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3 septembre 2010

Les actualités du 3 septembre 1910

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L'inauguration du monument des Braves Gens

Inauguration du monument des braves gens 1910

Sedan, 1e septembre - L'inauguration du monument des "Braves Gens" a eu lieu par un temps superbe, sous un soleil éclatant. Une foule nombreuse avait gravi les pentes abruptes du plateau de Floing et déferlait en vagues houleuses contre les tribunes édifiées au pied du socle de pierre.

Il était près de quatre heures lorsque le premier; orateur parut sur la tribune minuscule, devant la haie des vétérans porteurs de drapeaux. C'était M. Lemaire, qui, au nom de l'Union nationale des anciens chasseurs d'Afrique, faisait à la commune de Floing la remise du monument. M. Klein, le maire de la localité, lui répondit en excellents termes et promit, au nom de ses administrés, de veiller sur ce dépôt sacré.

Puis nous entendîmes M. Henri Gallois, député, qui au nom de l'arrondissement de Sedan, affirma le culte de la France pour ses héros: M. Bellan, président du Conseil municipal de Paris; M. de Ludre, député, qui parla au nom des vétérans; M. Courchier, au nom de la Fédération nationale des sociétés et unions d'anciens militaires; un cuirassier de Reichshoffen; M. Lucien Hubert, député de Vouziers; M. Henri Galli, président du Conseil général de la Seine.

Le général Bailloud, qui était lieutenant en septembre 1870 et reçut à Sedan, en même temps que le baptême du feu, sa première blessure parla la dernier. Dans son exorde, il évoqua les préparatifs de la terrible bataille :

Ce soir-la, dit-il, le général de Galliffet, qui avait été promu brigadier trois jours auparavant, mais qui était resté à la tête du 3e chasseurs d'Afrique (dont Je faisais partie comme jeune officier), nous rassembla et nous, dit : Nous sommes à la veille d'événements graves. Demain se livrera, je crois, une rude bataille, et nous aurons peut-être à charger. Je compte sur vous pour soutenir notre bon renom. Or, le lendemain, le 3e chasseurs chargea, en effet, et non pas une fois, mais deux fois. Et l'histoire a enregistré le cri d'admiration échappé à notre ennemi devant sa conduite.

C'est pour commémorer la figure et l'énergie de ces braves gens que vous avez voulu élever un monument ici même, sur cette terre qu'arrosa tant de sang. Et cela évoque dans mon esprit la vieille armée d'Afrique ! Dans une pittoresque digression, l'orateur fit l'éloge des corps d'Afrique, de leur hardiesse, de leur témérité, de leur soif d'aventures tempérée par une discipline sévère.

Certes, dit-il incidemment, l'armée d'alors n'avait pas la culture intellectuelle de l'armée d'aujourd'hui. Mais la culture intellectuelle n'est pas l'unique facteur du succès des armes. On a dit après Sadowa que l'instituteur prussien avait préparé la victoire de son pays. Mais il convient d'ajouter que depuis l'école primaire jusqu'au l'Université, c'est un enseignement national, patriotique qu'on avait donné aux jeunes Allemands.

On applaudit frénétiquement. Entre temps, un artiste parisien avait dit une ode aux héros de la charge légendaire et un orphéon avait chanté une cantate sur le même thème. Il était six heures quand, le dernier orateur, ayant quitté la tribune, la gendarmerie déblaya les abords des tribunes pour permettre aux troupes de défiler devant le monument. Ce fut une scène magnifique dans un décor d'apothéose. Le soleil couchant empourprait l'horizon vers Mézieres et mettait des reflets de cuivre sur la Meuse, devant la presqu'île d'Iges. A l'est, le vent du soir roulait de gros nuages sur le calvaire d'Illy. Sur la gauche, Sedan s'estompait dans la brume; et plus loin, l'horizon, une bande bleue couvrait les crêtes de la Marphée. La foule était silencieuse.

Soudain, des clairons attaquèrent le prélude d'un pas redoublé; et des fantassins s'avancèrent de leur pas élastique, par sections déployées. Ensuite on salua les vétérans, porteurs de drapeaux. Et enfin on fit une ovation à la cavalerie, qui passa, serrée, au pas, derrière les étendards. Quand je quittai le plateau de Floing, la foule s'était éparpillée sur les routes, vers Sedan et vers Mézieres. Au loin, vers la Meuse, une musique jouait la Marche de Sambre-et-Meuse. Le monument déserté découpait sa silhouette blanche sur le ciel bleu sombre. La nuit tombait.

