Les actualités du 18 avril 1909
La situation en Turquie est extrêmement critique. Tous les centres importante de l'intérieur - Salonique, Andrinople, Monastir, Uskub, etc. — s'élèvent contre le coup de force réactionnaire qu'a accompli la capitale. La résistance que le comité Union et Progrès organise à Salonique devient de plus on plus importante. Les 2e et 3e corps d'armée semblent entièrement dévoués au parti jeune-turc.
Plusieurs bataillons sont déjà partis de Salonique, au milieu d'un grand enthousiasme, pour se concentrer à Tchataldja, un point stratégique important qui se trouve a 45 kilomètres a l'ouest de Constantinople. Quatre mille hommes du comité Union et Progrès s'y trouvaient hier matin et leur nombre va eu augmentant. Que fera Constantinople? Enverra-t-elle des troupes pour empêcher leur entrée dans la capitale ? Jusqu'à présent, il semble que le nouveau gouvernement cherche à parlementer et a dissuader les troupes du comité jeune-turc de poursuivre leur marche sur Constantinople.
Les nouvelles qui nous sont parvenues de Mersine, d'Adana et de Tarse, en Asie-Mineure, annoncent que le massacre des chrétiens continue. Le vice-consul d'Angleterre a le bras cassé.
Sur la demande de M. Constans, ambassadeur de France à Constantinople, notre gouvernement a décidé d'envoyer un croiseur cuirassé (le Jules-Ferry) à Alexandrie, qui est le port le plus proche de ces deux villes. Les gouvernements de Londres, de Berlin et de Rome agissent de même.
Les nouvelles reçues dans les milieux diplomatiques à Paris sont plus favorables en ce qui concerne l'attitude menaçante de la Bulgarie. On nous assure qu'un accord est intervenu entre Sofia et Constantinople au sujet des revendications bulgares et que le gouvernement du roi Ferdinand est disposé à conserver la paix.
Le Matin – 18 avril 1909
EN BREF
Une usine en feu à Mazamet - Une usine dans laquelle on exploitait les
balles de laine a été incendiée.La salle de classement du cuir et les étuves
sont complètement carbonisées ; une charrette, chargée de laine, a été en partie
brûlée. Les pertes sont évaluées à 30,000 francs. Grâce aux secours apportés par les cinq gendarmes du poste et les militaires
des usines voisines, le feu, quoique très violent, a pu être circonscrit. Une
enquête est ouverte. Une bouteille d'un litre, ayant contenu de la benzine, a
été trouvée dans un buisson, à cinq mètres du foyer. On a constaté que les
balles qui se trouvaient sur la charrette et les murs brûlés en avaient été
arrosés au préalable. Cet incendie a causé une grande émotion à Mazamet. La
Presse 18 avril 1909

