de première grandeur. Cette découverte, qui a produit dans les milieux scientifiques une grande sensation, n'était pas cependant tout à fait inattendue. Depuis de longues années, en effet, on se doutait qu'une planète importante devait se trouver au delà de Neptune ; mais jusqu'ici rien n'avait confirmé d'une manière absolue cette hypothèse. L'importante découverte du professeur Pickering a aujourd'hui résolu cette question dans le sens de l'affirmative. Le Petit Parisien – 3 janvier 1909
A travers l'Atlantique
- La fondation d'une compagnie de navigation aérienne est
projetée à New-York. Ella serait au capital de
cinquante millions de dollars, pour établir et exploiter une
manufacture de navires aériens pour les gouvernements
étrangers.Tous ceux qui ont l'intention de souscrire estiment
que des lignes aériennes de transport seront établies
incessamment entre l'Amérique et l'Europe. Rien que cela ! Le
Figaro – 3 janvier 1909
3 membres sectionnés - Puteaux - Vers quatre heures de l'après-midi, au moment où un
train allait partir vers Paris, un voyageur voulut monter à
contre-voie. Il fut surpris par un autre convoi venant en sens
inverse, et eut les jambes ainsi que le bras droit coupés. Le
malheureux, M. Alexandre Sillon, jardinier, demeurant rue de
Courbevoie à Nanterre, a été transporté à
l'hôpital Beaujon. Pas un seul instant il n'a perdu
connaissance. Le
Petit Parisien – 3 janvier 1909
Un
rapide tamponne un train de voyageurs – 2 morts 3 blessés - Chaumont
– 2 janvier - Une grave collision s'est produite, hier soir, vers
huit heures et demie, entre les gares de Luzy et de Chaumont.
Le
train rapide de Belfort à Paris venait de s'engager dans une
courbe très prononcée lorsque soudain un choc
épouvantable se produisit : le rapide avait tamponné un
train omnibus qui le devançait de quelques minutes et réduit
en miettes les trois fourgons de queue. Cet
accident a causé la mort des gardes-freins Courtois et
Colomba, originaires de Paris, pères de famille tous deux. De
plus, trois voyageurs, MM. Mibourger et Couve, et Mme Lapvreaud, ont
été blessés.Les dégâts matériels
atteignent 200,000 fr. L'enquête
a démontré que la collision était due a un
retard du train omnibus. Celui-ci quitte Langres à 6 h. 58 et
se gare à Chaumont pour laisser passer le rapide, qui marche
derrière lui à trois quarts d'heure d'intervalle de
Langres à Chaumont. Hier, l'omnibus eut du retard, et près
de Chamarandes, fut rejoint et culbuté.