Le Temps – 3 septembre 1910


EN BREF

Violent incendie à Cauterets - Tarbes, ler Septembre - Un violent incendie a éclaté l'autre soir dans les greniers de la maison Duhourcau, rue Saint-Louis, à Cauterets, et a pris immédiatement d'inquiétantes proportions, dévorant les mansardes avec une rapidité effrayante, tandis que de nombreux étrangers, logés dans ce vaste immeuble de quatre étages, ne se doutaient de rien. L'alarme donnée, les pompiers accoururent, mais leurs efforts sont demeurés inutiles en raison de l'insuffisance des moyens, jusqu'à ce qu'ils soient parvenus sur la toiture d'un hôtel voisin, d'où ils ont pu jeter de l'eau sur le foyer. Un accident s'est alors produit ; une échelle sur laquelle se trouvaient quatre pompiers, s'étant brisée, ces sauveteurs furent projetés sur le sol de la hauteur d'un troisième étage. Ils ont tous été relevés avec de graves blessures. Le sinistre a détruit toute la partie supérieure de la maison Duhourcau et deux maisons voisines. Le Petit Journal – 2 septembre 1910

Les chevaliers de Malte - Nantes — En procédant, il y a quelques jours, à des travaux de terrassement dans un terrain de la rue Sainte-Catherine, des ouvriers ont mis à jour plusieurs squelettes, dont l'un était revêtu de lambeaux d'étoffe faisant partie du costume des chevaliers de Malte. Le fait n'a rien de surprenant, si l'on songe que c'est sur remplacement de la rue Sainte-Catherine que fut élevée la chapelle de la commanderie de Malte. Jadis, la partie de Nantes limitée aujourd'hui par les quais d'Orléans, Cassard et Brancas, les rues Du Couédic, Saint-Nicolas et de la Claverie ne formait qu'une immense prairie connue sous le nom de Pré-Anian. Le duc Conan II le Gros en fit don aux chevaliers du Temple, en 1141, et ceux-ci installèrent leur monastère à peu près à l'angle de la rue d'Orléans et du quai du même nom. La chapelle était l'immense cave, voûtée en ogive du treizième siècle, que l'architecte Ogée découvrit, en 1825, dans la rue du Bois-Tortu. En 1756, la ville, voulant dégager les abords de l'Erdre pour rendre plus faciles les communications entre les bords de la Loire et les quartiers du Bois-Tortu, entama des pourparlers avec l'ordre de Malte pour l'achat de la chapelle Sainte-Catherine. Un accord intervint aux termes duquel la ville de Nantes achetait le terrain sept livres le pied carré ; elle s'engageait, en outre, à payer trois maisons relevant de la commanderie. Il est fort présumable que, durant l'occupation de la chapelle Sainte-Catherine par l'Ordre de Malte, les chevaliers qui venaient a trépasser étaient enterrés, soit dans la chapelle, soit dans un petit cimetière à eux réservé et y attenant. Le Gaulois -3 septembre 1910

Un orage dans la Lozère fait cinq victimes - Marvejols — Un violent orage vient de s'abattre sur la région nord de la Lozère et y a apporté la ruine et le deuil. Les cours d'eau ont subi une crue si rapide que plusieurs personnes se trouvant au bord de l'eau ont été surprises et entraînées. Un jeune étudiant de Marvejols, M. Brun, fils d'un capitaine en retraite, surpris en cours de promenade non loin de Chirac, a voulu franchir la Colagne sur une mauvaise passerelle en bois et a été emporté par le courant. La victime était un des meilleurs élèves du petit séminaire de Marvejols. On signale la disparition de deux pêcheurs de la Canourgue, d'un fermier des environs de Saint-Chély-d'Apcher et d'une femme du canton de Serverette. Le Gaulois -3 septembre 1910

Mlle Dutrieu plane sur le beffroi de Bruges - Blankenberghe, 2 septembre - Mlle Hélène Dutrieu, qui, après s'être distinguée en cyclisme sur nos vélodromes, s'est adonnée à l'aviation, a réussi, ce matin, une merveilleuse performance. Prenant son vol à six heures du matin, avec un passager, elle s'élevait bientôt à quatre cents mètres de hauteur, prenait, la direction de Bruges, contournait se beffroi de cette ville et regagnait son hangar. Cette brillante performance, accomplie par une aviatrice, bat tous les records féminins. Le Petit Parisien – 3 septembre 1910


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