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11 juillet 2010

Les actualités du 11 juilet 1910

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Dernière journée triomphale au meeting de Reims

Morane

Quelle journée merveilleuse nous avons vécu ! Le temps était favorable : ciel un peu couvert, point de vent. Une foule respectable emplissait les enceintes du pesage et de la pelouse. Et les hommes-oiseaux rivalisaient d'entrain. De Très bonne heure, les hangars s'ouvrent, les appareils sortent. Avant que sonne l'heure officielle, Lindpaintner, Bielovucic, Sanchez-Besa et Delestang exécutent quelques essais. Huit a dix autres aviateurs suivent bientôt cet exemple. Lorsque le canon tonne, une douzaine d'aéroplanes sont en piste. 

Aussitôt se disputent les deuxièmes demi-finales du prix de vitesse, sur 20 kilomètres. Morane, sur monoplan Blériot, moteur Gnome 100 chevaux, hélice "Intégrale" Chauvière, fortes toiles Continental, file à une allure absolument fantastique ; il couvre les 20 kilomètres en 12' 49" 3/5 et bat ainsi de loin le record du monde qu'il avait conquis hier. Les autres pilotes qualifiés pour cette épreuve marchent bon train. La finale du prix ce vitesse donne le classement que voici : 1. Morane, sur monoplan Blériot, moteur Gnome, hélice "Intégrale" Chauvière, fortes toiles Continental, les 20 kil. en 12' 45" 3/5 (il battit donc à nouveau son record) ; 2. Leblanc, sur même appareil, les 20 kil. En 12' 55" 4/5 ; 3. Olieslaegers, sur monoplan Blériot. moteur Gnome, hélice "Intégrale" Chauvière, les 20 kil. En 13' 15".

Sitôt close cette épreuve, et tandis que, piloté par M. Jacques Faure, le ballon sphérique La Champagne s'élève au-dessus de Reim et s'éloigne dans la direction d'Epernay, la ronde commence pour le prix de totalisation des distances. Les vols sont trop nombreux pour être tous énumérés. Il nous suffira de signaler les plus remarquables : Lieutenant Camermann, 55 kil. en 1 h. 3' 9" ; Marcel Hanriot, sur monoplan Hanriot, 50 kil. en 45'36" 4/5 ; Weymann, sur biplan muni d'un moteur Gnome et d'une hélice "Intégrale" Chauvière, 75 kil. en 1 h. 11 21" 2/5 ; Thomas, sur monoplan Antoinette, 90 kil. en 1 h. 18' 22" 3/5; Labouchère, sur même appareil, 100 kil. en 1 h. 21' 18" ; Fischer, 175 kil. en 2h. 26' 44".

A 3 heures 20, un léger accident : Bathiat capote au cours d'un vol plané. Il se relève sain et sauf. Sans tapage, Olieslaegers est parti dans l'intention de battre le record de distance et de durée qu'il s'était acquis avant-hier et que Labouchère lui ravissait hier au soir. Il marche à bonne allure, très régulièrement, et tout permet de prévoir qu'il réussira. De fait, il couvre 150 kil, dans les deux heures, 237 kil. 750 dans les trois heures, et continue de plus belle.

Entre lemps, le capitaine Madiot et le lieutenant Basset concourent pour le prix des cerfs-volants montés. Le premier prix revient au lieutenant Basset : il est resté suspendu dans sa nacelle pendant 42' 43" et s'est élevé, jusqu'à 110 m. Le capitaine Madiot a bien atteint 180 m. , mais son voyage n'a duré que 37' 37". Le second prix lui est attribué.

A six heures, M. Surcouf, commissaire sportif, donne le départ pour le prix Michel Ephrussi. Cette épreuve comporte un cross-country de 22 kil. par-dessus Vitry-les-Reims, Bazaneourt et Fresne. Les concurrents partent en quatre séries : la première comprend Lindpaintner, Marcel Hanriot et Wagner ; la seconde Aubrun, qui emmène un passager, Latham et Morane ; la troisième Nieuport, Leblanc et de Pischof ; la quatrième Weymann. M. Michel Ephrussi donne lui-même le départ de la première série. L'envolée est superbe. Vingt minutes à peine s'écoulent, et tour à tour les concurrents coupent la ligne d'arrivée. Les commissaires communiquent en fin de compte le classement que voici : 1er: Leblanc, sur monoplan Blériot, moteur Gnôme, hélice "Intégrale" Chauvière, fortes toiles Continental : 17' 14" 1/5 ; 2e, Wagner, sur monoplan Hanriot : 20" 57' 4/5 ; 3e, Nieuport, sur monoplan muni de fortes toiles Continental : 23' 22' 3/5 ; 4e de Pischof : 24' 43" 3/5 ; 5e, Lindpaintner, sur biplan muni d'un moteur Gnome : 25' 51" 1/5 ; 6, Hanriot, sur monoplan Hanriot, hélice "Intégrale" Chauvière, fortes toiles Continental : 26' 55" ; 7e, Aubrun ; 29' 34" 1/5.

