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8 septembre 2010

Les actualités du 8 septembre 1910

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439 kilomètres avec passager - Weymann rate le prix Michelin pour 10 Km !

Weymann - Raid Paris - Clermont-Ferrand

L'exploit est magnifique et marque la victoire la plus certaine, la plus évidente de l'aviation. Au lendemain du jour où nous reposions notre enthousiasme sur le résultat de Paris-Bordeaux par Bielovucic, l'aviateur Weymann coupe nos bulletins de victoire d'un coup d'aile et nous entraîne à des conclusions encore plus glorieuses. Avec un passager, s'étant élevé de Buc, ayant passé à Saint-Cloud et au-dessus du bois de Boulogne, il s'en est allé, par Gien, Nevers, Montluçon jusqu'à Volvic, à 6 kilomètres de Riom, à 10 kilomètres du Puy de Dôme qu'il avait projeté d'atteindre. Il a parcouru en sept heures quatre cent trente neuf kilomètres.

M. Weymann concourait pour le prix Michelin dont les conditions sont connues: Cent mille francs au pilote du premier appareil à deux places occupées qui atterrira au sommet du Puy de Dôme après avoir contourné la cathédrale de Clermont-Ferrand, moins de six heures après son passage au-dessus de l'Aéro-Club de France aux coteaux de Saint-Cloud. L'épreuve est rude. C'était la première fois qu'un concurrent se présentait pour l'essayer. Il s'en est fallu de peu qu'il n'en sorte vainqueur.

Ce concurrent, il est vrai, est un de nos premiers aviateurs, par le mérite et par ses précédents succès. M. Weymann est un pilote de cette année, mais il a débuté par des coups de maître. Dès ̃qu'il sut conduire son appareil Farman, il s'envola à travers la campagne. Engagé dans le Circuit de l'Est, il arriva la veille à Paris, de Mourmelon, par les routes du ciel. Dans l'étape Paris-Troyes il s'égara, descendit pour demander sa route, embarqua un guide pendant vingt kilomètres, redescendit pour le remettre sur le plancher des vaches et arriva seul à Troyes. La seconde étape ayant été pour lui moins heureuse, il croisa autour du Circuit, rejoignait à Douai les vainqueurs et rentra à Mourmelon préparer sa revanche.

Hier, il partait à onze heures et demie de l'aérodrome de Buc, sur un biplan Farman à deux places, du type de l'armée. Il emmenait comme: passager M.Frey. A 11 h. 58' 59', il était officiellement chronométré passant au-dessus du parc de l'Aéro-Club de France à Saint-Cloud. Il lui fallait donc arriver avant six heures au sommet du Puy de Dôme pour gagner le prix Michelin. Après un splendide virage, il passait au-dessus du bois de Boulogne, acclamé par les promeneurs, puis il s'élançait sur l'horizon, volant à 300 mètres, à près de 80 kilomètres à l'heure, car le vent favorisait son voyage.

Que fut ce voyage ? Une course rapide et sûre, sans autres incidents que la défense de chaque instant contre les surprises des fonds aériens, au passage des vallées, au ras des coteaux, au-dessus des villes. A 1 h. 40 de l'après-midi, Weymann et son compagnon passaient à Gien. Ils avaient déjà parcouru 130 kilomètres et devaient activer leur marche pour se réserver le temps d'une étape de ravitaillement. Pour cette étape, ils descendaient à 3 heures de l'après-midi, à Nérondes, chef-lieu de canton du Cher, à 266 kilomètres de Paris. Ils faisaient le plein d'essence, s'approvisionnaient d'huile, vérifiaient rapidement le biplan et son moteur, puis remontaient au ciel et reprenaient leur course avec une hâte nouvelle.

