Les actualités du 12 juilet 1910
Lapize gagne la cinquième étape du Tour de France
Lyon, 11 juillet - Les Lyonnais sont sportifs, ils ne sont pas couchés pour assister, ce matin, au départ du Tour de France. Le temps s'annonce superbe ; par conséquent la course sera menée rondement. A deux heures, le contrôle est levé, organisateurs et concurrents se rendent en cortège sur la route de Crépieu où, après un appel en règle, le départ est donné à trois heures a soixante-dix-sept coureurs. Une seule abstention à vous signaler : celle de Charpiot qui fut victime d'une guigne terrible depuis le: début de l'épreuve.
Nantua, 92 kil. — Dès le départ le lot emmené par Trousselier et Faber s'en fut à vive allure. Vers le quinzième kilomètre une chute occasionnée par un pédard vint jeter la perturbation dans le groupe resté encore compact, de tous les concurrents. Trousselier fut alors lâché ; un peu plus loin, les italiens Bordini et Albini, étaient victimes de crevaisons. Emmené par Lapize, le peloton de tête, conrprenant une quarantaine de coureurs, arrivait à Ambérieu (47 kil; de Lyon, à 264 kil. de Grenoble), à 4 h. 26, Trousselier passe six minutes plus tard.
Nous rejoignons dans la côte du Cerdon, Dortignacq, Ménager et Azzini, puis Léonard, Godivier, précédés eux-mêmes de quelques mètres par Garrigou, François Faber et Ernest Paul, et, enfin, deux cents mètres plus loin, le peloton de tête, emmené par Petit-Breton. Faber et Garrigou ont donc été lâchés. Le. train est excessivement vif et les leaders, arrivent à Nantua (92 kil de Lyon, 219 de Grenoble), à six heures. Sont encore ensemble : Lapize, Vanhouwaert, Petit-Breton, Cruppelandt, Emile Georget, Maitron, Bettini et Blaise. Trois minutes plus tard apparaissent François Faber, Lafourcade, Léonard, Garrigou, Bouillet, L. Azzini, Ménager, Dumont, Godivier, Ernest Azzini. et Dortignacq.
Chancy, 11 juillet —Des cotes, des descentes rapides, une route en excellent état, voilà ce qu'est en, résumé la description du parcours depuis Nantua. Petit-Breton est merveilleux, Georget a marché admirablement et Vanhouwaert et Blaise semblent être mieux en forme que lors des précédentes étapes. A Collonges (129 kil. de Lyon à 182 kil. de Grenoble), Petit-Breton, Emile Georget, Vanhouwaert, Lapize, Maîtron et Cruppelandt passent ensemble à 7 h. 5 ; Faber, Garrigou, Ménager et Dortignacq, à 7 h. 2 m. 11.
Annecy, 11 juillet — Depuis Genève, l'ordre du cortège a subi de nombreuses modifications. A Saint-Julien (162 kil. de Lyon, à 149 kil. de Grenoble, les leaders passaient à 8 h. 15 m. Petit-Breton était toujours premier, suivi de Cruppelandt, de Bettini et de Vanhouwaert ; à cinquante mètres Venaient Blaise, Lapize et Azzini. Dans une côte terrible avant Pringy, peu de changement à l'ordre du cortège. Lapize et Vanhouwaert ont été merveilleux. Nous arrivons a Anneçy (195 kil. de Lyon, à 116 kil. de Grenoble) où les coureurs sont contrôlés comme suit: A 9 h. 23, E. Georget, Vanhouwaert, Lapize, Blaise, Bettini, Cruppelandt et Petit- Breton passe seul à 9 h. 25. Puis dans l'ordre : à 9 h. 30 : Dortignac, L. et. E. Azzini et Ménager; à 9 h. 33, François Faber, Paulmier, Garrigou, Cruchon. Léonard,.qui a fait une chute, arrive blessé; il veut abandonner.
Chambéry, 11 juillet — Nous avons rejoint les leaders à l'entrée d'Aix-les-Bains (227 kil. de Lyon à 84 kil. de Grenoble), où le contrôle, merveilleusement installé par notre ami Domenge, l'infatigable directeur du Grand Garage, est envahi par un public énorme. Blaise-est en tête du peloton comprenant Vanhouwaert, Lapize, B. Georget, Cruppelandt et Bettini. Ce peloton est passé à 10 h. 29, puis, une minute plus tard, Petit-Breton passe seul. A 10 h. 35, viennent Dortignacq, E. et L. Azzini, et Ménager ; à 10 h. 39, Faber, Paulmier, Garrigou et Godivier ; à 10 h. 42, Bordini, Deloffre, Maitron et Ernest Paul.
