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10 févr. 09

Les actualités du 10 février 1909

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Les combats dans l'Adrar – 8 tués – 19 blessés.

D'après le câblogramme que le ministre des Colonies vient de recevoir du gouverneur général de l'Afrique occidentale française, le colonel Gouraud est arrivé le 3 janvier à deux heures devant Atar, à la suite des événements suivants.

Une colonne légère et le groupe Frèrejean partis d'Amseiga, le 3 janvier, ont eu un engagement le 5 au col de Tifou. L'ennemi a eu quatre tués. Nous n'avons subi aucune perte. Ils sont rentrés le 6 au camp d'Amatil, où le capitaine Bablon avait été attaqué le 30 et le 31 décembre avec acharnement par 400 hommes environ ; l'ennemi qui s'était avancé jusqu'à Zeriba avait éprouvé des pertes considérables, laissant 38 tués sur le terrain sans compter ceux emportés sous le feu et de nombreux blessés.

La colonne s'est portée dès le 7 sur l'ennemi, qui barrait la route d'Atar au défilé d'Hamboune, réputé infranchissable, tant par les difficultés très grandes du terrain que parce que les guerriers de l'Adrar y ont autrefois arrêté les agresseurs. Le défilé a été forcé le 8, après un combat où l'ennemi a laissé sur le terrain une douzaine de tués.

Le cheik Hassoua, fils et représentant dans l'Adrar de Ma el Ainin, a assisté au combat et est parti le soir même vers le nord pour demander du secours à son père et au sultan du Maroc. L'ennemi s'était dispersé dans la montagne, la colonne est arrivée devant Atar où flottait le drapeau blanc. La soumission a été acceptée. Le colonel Gouraud s'est établi à Atar, véritable capitale politique de l'Adrar et a envoyé le détachement Frèrejean poursuivre les campements signalés dans les environs.

Le 17 janvier, la situation était la suivante : les sédentaires de l'Adrar, dont une partie avaient pris la fuite avant notre arrivée, rentrent tous les jours et paraissent se rallier par crainte d'être pillés par les guerriers.Un groupe de guerriers avec le sultan de l'Adrar se trouvent au sud de Yaghref, un autre groupe dans les montagnes entre Oudjeft et Chinguetti. Les Regueibats sont repartis à l'ouest sans avoir pour ainsi dire pris part a l'action contre nous, mais après avoir pillé leurs alliés.

Le commandant Claudel est parti, le 15 janvier, avec deux compagnies, un peloton de spahis, un canon, une section de mitrailleuses et quelques partisans pour aller prendre à Talorza un convoi de vivres parti de Toudjeria le 15 janvier également. Dans la nuit du 16, le capitaine Bablon est parti avec deux compagnies et soixante partisans pour attaquer le campement signalé vers Yaghref. Il reste donc à Atar deux compagnies, un canon et une section de mitrailleuses.

Dans ces divers engagements, tous couronnés d'un complet succès, grâce à la bravoure de nos troupes et à la valeur de nos officiers, nous avons eu malheureusement à déplorer les pertes suivantes : Dans le combat du 30 au 31 décembre, au camp d'Amatit, un adjudant et un sergent européens et cinq tirailleurs indigènes ont été tués ; le capitaine Bablon, le lieutenant Coutance, le lieutenant Gouspy et les sergents Reynau et Gohier ont été blessés : onze indigènes ont été également blessés. Tous ces blessés sont en bonne voie de guérison.

Dans le combat du 8 janvier, le lieutenant Létang a été blessé à la jambe ; il est également en bonne voie de guérison. Un tirailleur a été tué et deux tirailleurs blessés légèrement. M. Merlaud-Ponty compte adresser prochainement au département tes propositions de récompenses faites à la suite des fatigues éprouvées et des engagement vaillamment soutenus par nos troupes.

Le Petit Journal – 10 février 1910

Algerie_Tunisie_Maroc

EN BREF

Le mariage tarde...elle se suicide - Alais - Mlle Berthe Dumas, âgée de 17 ans, fille d'un cafetier de Saint Hilaire de Brethmas était fiancée depuis quelques jours à un ouvrier mineur, d'origine italienne. Les parents avaient donné leur consentement au mariage, mais les formalités, pour accomplir cette union étaient, en raison de l'origine étrangère du futur, très longues ; la jeune fille exaspérée d'attendre, résolut de mourir, et hier soir, profitant de l'absence de ses parents, elle s'est tiré un coup de fusil sous le menton. La mort a été instantanée. Le Petit Journal – 10 février 1910

Un coin de boulevard sans lumière - Un éclatement de tuyau survenu au secteur d'électricité de la rue d'Alexandrie a produit, hier soir, une véritable perturbation sur les boulevards, aux environs de la Porte-Saint-Denis. Vers 6 heures, l'électricité a subitement baissé, et les lampes se sont finalement éteintes; les magasins, qui ne pouvaient laisser leurs marchandises exposées dans l'obscurité, fermèrent leurs portes, après avoir prié les clients de sortir en hâte. Les restaurants allumèrent des bougies, durant que la foule s'amassait sur les trottoirs, se demandant ce qui se passait d'anormal. Les esprits se calmèrent quand on apprit la nature bénigne de l'incident. Il n'y a eu d'accident d'aucune sorte. Le secteur rendit bientôt la lumière aux intéressés, mais ces courts instants d'interruption de courant avaient suffi pour causer une certaine émotion. Le Petit Journal – 10 février 1910

Posté par Ichtos à 15:00 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]
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