Les actualités du 16 septembre 1909
Le coureur cycliste Guignard couvre 101 kil. 623 m. dans l'heure
Le plus important des records cyclistes, celui de l'heure, a été battu hier, sur la piste de Munich, par la champion français Paul Guignard. Guignard, en effet, entraîné par le motocycliste Hoffmann, a couvert, dans les 60 minutes, la distance fantastique de 101 kilomètres 023 mètres, allure qui égale à peu près la vitesse des trains les plus rapides du monde entier, et qui, si elle était soutenue sur route, permettrait au champion de se rendre de Paris à Dijon, par exemple, en moins de 3 heures, de Paris à Bruxelles, en moins de 4 heures.
Guignard a également battu tous les records intermédiaires. Voici, de 10 en 10 kilomètres, quels sont ses temps :
10 kilomètres en 6 minutes 17 secondes
20 - 12 - 8 -
30 - 17 - 57 -
40 - 23 - 46 -
50 - 29 - 36 -
60 - 35 - 25 -
70 - 41 - 18 -
80 - 47 - 13 -
90 - 53 - 7 -
100 - 59 - 1 -
Le recordman comme on le voit par ce tableau, a marché avec une régularité parfaite, accomplissant toutes les fractions de 10 kilomètres en des temps variant de quelques secondes à peine. A titre documentaire, notons que les principaux recordmen précédents furent : Doods (25 kil. 508 m. en 1876) : Dubois (39 kil. 707, en 1892) ; Tom Linton (50 kil. 420. en 1896); Baugé (64 kil. 500, en 1900) ; Contenet. (78 kil. 360, en 1903); Darragon (87 kil 859, en 1904) ; Wills (99 kil 057, en 1908).
Le Petit Parisien – 16 septembre 1909
EN BREF
A Marseille, la chasse au tigre continue - La chasse à la tigresse
prend des proportions véritablement épiques. Toute la nuit les gendarmes sont
restés l'arme au poing, juchés sur le mur crénelé du phare, pendant que les
intrépides chasseurs, croisant à distance dans des bar-ques, autour de la jetée,
tiraient à chaque instant des feux de salve sur des ombres qu'ils se figuraient
être le dangereux animal. Vers deux heures du matin, le dompteur anglais
Henricksen, qui a la spécialité des tigres et en montre neuf dans un cirque de
la ville, est venu faire ses offres de service. Avec deux aides, armés de
fourches, de piques et d'un grand filet de rétiaire, il a fouillé les
anfractuosités des rochers, mais sans résultats. Ce matin seulement, alors qu'on
continuait à brûler de la paille devant tous les trous pour déloger la tigresse,
elle a tout à coup bondi d'une cavité où elle était tapie. Une fusillade
terrible a accueilli son apparition; mais si plusieurs des chasseurs l'ont
atteinte, comme ils l'affirment, elle n'a pas du être dangereusement blessée,
car, après une poursuite de quelques minutes, elle a de nouveau disparu dans un
autre trou. Depuis, on n'a plus eu de ses nouvelles. On avait jeté aux environs
de son refuge des morceaux de viande empoisonnée avec de la strychnine, dans
l'espoir que, poussée par la faim, elle viendrait la manger. Le seul résultat
qu'on ait obtenu jusqu'à présent est la mort de deux superbes chiens de chasse
qui accompagnaient les agents de l'autorité. Henricksen, qui croit l'animal
sérieusement blessé, car il a relevé des traces de sang, a obtenu l'autorisation
de faire agrandir l'ouverture de la nouvelle excavation dans laquelle la
tigresse s'est réfugiée. Les employés de la ménagerie s'occupent de ce travail.
Le dompteur compte, une fois le passage fait, aller achever le fauve. Le
Figaro – 16 septembre 1909
Isadora Duncan et Nijinsky dansent à Venise - Dans les salles merveilleuses du Palazo Balbi où elle s'est récemment installée, Isadora Duncan vient d'offrir à une élite d'amateurs une ravissante soirée de danses. Ce fut un spectacle féerique de voir, sur d'antiques tapis orientaux, 1'éminente ballerine interpréter, avec M. Nijinsky, que les Parisiens applaudirent au printemps dernier, au Châtelet, une esquisse chorégraphique inédite Orphée aux Champs-Elysées. Les deux artistes improvisèrent ensuite, sous les yeux charmés des invités, toute une série de danses de la plus poétique fantaisie. Le Figaro – 16 septembre 1909

