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25 avr. 09

Les actualités du 25 avril 1909

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Turquie Les jeunes-Turcs occupent Constantinople

Les Jeunes-Turcs se sont établis, hier matin, dans Constantinople, après avoir, durant quatre jours, négocié avec le grand-vizir et campé sous les murs de la cité. Ils ont occupé successivement les quartiers européens de Pera et de Galata, et la ville turque, Stamboul. De graves et sanglantes collisions ont eu lieu entre les troupes de Macédoine et les régiments restés fidèles au sultan. Enfin, le palais impérial d'Yildiz, cerné par les contingents révolutionnaires, a arboré le drapeau blanc. Tel est le bilan de la journée à l'heure où nous écrivons ces lignes.

Il n'y a plus lieu, ici, de reprendre les événements contradictoires qui se sont déroulés depuis mardi et dont l'incohérence, au moins apparente, a stupéfié et irrité la diplomatie et la presse. Un acte a été accompli. Nous ne nous hasarderons pas à prévoir les lendemains. Nous voudrions seulement indiquer comment s'est opérée la marche de l'armée de Macédoine, et signaler les points sur lesquels une résistance s'est manifestée.

Jusqu'à vendredi après midi, les forces jeunes-turques, commandées par Husni pacha, puis par Mahmoud pacha, généralissime du 3e corps, s'étaient tenues à Eyoub, à la pointe supérieure de la Corne d'Or, et à Makrikeui, sur la mer de Marmara. D'Eyoub aux ponts de Pera et de Galata, on compte environ six kilomètres, — de Makrikeui aux portes de Stamboul, huit kilomètres. Les dipositions arrêtées par l'état-major jeune-turc visaient à occuper Stamboul, Pera et Galata, sans coup férir, et à isoler la résidence impériale d'Yildiz, dont les dépendances descendent jusqu'au Bosphore, et que quatre kilomètres environ séparent de la partie la plus habitée de Pera.

Cette zone de quatre kilomètres était particulièrement surveillée, parce qu'elle présente une succession de casernes et de parcs d'artillerie, où étaient massés les cinq ou six mille hommes Albanais, Arabes ou Kurdes, dont le sultan se croyait sûr. C'est en effet dans cette zone que s'est marquée, hier, la résistance à l'entrée des troupes macédoniennes.

Dès cinq heures du matin, les corps dirigés par Mahmoud pacha resserraient de toutes parts l'investissement. Les régiments venus d'Eyoub contournaient la Corne d'Or par les Eaux Douces d'Europe, occupaient Chichli, formaient un cordon autour de Pera et de Galata et lançaient une pointe considérable vers le domaine d'Yildiz, où cinq bataillons loyalistes s'apprêtaient à la lutte. Une fusillade s'engagea de ce côté.

Quatre casernes situées entre Yildiz et Pera refusèrent de capituler. Un combat de plusieurs heures en donna la possession aux Macédoniens, mais de nombreux morts couvraient la place, et des balles perdues allaient frapper des curieux ou des passants dans le quartier européen. Enfin, tout fut terminé. La Jeune-Turquie était maîtresse de toute la ville et Yildiz s'inclinait devant elle.

On avait fait courir le bruit que le sultan s'était enfui sur le stationnaire allemand et aussi cet autre bruit qu'étranger à la résistance de ses troupes, il voulait négocier avec les comités Union et Progrès. Quoi qu'il en soit, nous rendrons cet hommage aux Jeunes-Turcs qu'ils avaient pris des dispositions parfaites pour sauvegarder les ambassades et maintenir la sécurité générale dans Constantinople.

Le premier acte de la nouvelle révolution est accompli. Attendons les autres, attendons aussi les contrecoups et les ripostes possibles, car les massacres d'Asie continuent à s'exercer atrocement. Souhaitons que la Turquie trouve enfin, dans l'équilibre de ses races et dans la tolérance des confessions, les éléments d'un régime stable, d'où le despotisme, la corruption et l'espionnage seront bannis.

Le Petit Parisien – 25 avril 1909


Une artiste est brûlée vive

Graves évènements en grèce

Désastre espagnol au Maroc

Pera_Palace_Hotel

Sédition militaire en grèce

Georges 1er de serbie abdique

On se massacre en Asie Mineure


EN BREF

Un cyclone à Reims - Un véritable cyclone s'est abattu, cet après-midi, sur la ville et sur la région. En quelques instants, les baraques et les établissements forains installés sur la place de la République ont été détruits. Les dégâts sont évalués à plus de 30,000 francs. Les jardins ont été complètement dévastés par la pluie et la grêle. Sur la ligne de Reims à Epernay, les poteaux télégraphiques ont été arrachés par le cyclone, qui a également causé de gros dégâts au vignoble champenois. Le Petit Parisien – 25 avril 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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