Les actualités du 4 octobre 1909
La Coupe Internationale des ballons se déroule à Zurich devant 200 000 personnes
Zurich, 3 octobre — La Coupe internationale des ballons se disputait cet après-midi à Zurich. On sait que dans ce concours chaque nation affiliée à la Fédération aéronautique peut se faire représenter par trois pilotes. Elle a le droit strict de n'engager que deux représentants ou bien même qu'un seul aéronaute. Elle peut même s'abstenir.
C'est par cette course que des exploits remarquables furent obtenus : il y a trois ans, lorsque les ballons partirent de Berlin et franchirent la Manche ; en 1907, lorsque Leblanc et Erbsloh se livrèrent, aux Etats-Unis, à un match mémorable qui se termina par la victoire du pilote allemand ; l'année dernière, lorsque le colonel Schaeck, vainqueur de l'épreuve, alla de Berlin en Norvège franchissant la mer du Nord et passant cinquante heures dans sa nacelle.
L'Aéro-Club suisse ayant bénéficié de la charge de l'organisation, choisit Zurich pour point de départ. Ma foi ! il a eu l'idée heureuse et le succès qu'il avait espéré a dépassé même ses espérances. Il y avait certainement cet après-midi deux cent, mille spectateurs éparpillés sur les collines de la banlieue de Zurich, disséminés dans les prés des alentours, massés dans les enceintes réservées : une foule qui avait envahi les trains, réquisitionné, les voitures et les autos, et qui même, lassée d'attendre à la gare, déambulait sur la route.
Le premier départ devait se faire exactement à trois heures. Il était près de quatre heures lorsque le premier ballon, Albatros, piloté par l'aéronaute italien Piacenza, s'éleva lentement dans les airs au son de la musique. De Brouckère part ensuite sur le sphérique belge Utopie ; puis Alfred Leblanc, que seconde Delebecque, s'en va tout doucement avec son Ile-de-France; Leblanc, étonnant voyageur que l'on voit partout, hier à Berlin, repart encore, mais cette fois sans savoir où il va. Puis le Dusseldorf, emportant le capitaine allemand Abercron ; l'Américain, seul représentant de l'Amérique, dont la nacelle emporte M. Nix; la Planète, pilotée par l'aéronaute anglais Mac Clean ; l'Austria, avec le docteur autrichien Selnein ; Cognac, de M. de Beauclair, s'élève avec un léger retard ; mais comme il est Suisse, on ne peut trop rien dire. Cela forme la première série des nations engagées, L'Espagne seule ne s'est pas présentée.
Successivement s'élèvent : pour la Belgique, Ville-de-Bruxelles, piloté par Geerts ; Henriette, par M. Vlemink ; pour la France, Condor, avec M. Emile Dubonnet, et Picardie, avec M. Maurice Bienaimé, pour l'Allemagne, Berlin, avec le docteur Brockelmann, et Busley, piloté par M Meckel, ces deux pilotes ayant la fâcheuse manie de laisser traîner le guide-rope de leur ballon sur les spectateurs et de jeter du lest sur leurs têtes ; pour l'Italie, Zixa, piloté par le capitaine Frassinetti ; enfin, pour la Suisse, Azurea piloté par le lieutenant Messner, et Helvétia, piloté par le gagnant de la coupe de 1908, le colonel Schaeck à qui la foule fait une folle ovation. (...)
Le Matin – 4 octobre 1909
Vol inaugural pour le Club aéronautique féminin Stella |
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Pluie de ballons |
EN BREF
La course de cote de Gaillon - La course de côte de Gaillon a été disputée, hier, pour la onzième fois. Elle devait être courue le matin mais, en raison du mauvais temps, on dut attendre jusqu'à une heure de l'après-midi pour donner le premier départ. De ce meeting, il faut retenir surtout l'admirable performance de la voiturette Lion-Peugeot, qui, pilotée par Guippone, a escaladé la côte à une allure de 80 kilomètres à l'heure. Le Petit Journal – 4 octobre 1909
Les Tchèques ont battu les champions de Paris après une partie qui ne fut pas aussi passionnante qu'on l'espérait. La pluie qui ne cessa pas de tomber en fut la cause. A la mi-temps, l'équipe nationale tchèque avait marqué trois buts et le Cercle athlétique de Paris deux. En fin de compte, les Tchèques gagnèrent par quatre buts à deux. Le Matin – 4 octobre 1909
Horrible mort — Hier soir, à Massat (Ariège), la lumière électrique
s'étant subitement éteinte, Mme Lazes, femme d'un électricien, se rendit à
l'usine d'électricité pour se rendre compte de la cause de cette extinction. A
peine entrée, dans l'usine, elle recula : le corps de son mari en lambeaux était
suspendu à l'arbre de la turbine. Le malheureux avait été saisi et broyé par un
engrenage, et les débris de son corps avaient provoque l'arrêt de la machine.
Le Temps – 3 octobre 1909

