Les actualités du 15 novembre 1909
Les vétérans au monument de la Défense à Courbevoie
Suivant la coutume, la Société des Vétérans des armées de terre et de mer, a accompli, hier, à l'issue de son Congrès, son pèlerinage annuel au monument de la Défense au rond-point de Courbevoie. A neuf heures et demie, toutes les délégations de Vétérans de France, ayant à leur tête M. Sansboeuf, se sont réunies à la porte Maillot, à Neuilly-sur-Seine, où elles ont été reçues par la municipalité et par M. Nortier, maire de Neuilly. Quelques instants après arrivait le général Dalstein, gouverneur militaire de Paris, accompagné de son officier d'ordonnance, le capitaine Bucant.
Après la Marseillaise, Jouée par les musiques des 101e et 119° de ligne, le général Dalstein, en grand uniforme, accompagné d'un brillant état-major, a passé en revue les différentes sections rangées, drapeaux déployés, sur l'avenue de Neuilly. La revue terminée, le gouverneur militaire de Paris, entouré des officiers légionnaires et dee anciens combattants, vient se placer au centre des sections, puis prononce une allocution patriotique, au cours de laquelle il félicite chaleureusement la Société des Vétérans des résultats obtenue et de l'esprit de discipline qui l'anime.
Le général remet ensuite, au nom du ministre du Commerce, les distinctions suivantes : Médaille d'argent de la Mutualité : M. Lalis, président de la section d'Issy-les-Moulineaux, Médaille de bronze : M. Jules Vitot. (...) La remise de ces distinctions terminées, les vétérans au nombre de deux mille environ se sont reformés en colonne puis, au son des musiques ont défilé, sous les yeux d'un public enthousiaste, devant le général Dalstein. Après le défilé toutes les sections se sont dirigées, par l'avenue de Neuilly, vers le rond-point de la Défense.
En arrivant au pont de Neuilly, les vétérans ont été salués par les maires de Puteaux et de Courbevoie et par les municipalités, puis ils ont gagné le monument de La Défense où ils ont, aux accents de la Marseillaise déposé une superbe palme. M. Sansboeuf a prononcé une vibrante et patriotique allocution fréquemment interrompue par les applaudissements de toute l'assistance.
Tous les vétérans écoutent avec une émotion contenue les orateurs ; leurs paroles évoquent à l'esprit de ces vieux braves des heures de gloire et de dangers. Le poète Grandmougin a dit à son tour une ode aux vétérans, dont les strophes suivantes ont été chaleureusement accueillies :
Oui nous avons gardé cet immortel espoir
Que demain doit répondre à la gloire passée
Et que notre splendeur, un moment éclipsée
N'est pas un astre éteint dans le déclin du soir !
Si nous pensons ainsi, c'est qu'en des heures noires
Nous avons vu de près ce que vaut le pays :
C'est que, même vaincus, épuisés et trahis
Nous rêvions, obstinés, de prochaines victoires !
Les discours terminés, les vétérans ont défilé devant le monument puis se sont dirigés individuellement au Salon des Familles à Saint-Mandé ou un banquet devait les réunir
Le Petit Journal – 15 novembre 1909
400 mineurs ensevelis dans un charbonnage - New-York, 14 novembre. Une
effroyable catastrophe minière s'est produite hier dans une mine appartenant à
la compagnie Saint-Paul, à Cherry, dans l'Etat d'Illinois ; le nombre des
mineurs qui ont péri ou qui sont en danger de mort est estimé à 400 environ. Le
désastre est dû à l'inflammation d'un tas de foin emmagasiné près des étables
dans une des galeries de la houillère. Rapidement le feu se communiqua au
boisage et coupa ainsi la retraite aux mineurs qui se trouvaient au travail.
L'équipe de jour se composait de 484 hommes. 50 d'entre eux étaient remontés à
midi. 30 qui se trouvaient près du puits principal purent se sauver. Sur les 404
autres, 200 environ ont pu, dit-on, se réfugier dans des galeries très
éloignées, mais on ne conserve que peu d'espoir d'arriver jusqu'à eux. Les
autres sont considérés comme morts. Dès qu'on eut connaissance du sinistre, des
équipes de sauveteurs descendirent dans la mine, mais les difficultés qu'ils
rencontrèrent furent telles qu'au bout de cinq heures, ils n'avaient retiré que
12 cadavres. Lorsque la dernière cage remonta on s'aperçut que quatre des
sauveteurs avaient été asphyxiés dans la cage même par des gaz délétères. On
interrompit donc le sauvetage devenu trop dangereux, l'incendie prenant des
proportions énormes. Les directeurs prirent alors une résolution extrême : ne
pouvant noyer la mine, ils firent boucher l'orifice du puits principal et
remirent à demain toute nouvelle tentative de sauvetage. On craint de ne plus
trouver que des cadavres. La plupart des mineurs sont Autrichiens et Italiens.
Le Petit Parisien – 15 novembre 1909
Une tribune s'effondre: trente-cinq blessés - Valence, 14 novembre - Un très grave accident s'est produit cet après-midi pendant les fêtes du couronnement du poète Théodore Lhorente. Une foule considérable assistait à la cérémonie et applaudissait la musique et les chœurs qui prêtaient leur concours. Les musiciens et les chanteurs avaient pris place sur une tribune spéciale ; mais soudain, au milieu des chants, un craquement se fit entendre et la tribune s'effondrait entraînant les exécutants. La panique fut vive dans la foule, mais bientôt on organisa les secours. De nombreux musiciens purent sortir des décombres et aider leurs camarades à se sauver. La police accourut. Mais il y a eu un certain nombre de blessés, trente cinq environ, qu'on dut transporter dans une pharmacie où les premiers soins leur ont été donnés avant que d'être conduits à leur domicile. Les blessures ne sont, heureusement, pas graves. Le Petit Parisien – 15 novembre 1909
Un dirigeable mystérieux - Florence, 14 Novembre - M. Romanelli,
professeur de sculpture, traversait, vers les 2 heures du matin, la place
Victor-Emmanuel, aperçut à la hauteur de 500 mètres un ballon dirigeable
illuminé, qui, avec une précision et une sûreté remarquables, faisait toutes
sortes d'évolutions. M. Romanelli en avisa plusieurs journalistes qui se
trouvaient dans un café tout proche, et, tous, ensemble, purent suivre les
mouvementé du ballon. Le mystérieux dirigeable projetait de temps en temps un
rayon de lumière et avait l'air de fouiller le terrain. Il prit ensuite son vol
vers la direction de Pise et disparut à l'horizon au bout de quelques minutes.
Les autorités militaires, auxquelles on a demandé des renseignements, ont
déclaré qu'elles ignoraient d'où venait le mystérieux dirigeable. Le Petit
Journal – 15 novembre 1909