C'est après Gormaz que nous avons revu les hommes du deuxième peloton, mais ils ne sont plus que quatre : Dortignacq, E. Azzini, Menager et Faber. Ce dernier parvient bientôt à lâcher ses camarades et à une allure magnifique s'assure 3, 4, 5, et 600 mètres d'avance. Rejoindra-t-il les leaders ? Le géant de Colombes avance toujours superbement, il se rapproche toujours du lot de tête et n'a plus que deux minutes de retard à Chambéry (242 kil. de Lyon, 69 kil. de Grenoble), où Vanhouwaert, Georget; : Lapize, Blaise, Bettini et Cruppelandt sont passés à 10 h. 55. Dortignacq, Azzini et Ménager passent à 11 h. 3 m.
Grenoble, 11 juillet — Après le passage des Echelles (265 kil.), nous .avons rejoint Azzini et: Dortignacq qui se mènent un train des plus vifs, et notre chasse après les leaders se poursuit durant près d'un quart d'heure. Nous les rejoignons à la sortie de Saint-Laurent-du-Pont. L'escalade de la rude rampe est faite à bonne allure avec Cruppelandt en tête. Nous avons pris une bonne avance pour monter-le Col de Porte dans lequel Lapize a fait preuve d'un rare courage. Ce fut ensuite notre descente prudente dans le Sappey et enfin l'arrivée à Grenoble; Là, une foule, énorme se presse sur le quai de France, où un contrôle est superbement installé. Lapize arrive seul, à 1 h. 43 ; il est vivement acclamé. Cruppelandt vient deux minutes plus tard, puis Vanhouwaert et Petit-Breton.
Voici d'ailleurs le classement officiel:
1. Octave Lapize, en 10 h. 43 m. ; 2. Cruppelandt, en 10 h. 45 m. ; 3. Vanhouweart, en 10 h. 47 ; 4. Petit-Breton, en 10 h. 50 ; 5. Dortignacq en 11 heures ; 6. Faber, en 11 h. 5 ; 7. Garrigou , en 11 h. 9 ; Le classement général Après les cinq premières étapes le classement général s'établit comme, suit: 1. FABER, 14 points ; 2. Garrigou, 30 points; 3. Lapize et Vanhouwaert, 34 points ; 4. Bettini , 41 points. Mercredi 13 juillet, sixième étape, Grenoble-Nice, 345 kil. Départ à 3 heures du matin.
La Presse – 12 juillet 1910
EN BREF
Une trombe d'eau dévaste un village - La Bathie (Savoie), 11 juillet. Au cours d'un violent orage qui a éclaté hier soir sur notre vallée, une trombe d'eau venant de la montagne de Bellechasse est venue grossir le ruisseau de Coutaz-Pussy qui, changé en un torrent impétueux, a tout dévasté sur son passage Dans la plaine tous les bas-fonds ont été nivelés, les champs recouverts de graviers, de blocs de rocher et d'arbres déracinés. Les dégâts sont importants. Le Petit Parisien – 12 juillet 1910
5000 pigeons voyageurs voyageurs se perdent en pleine mer - Londres, 11 juillet. —Le grand Derby de pigeons voyageurs, de Nantes au Lancashire, a presque complètement échoué. Sur 6,595 pigeons qui furent lâchés à Nantes vendredi matin à quatre heures et demie, plus de cinq mille se sont perdus. Le gagnant probable appartient à M. Jennings, de Northwich (Cheschire). Il est rentré dans son colombier vendredi soir à six heures cinquante-neuf minutes exactement. Le Matin – 12 juillet 1910
Horrible assassinat d'une boulangère - Arras, 11 juillet — Un horrible assassinat vient d'être commis à Saint-Léger, près Arras. Entre onze heures et demie et midi, Mme Legrand, cinquante-six ans, boulangère, a été trouvée assassinée dans sa boulangerie. Le cadavre a été découvert par le fils de la victime, jeune garçon de quinze ans, qui rentrait de porter du pain aux clients, avec son père. Le corps était sur le dos ; la tête baignait dans une mare de sang ; le cou, presque entièrement tranché, n'adhérait plus au tronc que par la colonne vertébrale. La mort a dû être foudroyante, par suite de la section des carotides. L'arme qui a servi à l'assassin ne put être retrouvée. Une enquête est ouverte. Le Matin – 12 juillet 1910

