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16 mai 10

Les actualité du 16 mai 1910

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Emile Georget gagne Bordeaux-Paris

Bordeaux - Paris 1910

Le Derby cycliste, la course Bordeaux-Paris, s'est terminée, hier, sans incidents notables, par la victoire d'un stayer de classe, Emile Georget. Nous avions annoncé le départ des Quatre-Pavillons, sur la route de Libourne, samedi soir, à 7 heures. Sans entrer dans le détail des différents contrôles, reprenons le récit de la course pendant les dernières heures.

A Angerville, la foule est des plus denses; de toutes les localités environnantes, on est venu attendre sur les routes le passage des coureurs. M. Denmolens, maire d'Angerville préside lui-même aux opérations du contrôle installé par ses soins dans un des principaux cafés, autour duquel on se bouscule pour voir.

Deux coureurs sont signalés. Ils passent bientôt en trombe, presque ensemble. Ce sont Emile Georget et Louis Trousselier. Léon Georget a fait une chute sans gravité près de Ruffec et c'est déjà un champion hors de course. Les deux coureurs de tète passent encore loin devant les autres à Dourdan. C'est maintenant Trousselier qui se présente le premier et signe au contrôle à 11 h. 42 m. Emile Georget le suit de près.

Dans cette fin de parcours, les deux terribles champions Georget et Trousselier se sont empoignés dans une lutte émotionnante et prolongée, dont l'issue est longtemps restée indécise. Finalement, c'est Emile Georget qui après avoir rattrapé son rival, l'a dépassé dans un élan magnifique et a accentué peu à peu son avantage. A Ville-d'Avray, Emile Georget est nettement premier. Sans accident, la course lui est désormais acquise. Cette année, le parcours de Ville-d'Avray, au Vélodrome du Parc des Princes n'était pas neutralisé, et par suite l'arrivée réelle se faisait sur le ciment du Vélodrome, où chaque concurrent devait accomplir deux tours de piste.

On n'escomptait pas le premier coureur au Vélodrome avant une heure un quart. Confirmant cette prévision, Emile Georget, qui tenait la tête au bout des cent premiers kilomètres, fait son apparition exactement à 1 h. 23 m. 25 s. et couvre le kilomètre final en 1 m. 36 s. au milieu des acclamations des nombreux spectateurs. Le vainqueur de Bordeaux-Paris était en excellent état, ne paraissant nullement se ressentir de sa formidable randonnée de 575 kilomètres. Il souffrait cependant des yeux. Le second, Louis Trousselier, arrive douze minutes après Emile Georget. On apprend que si Trousselier a été lâché après Dourdan, il le doit à une mauvaise reprise d'entraîneurs.

Voici l'ordre des arrivées :

1. Emile Georget, en 18 h. 23 m. 25 s.

2. Louis Trousselier, en 18 h. 36.

3. Léon Georget, en 21 h. 38.

4. Ringeval, en 22 h. 2.

Le grand favori.de la course, Vanhouwaert a abandonné à Beaugency, à 163 kilomètres de Paris, ne pouvant surmonter les douleurs que lui causaient de sérieuses contusions, suite d'une chute faite au bout de 100 kilomètres.

Emile Georget, le vainqueur de Bordeaux-Paris, est âgé de vingt-huit ans. Il vint au cyclisme après son frère, Léon Georget, qui, comme lui, est un de nos meilleurs routiers. Jusqu'à cette année, Emile Georget, s'il avait de belles performances à son actif, n'avait jamais remporté une victoire sensationnelle. Il était 3e dans le Tour de France en 1907, 3e dans Paris-Tours la même année et enfin 3e dans Bordeaux-Paris en 1908 et en 1909. Après quelques mois de repos, suite d'une chute, il reprit son entraînement et enleva brillamment, le 8 mai, le Championnat de France de 100 kilomètres sur route. Sa magnifique victoire d'hier dans Bordeaux-Paris confirme le droit qu'il à acquis de porter le maillot tricolore du Champion de France de fond.

