CPA Scans

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12 mars 09

Les actualités du 12 mars 1909

090312carmes

A Limoges, une bombe éclate dans la caserne de gendarmerie

Ce matin, vers 2 heures, une explosion formidable mettait en émoi le quartier du Petit Tour et la place des Carmes, en même temps que dans toutes les maisons les vitres volaient en éclats et que les habitants, affolés, apparaissaient aux fenêtre. Une bombe venait d'éclater sur l'escalier d'un grand bâtiment de la caserne de gendarmerie.

Les quatorze gendarmes qui logent dans ce bâtiment descendirent aussitôt. Le spectacle était navrant ; la force de l'explosion avait été telle que les marches de l'escalier étaient réduites en miettes, la porte arrachée, déchiquetée, les grilles projetées sur le sol. I,es murs du vestibule, très vaste, étaient lézardés, les portes des logements fendues, les plafonds effondrés. Dans le mur, ça et là, s'ouvraient des trous autour desquels on remarquait la présence de clous à larges têtes qui, très probablement, devaient se trouver dans l'engin en guise de projectiles.

Au premier et au second étage, toutes les vitres étaient brisées et les logements fortement éprouvés. Les locaux situés juste au dessus de la porte d'entrée où avait été déposée la bombe, ont souffert d'une fâçon particulière. Dans une cuisine, au premier étage, une table est renversée, un fourneau privé de ses tuyaux, une machine à coudre démolie. A côté, les appartements privés sont dans le plus grand désordre. Même aspect de désolation à l'étage au-dessus.

Les maisons voisines ont subi le contrecoup de l'explosion. En face de la caserne est un immeuble occupé par de nombreux ménages, notamment par un fonctionnaire de l'octroi. Tous les carreaux ont été brisés, les volets enlevés et, dans la chambre même de l'employé, un énorme morceau de fer a pénétré violemment sans heureusement faire de victime.

Les gendarmes allèrent aussitôt avertir leurs officiers et le procureur de la République, et ce matin, a la première heure, le parquet commençait son enquête. La nouvelle de l'explosion s'était répandue en ville avec une grande rapidité et durant toute la matinée, une foule considérable n'a cessé de stationner devant le bâtiment de la rue du Petit Tour.

Nous avons pu joindre M. Michelet, Maréchal des Logis de gendarmerie, qui a son logement au rez-de-chaussée. Il était deux heures cinq environ quand ce matin une détonation épouvantable nous reveilla ma femme, mes enfants et moi. Je ne me rendait pas ompte de ce qui venait de se passer. Je sautai du lit et je m'aperçus que les volets de mon logement avaient cédé sous la violence de l'explosion. Pas un carreau n'était intact dans le bâtiment. Tous les gendarmes, ainsi que leurs familles étaient debout. Je m'inquiétai ; personne n'était blessé. Avec les hommes, J'examinai les dégâts, et j'acquis vite la conviction qu'une main criminelle avait déposé sur la marche de la porte d'entrée un engin.

Nous avons interrogé d'autres personnes du quartier, toutes nous ont fait part de l'émotion quelles avaient ressentie au bruit de cette explosion, qui fut formidable. Sur une distance de plus de cent cinquante métres, pas un carreau n'est resté debout. L'explosion a été entendue dans toute la ville.

Quel est le mobile de cet attentat ? On 1'ignore. Depuis les tristes événements de 1905, aucun fait ne s'est produit pouvant justifier l'acte criminel commis contre la gendarmerie. Est-ce une vengeance ? Est-ce l'œuvre d'un anarchiste ? Quoi qu'il en soit, des découvertes intéressantes ont été faites dans la matinée ; un jeune homme a trouvé rue des Sapeurs, derrière la caserne du 78e d'infanterie, une cartouche de dynamite que le commissaire a saisie.

On se demande si les malfaiteurs n'ont pas voulu faire sauter la caserne ; il est, en effet, d'ores et déjà établi qu'un vol de cinq cartouches de dynamite, de poudre de mine (plusieurs kilos) et d'une somme de 39 francs, a été commis dans les baraquements installés dans les carrières d'Isle, à 5 kilomètres de Limoges. Ce sont ces cartouches qui ont dû servir, car on n'a trouvé sur les lieux de l'explosion aucun débris d'engin. (...)

En ville, l'émotion est profonde. Depuis la bombe qui fut déposée en avril 1905, au moment des grèves, devant la porte du domicile du directeur de la maison Haviland et Cie, il n'y avait pas eu d'attentat à Limoges.

Le Petit Parisien – 12 mars 1909


EN BREF

uk Amputée puis tranchée par le train ! Une jeune fille, miss Crawford, est tombée, la nuit dernière, de l'express de Londres à Yarmouth et a eu un bras tranché. On l'avait à peine retirée de la voie descendante, en travers de laquelle elle gisait, qu'un autre train arrivait à toute vitesse et coupait la malheureuse eu deux. Le Petit Parisien – 12 mars 1909

4 tentatives de suicide le même jour - Un vieux casseur de pierres, nommé Ollivier, est atteint de la monomanie du suicide. Déjà l'an dernier, voulant mourir, il se pendit à un prunier. La branche se rompit sous son poids. Hier, à quatre reprises différentes, il renouvela. sa tentative, sans y réussir pour des motifs divers. Il essaya alors de l'asphyxie; sa femme survint à temps pour le sauver. Le Petit Parisien 12 mars 1909

Posté par Ichtos à 15:00 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]
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