Les actualités du 12 novembre 1909
Drame à Montmartre: un jeune homme se tue devant sa maitresse
Fils d'un riche négociant de la rue de Saint-Pétersbourg, Henri Maus fréquentait assidûment les établissements montmartrois où il menait la vie joyeuse. Il avait vingt ans à peine, et déclarait à qui voulait l'entendre, qu'il comptait s'amuser autant que possible avant de partir au régiment.
Il y a une quinzaine de jours le jeune homme s'éprit éperdument d'une danseuse, pensionnaire d'un restaurant de nuit de la place Pigalle, Mlle Julie J... La jolie fille devint sa maîtresse et consentit à s'installer, avec lui, dans un petit appartement meublé, 17, rue de Navarin. L'amour ne changea en rien les habitudes de M. Henri Maus. S'il adorait sa maîtresse cela ne l'empêchait pas de passer la majeure partie de ses nuits à boire et à jouer. Lorsque, à l'aube, il rejoignait sa compagne, il était invariablement en état d'ébriété.
La danseuse se lassa d'une telle fréquentation et menaça son amant de le quitter. Il promit d'être plus sobre à l'avenir et obtint son pardon. Cependant, les parents du jeune homme avaient appris sa liaison. Ils en furent fort contrariés et l'engagèrent à rompre, le prévenant que, s'il s'y refusait, ils lui couperaient les vivres, M. Henri Maus, désespéré, résolut de se suicider et, avant hier, acheta un revolver.
Le soir, vers onze heures, il se présenta rue de Navarin. Il était dans un tel état d'ivresse qu'un de ses amis avait dû l'accompagner. A sa vue, Mlle J... voulut partir. Je t'avais prévenu, lui dit-elle, en se dirigeant vers la porte. Tu persistes à boire !... Eh bien je te quitte. M. Henri Maus balbutia quelques mots, puis, sortant son revolver de sa poche et il se fit sauter la cervelle. Son corps s'allongea aux pieds de la danseuse ; la mort avait été instantanée. M. Dupponois, commissaire du quartier Saint-Georges, a procédé aux constatations.
Le Petit Parisien – 12 novembre 1909
EN BREF
Un dépôt de dynamite a sauté tuant plus de quarante personnes - Buenos-Aires, 11 Novembre. Une terrible explosion s'est produite près de la ville d'Oruro. Par une cause qu'on ignore encore, un dépôt de dynamite a sauté. Au moment où la détonation se fit entendre, le sol fut tellement ébranlé que la population, croyant à un nouveau tremblement de terre, s'est précipitée dans les rues. Dans un périmètre de sept kilomètres à l'entour, tous les bâtiments ont croulé. Le premier moment de terreur passé on organisa le sauvetage. On a retiré jusqu'ici des décombres quarante cadavres et l'on croit que d'autres victimes s'y trouvent encore ensevelies. La dynamite qui a fait explosion était destinée aux travaux des carrières. Le Petit Journal – 12 novembre 1909
Une séance macabre d'hypnotisme - Paris, 11 novembre - Un "professeur d'hypnotisme" ambulant, Arthur Everston, a été arrêté et va être poursuivi pour meurtre devant les tribunaux de New-York dans des circonstances curieuses. Dans une séance publique à Somerville (New-Jersey), il endormait avant hier, du sommeil hypnotique, un nommé Simpson, individu anémique, plaçait le sujet la tête sur une chaise, les pieds sur une autre, puis sautait et dansait sur le corps, pour démontrer la rigidité et l'insensibilité créées par l'état d'hypnose. Mais quand il voulut réveiller l'homme, celui-ci roula à terre comme une masse. Ce fut parmi les spectateurs un éclat de rire, qui cessa bientôt lorsqu'un médecin présent déclara que Simpson était mort. Pendant des heures, l'hypnotiseur, affirmant que son sujet était en catalepsie, fit des efforts inouïs avec plusieurs médecins pour ramener l'homme à la vie. Ce fut en vain. Everston a été arrêté, l'autopsie v être faite, et l'hypnotiseur a adopté un système de défense d'après lequel ce sont les médecins qui pratiqueront l'autopsie qui seront les vrais meurtriers de Simpson. L'Ouest-Eclair – 12 novembre 1909
Deux trains se tamponnent - un mort, un blessé - Béthune, 11 novembre
- Deux trains de charbon se sont tamponnés ce matin sur la ligne du chemin de
fer de la compagnie des mines de Nœux à Hersin-Coupigny. Mlle Augustine Octor,
cinquante-trois ans directrice d'école libre à Hersin, et M François Carez Chef
porion à Barlin, étaient montes dans un fourgon, voyant qu'un accident allait se
produire, sautèrent à terre. Mlle Octor fut tuée et M. François Carez blessé
grièvement aux pieds. Le Petit Parisien – 12 novembre 1909