Emile Georget touche 2,400 francs comme premier de Bordeaux-Paris, mais avec les primes qui lui seront allouées par la maison dont il monte les machines et par de fabricant des pneumatiques de sa bicyclette, c'est très probablement la somme coquette d'une dizaine de mille francs qui lui reviendra.

Le Petit Journal – 16 mai 1910


EN BREF

argentina L'état de siège en Argentine - Buenos-Aires, 15 Mai - Le Sénat a ratifié le vote de la Chambre relatif à l'établissement de l'état de siège, en raison de la décision des anarchistes de proclamer La grève générale révolutionnaire pendant tes fêtes du centenaire. Un décret présidentiel met l'état de siège en vigueur immédiatement et pour une durée indéterminée. Des groupes d'étudiants ont assailli les bureaux du journal anarchiste Reprotesta et du journal socialiste le Vanguardia. Ils ont détruit les machines et le matériel. Ils ont ensuite continué à manifester. Des bagarres se sont produites devant le local des syndicats socialistes et sur d'autres points de la ville. Il y a eu quelques blessés. Les manifestants ont parcouru les rues en chantant l'hymne argentin ! Le Petit Journal – 16 mai 1910

russie Un cadavre d'homme dans une malle à la gare du Nord de Moscou - Moscou, 15 Mai - M. Vereschtchaguine, employé des chemins de fer, entrant dans le hall aux bagages de la gare du Nord, fut frappé par l'odeur nauséabonde qui se dégageait d'une grosse malle peinte en vert. En s'approchant il s'aperçut que du sang noirâtre suintait à travers les parois du colis. Vivement alarmé par cette constatation, l'employé avertit la police. On ouvrit la malle et l'on y trouva couché sur un débris de matelas et enveloppé d'une couverture le cadavre d'un homme de 40 à 45 ans. La figure était devenue méconnaissable par suite de la décomposition, mais on apercevait encore au cou des traces d'un instrument tranchant. Les mains blanches et fines semblent indiquer que le mort avait appartenu aux classes aisées. On' a pu établir que la malle était arrivée le 6 mai par un train de marchandises parti de Ekaterimbourg. Elle avait été déclarée comme contenant des articles de ménage. L'enquête sur cette affaire mystérieuse est menée activement. Deux inspecteurs viennent de partir pour Ekaterimbourg. Le Petit Journal – 16 mai 1910

Tamponnement en gare de Château-du-Loir - Un grave accident s'est produit la nuit dernière à onze heures trente en gare de Château-du-Loir, sur la ligne de Paris-Montparnasse à Bordeaux-Etat, par Chartres, Saumur et Niort. Le train de marchandises 2060 a été pris en écharpe par le train de voyageurs omnibus 97 qui part de Chartres à sept heures vingt et une du soir pour arriver à Château-du-Loir à onze heures treize. Cinq voyageurs ont été blessés. Ce sont : MM. Cholin, chef du train 97, demeurant à Château-du-Loir, qui a les deux cuisses broyées et dont l'état est presque désespéré : Lucien Camus, cavalier au 1er chasseurs à Chateaudun, qui souffre de contusions multiples ; Amy Vavanier, également cavalier au 1er chasseurs, blessures au bras : Charpentier, fils du chef de la station de Noyant-Méon, qui a une entorse au pied, et Bouvier, convoyeur des postes du train omnibus, qui souffre de contusions sans gravité. Les dégâts matériels sont importants. Vingt bestiaux ont été tués. Les voies ont été interceptées, les trains ont éprouvé de gros retards et la circulation normale n'a pu être rétablie qu'hier dans l'après-midi. Le chef de train Cholin a du subir l'amputation des deux jambes et le cavalier Camus a du être transporté à l'hospice de Château-du-Loir. Les ingénieurs du réseau procèdent sur place à une enquête afin d'établir les responsabilités. Le Matin – 16 mai 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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