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23 sept. 10

Les actualités du 23 septembre 1910

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Le Président du conseil aux manœuvres navales

Cuirassé Saint Louis

Marine-militaireQuiberon, 22 septembre. M. Briand, président du Conseil, et l'amiral Boué de Lapeyrère, ministre de la Marine, sont arrivés ce matin à Quiberon, où ils vont assister à des manœuvres navales d'une durée de deux jours. Les ministres, qui étaient accompagnés de M. Roth, préfet du Morbihan, monté dans leur wagon à Vannes, ont été salués à leur arrivée par MM. Guillemaud, sous-préfet de Lorient; les amiraux Leygue, préfet maritime de Lorient; Aubert, commandant en chef de la deuxième escadre ; Auvert, commandant une division ; Lerouzic, député, etc.

Le président du Conseil et le ministre de la Marine ont été conduits en automobile a Port-Haliguen, d'où un canot à vapeur les a menés sur le cuirassé amiral Saint-Louis, à bord duquel ils assisteront aux manœuvres. Dès leur embarquement sur le Saint-Louis, où ils ont été salués par une salve de vingt et un coups de canon, le président du Conseil et le ministre de la Marine ont passé la revue de la compagnie de débarquement du cuirassé-amiral. M. Briand s'est ensuite retiré dans les appartements qui ont servi au Président de la République pour son voyage de Saint-Nazaire à Bordeaux.

A deux heures vingt, le ministre de la Marine demandait, pour l'ordonner à la flotte le signal du branle-bas de combat ; les clairons et les tambours le sonnaient et le battaient aussitôt après, sur chacune des batteries des deux premières divisions. C'était l'instant où apparaissaient à bâbord du Saint-Louis les croiseurs cuirassés de la 3e division, qui étaient censés représenter l'ennemi et qui, dès onze heures, s'étaient éloignés à perte de vue à l'horizon, afin de prendre du champ et de se préparer à attaquer les six cuirassés.

Peu après, l'escadre, sous les ordres de l'amiral Aubert, a appareillé en ligne de file, se dirigeant vers le nord-ouest. Les sémaphores l'ont signalée ce soir au large de Groix, puis elle a disparu dans la brume. Aprés ces exercices, l'escadre regagnera son mouillage de Port-Haliguen avant la nuit. Demain, la force navale, forte de dix-huit bâtiments, appareillera à sept heures du matin pour effectuer différents exercices au large et revenir, avant midi, à Port-Haliguen. La nuit suivante, la deuxième escadre, moins la deuxième division, ralliera Brest.

Le Petit Parisien – 23 septembre 1910


EN BREF

Aviation

Weymann tente vainement de franchir le Simplon - Brigue, 22 septembre - Hier soir nous nous sommes couchés, alors que dehors la tempête soufflait à grandes rafales ; ce matin, au réveil, le calme était revenu. Un peu après sept heures, Taddeoli montant son biplan prenait son vol pour reconnaître la vitesse du vent. S'élevant à cinq cents mètres d'altitude, l'aviateur surplombait Brigue et la vallée, puis reprenait terre sur l'aérodrome, ayant tenu l'atmosphère pendant sept minutes. A sa descente d'appareil, Taddeoli, transi de froid, déclarait qu'il n'avait pas eu trop à se plaindre du vent. Bientôt, en effet, nous apprenions qu'au col de Moncherra, la température était descendue à cinq degrés au-dessous de zéro mais que le ciel était à peu près clair. Du Simplon-Kulm, les nouvelles étaient également assez bonnes et l'observatoire de Domodossola ne signalait enfin qu'un vent faible. Weymann, apprenant ces détails, décida de faire une tentative et à 9 heures 15, alors que le soleil commençait a monter sur l'horizon, il faisait sortir son appareil. Après s'être couvert de trois maillots et d'un pardessus caoutchouté, Weymann prenait son vol, décollait facilement, se dirigeant sur le Geishorn, mais après deux minutes il devait atterrir, les fils tendeurs de ses ailerons ne fonctionnant pas bien. Après une rapide réparation, le biplan prenait une seconde fois son envolée à 9 heures 35 et traversait la vallée du Rhône, se dirigeant vers Mount. Décrivant de grands cercles Weymann montait jusqu'à 1.300 mètres d'altitude, mais victime des courants, il ne pouvait s'élever plus haut et devait redescendre à son point de départ où il atterrissait à 9 h. 45. Parfait de sang-froid et de belle humeur l'aviateur nous expliquait en riant qu'il lui avait été impossible de s'élever plus haut. Courageusement pourtant Weymann prenait une troisième fois son départ à 10 heures, mais ce dernier vol ne durait que 4 minutes. S'élevant à 150 mètres, l'appareil devenait bientôt le jouet des vents et l'aviateur prenait le sage parti d'atterrir. L'appareil fut alors rentré au hangar, tandis que le public faisait une folle ovation au courageux aviateur. Chavez qui pendant ce temps, s'était rendu, dès quatre heures du matin, au Simplon-Kulm, et qui était revenu au champ de départ, dort dans son hangar, en l'attente d'un moment favorable. Tout le monde donc attend le calme atmosphérique, qui ne viendra pas aujourd'hui ; qui, à moins de circonstances exceptionnelles, ne viendra pas de longtemps, étant donné la saison avancée. Le Petit Parisien – 23 septembre 1910

JusticeUn déserteur purge sa peine avec 32 ans de retard - Strasbourg, 22 septembre - En 1878, Joseph Schmidt, de Hochfelden, incorporé au régiment de dragons n° 24 à Darmstadt, profitait d'une permission pour déserter. Il se rendit à Nancy, s'engagea dans la légion étrangère et y accomplit cinq ans de service. Son temps fini, il alla à Paris où il devint cocher de fiacre. Le mois dernier, poussé par le regret du pays natal Schmidt vint à Hochfelden. Il croyait que sa faute était prescrite par trente-deux années de séjour en France ; il ne prit donc aucune peine pour se dissimuler. Dès le lendemain matin de son arrivée, il était cueilli, par la gendarmerie chez un ami d'enfance et expédié sous escorte à son ancien régiment. Le conseil de guerre de Darmstadt vient de condamner Schmidt, qui compte maintenant cinquante-trois ans d'âge, à six mois de prison, et à la dégradation militaire. C'est le minimum de la peine prévue par le code. Le Petit Parisien – 23 septembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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