A cinq heures, ils passaient au-dessus de Montluçon, (314 kilomètres de Paris), ayant involontairement obliqué un peu trop à droite. Ils reconnaissaient leur erreur et piquaient droit sur le Puy de Dôme. Mais en ce jour gris, la nuit descendait vite, encombrée de brouillard.Au sommet du Puy de Dôme, on attendait les aviateurs depuis les premiers télégrammes annonçant leur départ. Le généreux donateur du prix, M. Michelin, était monté sur le sommet et sur ses conseils on se hâtait de faciliter l'atterrissage. L'espace est très mesuré devant la gare du tramway et les pentes du puy sont redoutables, On lançait des cerfs-volants, on étendait des draps blancs, on multipliait les signaux de toutes sortes. Mais le brouillard couvrait la vallée. De l'observatoire on ne découvrait même pas les deux flèches de la cathédrale autour desquelles le biplan devrait planer, ni le. curieux spectacle des Clermontois qui attendaient avec une anxieuse curiosité, l'arrivée des voyageurs aériens.

Parmi les touristes qui attendaient au sommet du Puy de Dôme, l'aviateur Mauser, inscrit également pour la rude épreuve, étudiait les conditions dans lesquelles il pourrait faire son prochain atterrissage. A la nuit tombante, presque tombée, on apprenait soudain que Weymann, arrêté par l'obscurité, venait d'atterrir à Volvic, à 7 h. 1/4. Volvic se trouve à 6 kilomètres de Riom, à 10 kilomètres de Clermont. La durée de son voyage, y compris le temps des escales, fut donc de sept heures dix-sept minutes pour un parcours de 439 kilomètres. C'est le record du monde pour vol avec passager.

Le Matin – 9 septembre 1910


EN BREF

Grandeur et décadence - Peu après 1890 triomphait à la Scala de Milan le baryton Francesco Pozzi dans le rôle d'Alfio de Cavalleria rusticana. Ce triomphe lui valut de magnifiques engagements aux Etats-Unis et il en re vint six fois millionnaire. Mais l'argent partit plus vite qu'il n'était venu, et pour comble de malheur l'artiste perdit la voix. Alors ce fut la dégringolade, puis la misère noire. Le malheureux échoua à Trieste où il finit par devenir balayeur des rues. Voici maintenant le laconique fait divers que publie le journal triestois Il Piccolo : Le nommé Francesco Pozzi; âge de cinquante-cinq ans, a eu une attaque tandis qu'il balayait la rue. Il a été recueilli par une section d'infirmiers volontaires. Le médecin ne put que constater la mort, amenée par une paralysie cardiaque. C'était l'ancien baryton de la Scala de Milan. Le Temps – 8 septembre 1910

Une école inaccessible — Au hameau de Mas-Faucher, commune de Nedde (Haute-Vienne), la construction d'une école étant décidée, celle-ci fut édifiée, mais au cours des travaux certaines modifications augmentèrent forcément le devis. Bref, lorsque l'immeuble fut achevé, on constata qu'en vertu des changements accomplis, le rez-de-chaussée se trouvait à trois mètres au-dessus du sol, mais que ni escalier ni perron n'ayant été prévus, il devenait impossible d'y accéder. Or le budget ne possède plus les fonds nécessaires pour l'établissement d'une rampe, et en attendant mieux, un voisin complaisant met à la disposition des élèves et du maitre une échelle qui permet aux uns et aux autres de pénétrer dans l'école. Le Temps – 8 septembre 1910

Rixe dans une baraque de lutteurs - L'avant-dernière nuit à la fête de Saint-Cloud, a été marquée par un incident regrettable qui a vivement émotionné les nombreux promeneurs se pressant autour des boutiques en plein vent des forains et des autres attractions. Dans un établissement de lutte dirigé par M. Deville, un boxeur, M. Louis Rodde, matchait un amateur. Celui-ci, après avoir encaissé nombre de swings et autres uppercuts, se fâcha. Ses camarades, qui se trouvaient dans la baraque, prirent fait et cause pour lui et tombèrent à bras raccourcis sur le boxeur. On se battit avec acharnement. Mais au cours de la bagarre, M. Rodde reçut un coup de couteau à l'aine. On croit que celui qui le frappa ainsi, lâchement, est son adversaire malheureux, qui réussit à prendre la fuite dans le désarroi causé par cet incident. On suppose que c'est un modèle italien posant chez les peintres de Saint-Cloud ou des environs. Il n'a pu être retrouvé. La blessure du lutteur n'est pas très grave. Il a, néanmoins, été transporté à l'hôpital de Saint-Cloud. Le Petit Parisien – 8 septembre 1910


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