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27 mai 10

Les actualités du 27 mai 1910

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Le sous marin Pluviôse coule faisant 27 victimes

Pluviose

Calais – 27 mai - Une épouvantable catastrophe s'est produite en rade, hier après-midi, à 2 h. 15. L'un des submersibles formant l'effectif de la station des sous-marins de Calais a été englouti à la suite d'un abordage avec un paquebot.

La Pluviôse et le Ventôse étaient sortis du bassin vers midi, allant se livrer dans la rade, comme ils le faisaient fréquemment depuis le retour de la belle saison, à des exercices de plongée. A 2 heures, le paquebot français Pas-de-Calais, appartenant à la Compagnie du chemin de fer du Nord, ayant à bord 269 voyageurs, les bagages, messageries et sacs de dépêches, quittait ce port, comme il le fait chaque jour, se rendant à Douvres. Le paquebot venait d'éviter, c'est-à-dire de décrire un demi-cercle pour se remettre en position normale de marche, étant sorti l'arrière en avant, et avait déjà pris sa vitesse pour se diriger vers la côte anglaise, lorsque la vigie aperçut à l'avant une petite flamme rouge, comme en portent les sous-marins, au bout d'un mât, pour indiquer leur position en plongée.

Presque aussitôt un léger choc était ressenti. Le paquebot stoppa aussitôt. On mit des canots à la mer. Et on aperçut à l'arrière, dans le remous, un point noir qui émergeait de l'eau. C'était l'avant du Pluviôse qui se dressait avant de couler à pic. Le navire avait dû être atteint par l'arrière: Les compartiments s'étant rempli d'eau, le submersible avait pris une position inclinée qui alla s'accentuant. Voyant qu'il était impuissant à secourir l'équipage, le paquebot, ayant lui-même des avaries à son étrave et à son gouvernail d'avant, jugea prudent de regagner le port où il entra vingt minutes plus tard.

Les passagers furent transbordés à bord du paquebot anglais Empress qui devait partir à quatre heures avec les passagers du service suivant. Pendant ce temps, des secours avaient été demandés par le sémaphore. Les remorqueurs du port se rendirent sur les lieux avec le canot de sauvetage Edmée-et-René. Puis des contre-torpilleurs arrivèrent de Dunkerque et du large. C'était l'Escopette, le Yatagan, le Tourbillon, le Grenadier et la Lance. Les dragues du port, puis le Calaisien et le Champion s'y rendirent également.

Un scaphandrier de torpilleur tenta de descendra à plusieurs reprises à l'endroit où la sonde avait signalé la présence de l'épave. Mais ce fut impossible en raison de la violence du courant qui entraînait le plongeur loin de l'endroit désigné. Ce courant, produit par le mouvement de marée, avait une vitesse de quatre nœuds.

On eut bientôt la conviction que le submersible avait de très graves voies d'eau intéressant les deux coques. En effet des nappes de naphte flottaient à la surface de l'eau indiquant que la double coque avait été éventrée. Ce fait retira une grande partie de l'espoir qui subsistait encore. De plus, on recueillit des épaves provenant du pont du Pluviôse consistant en madriers rompus comme de simples fétus de paille indiquant l'extrême violence du choc.

On redoute de plus en plus que la perte de l'équipage soit complète. jusque très tard dans la nuit, une foule nombreuse n'a cessé de stationner sur les jetées et sur la plage pour suivre de loin les opérations de sauvetage. Le Pas-de-Calais, lui, est entré en cale sèche pour réparer ses avaries.

A dix heures hier soir les tentatives de sauvetage avaient été abandonnées. Des secours plus puissants ont été demandés à Cherbourg. Un courant sous-marin très rapide a empêché les scaphandriers de descendre à plus de quatre mètres de profondeur; on doit donc craindre que le malheureux équipage ne soit perdu. En mer, on apercevait les feux multicolores de nombreux torpilleurs stationnant sur le lieu du sinistre et donnant le spectacle d'une poignante veillée funèbre.

Le Temps – 28 mai 1910


EN BREF

Mort en disant: "C'est le plus beau jour de ma vie" - Marseille, 26 Mai - Un vénérable ecclésiastique de la paroisse de Saint-Just, le chanoine honoraire Frédéric Michel, est décédé hier soir subitement en son église, dans des circonstances très impressionnantes. M. Michel fêtait le 60e anniversaire de son ordination sacerdotale. L'évêque de Marseille, un nombreux clergé et une foule considérable de fidèles étaient venus assister à la cérémonie religieuse que le doyen de la paroisse célébrait à cette occasion. Le chanoine Michel était monté en chaire pour remercier l'assistance et venait de terminer son discours par ces mots : C'est aujourd'hui le plus beau jour de ma vie, lorsque, pris d'un malaise subit, il chancela, s'affaissa et mourut presque aussitôt, au milieu de l'émotion générale. Le Petit Journal – 27 mai 1910

Le forcené est vaincu par la soif après 13 jours de siège — Le nommé Mayouf, ancien tirailleur demeurant au village d'El-Madher (Algérie), après avoir tranché la gorge de sa femme, s'est barricadé chez lui et a reçu à coups de fusil les gendarmes, sous-préfet et procureur de la. République qui voulaient pour l'arrêter. Le siège dura treize jours et treize nuits. On résolut alors de prendre par la soif le forcené. Mayouf avait, en effet, peu d'eau à sa disposition. Cette tactique à pleinement réussi. Hier matin, vers huit heures, Mayouf monta sur le toit de sa maison, à moitié dévêtu ; les bras au ciel, il cria qu'il mourait de soif et il demanda à boire. M. Marteau, chef de la Sûreté départementale, répondit que son désir allait être satisfait mais qu'il devait garder les bras en l'air sinon il le tuerait à coups de revolver. Mayouf accepta. Deux cavaliers, Bencheik et Mana, se munirent d'un bidon d'eau et grimpèrent sur le toit. Pendant que l'un d'eux donnait à boire au forcené, l'autre lui rabattit les bras le long du corps et lia solidement Mayouf que les gendarmes emmenèrent. Journal des débats politiques et littéraires - 27 mai 1910 

Orages et inondations — La pluie, la grêle et le vent ont fait rage hier, de onze heures du matin à huit heures du soir, à Argentat (Corrèze), où la foudre est tombée sept fois dans l'après-midi. Les récoltes ont été hachées, les terres ravagées, les vignes déracinées. Des avalanches de terre ont cerné des maisons et des granges. Hier, un orage épouvantable s'est abattu sur Saint-Etienne et la région stéphanoise. Pendant quatre heures, les tramways ont dû interrompre leur service; il a été impossible de traverser le cours Fauriel autrement qu'en voiture, et encore les chevaux avaient-ils de l'eau jusqu'au jarret. On télégraphie de Frenda (Algérie), que, la nuit dernière, après des pluies abondantes, un orage, d'une violence inouïe, s'est abattu sur la région, accompagné de tonnerre et de gros grêlons. Un jeune berger indigène qui gardait un troupeau de neuf cents bêtes à la lisière de la forêt voisine, s'étant réfugié sous un gros arbre, sur lequel est tombée la foudre, a été trouvé carbonisé. A ses côtés étaient vingt moutons et cinq chèvres, également tués par la foudre. Journal des débats politiques et littéraires - 27 mai 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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