Ce classement vient d'être connu lorsque le lieutenant Féquant et le lieutenant Camermann partent pour le camp de Châlons par la voie aérienne. Cependant que se déroulaient ces diverses épreuves, le prix de la hauteur était disputé. Atteignaient la plus grande altitude : Chavez, sur biplan muni d'un moteur Gnome et d'une hélice "Intégrale" Chauvière : 1,150 m. ; de Baeder, sur biplan muni d'une hélice "Intégrale" Chauvière : 462 m. ; Cattaneo, sur monoplan Blériot, moteur Gnôme, fortes toiles Continental : 410 m.

Et Olieslaegers tournait toujours. Il atteint enfin les 340 kil. effectués hier soir par Labouchère. Le record mondial de distance et de durée est une fois de plus battu. Mais Olieslaegers ne s'arrête pas ; inlassable, il continue d'ajouter les kilomètres aux kilomètres. Il boucle le 350e après un vol de 4 h. 24' 23" 3/5. De temps à autre des nouvelles de Mme Delaroche parviennent au champ d'aviation. Elles sont aussi bonnes que possible. La blessée passa la nuit de manière calme et le dernier bulletin communiqué porte : Etat général satisfaisant. La guérison n'est plus qu'une question de temps, sauf complications imprévues.

Peu de minutes après sept heures, Olieslaegers s'arrête enfin. Il a couvert sur son monoplan Blériot, moteur Gnôme, hélice "Intégrale" Chauvière. 392 kil. 750 en 5 h. 3' 5" 1/5. A sa descente de machine, un télégramme lui est remis. Ce télégramme lui est adressé par S. M. Albert 1er, roi des Belges, qui le félicite pour ses admirables performances. De fait, on ne pouvait souhaiter prouesse plus belle que ce record comme clôture d'un meeting qui vit de si grandes choses. Terriblement dure sera la tâche de ceux qui voudront faire mieux ; du moins pour l'instant, car après les difficultés vaincues et les victoires remportées durant ces huit jours mémorables, s'il est une conclusion qui s'impose, certes, la voici : l'avenir s'ouvre plus large que jamais à l'aviation.

Le Gaulois – 11 juillet 1910


EN BREF

Friol gagne le Grand Prix cycliste de Paris - L'Union Vélocipédique de France a fait disputer, hier, à la piste municipale, au bois de Vincennes, le Grand Prix Cycliste de Paris, qui a été remporté par Emile Frio, battant dans la finale Rutt et Schilling. Ainsi, un Français remporte ce titre envié. Emile Friol s'est fait connaître en 1904 en remportant le titre de champion de France de vitesse sur Piond et Poulain. L'année suivante, Friol brille peu, mais, en 1906, il gagne une seconde fois le Championnat de France, se classe troisième dans le Grand Prix de Paris et remporte le Championnat du Monde. En 1907, c'est la grande gloire sportive pour Friol, qui réussit le, triple évent en gagnant le Championnat de France devant Poulain et Delage ; le Grand Prix de Paris sur Dupré et Delage et le Championnat du Monde sur Mayer et Rutt. Jacquelin seul, en 1900, avait, avant Friol, réussi cet exploit. En 1908, année terne, Friol est battu dans le Championnat de France, ne court pas le Grand Prix de Paris et ce n'est qu'en fin de saison qu'il remporte le Grand Prix de la République sur Paulhan et Delage. En 1909. nouvelle victoire de Friol dans le Grand Prix de Paris devant Rutt et Dupré. Enfin, cette année, avant son nouveau succès dans cette grande épreuve, Friol avait encore repris son titre de champion de France. Sur les pistes aux longues lignes droites, Friol est particulièrement redoutable grâce à sa pointe finale terriblement vite. Le Petit Journal – 11 juillet 1910

La Reine du travail de Douai – Douai - Les fêtes du couronnement de la reine du travail ont commencé hier soir, au théâtre municipal, où s'est fait le couronnement officiel. Cette cérémonie s'est déroulée au milieu des applaudissements d'une foule nombreuse. Les sociétés chorales ou musicales, ainsi qu'un groupe de dames de la ville, prêtaient leur concours. A l'issue de la cérémonie du couronnement, un cortège aux flambeaux a parcouru les principales rues de la ville de Douai. Dans ce cortège, figuraient la musique des pompiers et la société de gymnastique municipale.Les fêtes se sont continuées, aujourd'hui, par une grande marche du cortège, comprenant de nombreux chars. Tous ces chars avaient été mis sur pied par l'Union commerciale de Douai ; les peintres, les brasseurs, les métallurgistes et les usines textiles rivalisaient de bon goût. Le char de la Reine du Travail et des demoiselles d'honneur avait été construit par la ville. Une foule nombreuse, évaluée à plus de vingt mille personnes, se pressait sur tout le parcours. Les compagnies minières de l'Escarpelle et d'Aniche avaient envoyé des groupes d'ouvriers en tenue de travail ; de plus, les artilleurs de la garnison prêtaient leur concours. Le Petit Journal – 11 juillet 1910


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