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4 avril 2010

Les actualités du 4 avril 1910

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Au meeting d'aviation de Cannes, Popoff réussit la croisière Cannes-Iles de Lerins

Cannes aviation

Cannes, 3 avril. Après deux jours de mauvais temps, nous avons enfin eu un bel après-midi. Aussi les aviateurs en ont-ils profité pour nous faire applaudir de sensationnelles envolées. A partir de deux heures, ce fut, au-dessus de l'aérodrome, un tournoiement ininterrompu de monoplans et de biplans. Mais ce ne furent là qu'exploits insignifiants. Tout l'attrait de la journée résidait dans les vols qui, affirmait-on, allaient être entrepris pour la croisière aux îles de Lérins, voyage sensationnel de 18 kilomètres 800 au-dessus des Ilots.

Aucun aviateur, cependant, ne semblait vouloir prendre le départ. Il est vrai que la mort de Le Blon, annoncée dans la matinée avait été vivement commentée au quartier des aviateurs, et leur avait fait perdre beaucoup de leur assurance. Edmond avait bien fait un vol d'essai et était décidé à partir : mais il renonça à son projet ; Mulon, également, peu confiant dans son moteur, qui avait des fantaisies, ne voulut point risquer l'aventure.

La foule était à ce moment très compacte à l'aérodrome ; mais la population était surtout massée le long du boulevard Jean-Hibert, jusqu'à la Bocca, et sur la promenade de la Croisette : les deux jetées étaient noires de monde. De nombreuses barques, canots automobiles, yachts, sillonnaient la rade : les trois torpilleurs envoyés pour suivre les aviateurs croisaient dans le golfe de la Napoule. Toute cette foule, qui attendait avec impatience, allait-elle être victime d'une déconvenue ?

Non. car le Russe Popoff, qui, depuis trois jours seulement, était pourvu de son brevet de pilote, voulait commencer sa carrière d'aviateur par un coup d'éclat. J'irai aux iles de Lérins, ou bien je me tuerai ! avait-il déclaré dans la matinée à un groupe d'amis. Et avec un calme admirable; il fait ses préparatifs. Il s'élève quelques instants plus tard, et, à 5 h. 45, il franchit la ligne de départ. Il était temps, car, d'après les règlements, le départ ne pouvait avoir lieu après six heures.

Il s'élève a une centaine de mètres de hauteur et pique immédiatement vers l'île Sainte-Marguerite. Bientôt l'on ne distingue plus qu'un petit point à l'horizon. L'anxiété des spectateurs est indescriptible ; les secondes paraissent de longues heures. Réussira-t-il une entreprise aussi hardie pour un débutant? Mais presque aussitôt le petit point noir, disparu il v a quelques instants, réapparaît. Popoff revient ; on le distingue bientôt parfaitement. Il monte à une très grande hauteur. De toutes parts s'élèvent des cris enthousiastes : Vive Popoff !. Les mouchoirs, les chapeaux s'agitent ; les bravos crépitent. Popoff coupe la ligne d'arrivée à une hauteur de 150 mètres, il fait un tour et vient atterrir juste en face des tribunes. Il a mis exactement 18 minutes 20 secondes pour faire; le pacours.

La fanfare des chasseurs alpins joue l'hymne russe. La foule se précipite sur la piste, acclamant Popoff en criant : Vive Popoff ! Vive la Russie ! Bravo ! Bravo ! Il descend de son appareil avec son calme habituel. Ses premières paroles sont des remerciements à Bablot qui a rnis son moteur au point. Chacun tend la main au sympathique aviateur qui ne paraît nullement ému de l'exploit qu'il vient d'accomplir.

M. François Arago, députe de Cannes, va vers le gagnant de la croisière et, lui donnant l'accolade, s'écrie, visiblement ému : Bravo ! Popoff ! Un Français aurait certes pu accomplir cet exploit. Je suis heureux et fier que ce soit un Russe qui l'ait réussi. Vive la Russie ! La grande-duchesse de Mecklembourg-Schwerin et le grand-duc Serge félicitent a leur tour chaleureusement l'aviateur qui est porté en triomphe vers son hangar.

Le Petit Parisien – 4 avril 1910


EN BREF

La neige dans le midi - Narbonne, 3 Avril - La neige a commencé à tomber vendredi, à quatre heures et ne s'est arrêtée que hier matin, elle a recouvert le sol d'une couche d'environ 40 centimètres d'épaisseur. Au plus fort de la tourmente, à minuit 20, un train de marchandises stationné à l'entrée de la gare de Narbonne, a été tamponné par le train de voyageurs 118, arrivant de Cette. Six wagons du premier train ont été brisés, mais il n'y a pas eu d'accident de personnes. Quelques instants après, en gare de Coursan, une machine haut-le-pied tamponnait la queue du rapide 106, venant de Marseille. Cinq voyageurs ont été blessés, dont un Allemand qui a une fracture à la jambe. A partir de ce moment, la circulation des trains a dû être suspendue dans toutes les directions : elle a été reprise vers onze heures du matin, la pluie ayant succédé à la neige ; mais les trains arrivent ou partent avec de gros retards.D'autre part, la neige ayant provoqué la rupture de nombreux fils téléphoniques et télégraphiques, la ville de Narbonne se trouve privée de communications. De nombreuses équipes sont occupées aux réparations. Le Petit Journal – 4 avril 1910

Mort en sauvant un chiot — M. Eugène Bouché, garde champêtre à Saint-Germain-en-Laye, était prié hier par un de ses voisins, M. Evrard, de l'aider à retirer d'un puits, dans lequel il venait de tomber en jouant, un jeune chien. Se rendant au désir du propriétaire de la bête, M. Bouché n'hésita pas à descendre dans le puits, sauva le chien et se fit remonter ; mais au moment d'enjamber la margelle, il commit l'imprudence de lâcher la chaîne qui le maintenait et il retomba dans le vide, se fracassant le crâne. Eugène Bouché laisse une jeune veuve dont le désespoir est navrant. Le Temps – 4 avril 1910

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