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18 août 09

Les actualités du 18 août 1909

uk Angleterre: Exécution d'un terroriste hindou

Dhingra

L'étudiant hindou Dhingra a été pendu ce matin à huit heures. Jusqu'à la dernière minute, il a conservé une attitude calme ou se mêlaient le fatalisme et le fanatisme. Il n'a fait aucune déclaration, mais a refusé de voir ses frères qui l'ont d'aileurs désavoué.

Depuis la loi de 1868 les exécutions sont dissimulées en Angleterre. Elles se font à l'intérieur de la prison. Seuls y assistent un shérif, le Directeur, l'aumônier et le médecin de la prison et tout autre fonctionnaire que le shérif peut requérir s'il le juge à propos. Autrefois le condamné était amené sous la potence dans une charrette et lorsque le nœud était passé autour de son cou, on faisait avancer la charrette, et le condamné tombait au bout de sa corde. Maintenant, l'exécuteur Pierpont établit une sorte d'échafaud au milieu duquel est une trappe, dont on retire les verrous lorsque le noeud fatal est passé autour du cou.

La longueur de la corde est calculée d'après le poids de l'homme, de sorte que, dans sa chute, il se brise la colonne vertébrale. Aux termes de la loi, c'est le shérif qui doit exécuter 1e condamné, mais il délègue toujours son pouvoir à Pierpont qu'il n'assiste que de sa présence. Au moment de l'exécution, un drapeau noir a été hissé au-dessus de la prison de Pentonville. C'était le signal pour la foule massée autour de la prison, et indiquant que justice était faite. Aussitôt, les cloches des églises environnantes ont sonné un glas pendant un quart d'heure. La foule s'éloigna alors en silence.

Plusieurs amis de Dhingra ont fait une démarche pressante pour obtenir que son corps fût incinéré. Les Hindous croient à la réincarnation de l'âme, mais pour qu'elle puisse s'évaporer il est nécessaire que le corps soit brûlé. Les amis de Dhingra s'offrent de payer les frais et, bien que la loi exige que les condamnés soient inhumés dans l'enceinte de la prison, il n'est pas improbable que leur demande soit agréée. A midi, dans la salle du comité de la prison, l'enquête d'usage a été faite en présence du sous-directeur et d'un Hindou, ami de Dhingra, qui représentait la colonie.

Toute autre demande d'admission avait été refusée. Le coroner eut tôt fait de procéder à la formalité qui consiste a identifier le cadavre et a constater que le jugement a été dûment exécuté. Le sous-directeur a reconnu le cadavre et il a déclaré qu'ayant assisté à l'exécution, il pouvait affirmer qu'elle s'était passée sans incident. Le docteur de la prison a ensuite certifié que la mort avait été instantanée. M. Masters, l'Hindou qui était présent, a manifesté une vive émotion au cours de l'enquête.

La police a saisi un document imprimé ne portant ni le nom de l'auteur, ni celui de l'imprimeur, qui a été distribué en grande quantité parmi les étudiants hindous et qui fait l'apologie de l'acte de Dhingra. Dhingra y est représenté comme un martyr de la cause de l'indépendance.

Il y a lieu sans doutes de rappeler le double meurtre qui a valu à l'étudiant hindou d'être supplicié. Mais a-t-on oublié le terrible drame du 1er juillet dernier ? L'Association indienne donnait une réception à l'imperial Institute. La soirée, à laquelle assis-aient plusieurs centaines d'étudiants hindous, allait prendre fin, et le colonel Curzon descendait l'escalier avec le docteur Lalcala, lorsque Dhingra s'avança vers lui, sortit de sa poche un revolver et fit feu trois fois. Le colonel, atteint à l'œil droit et à l'oreille gauche, tomba raide mort. Le docteur se précipita sur le meurtrier, qui tira sur lui : frappé en pleine poitrine, M. Lalcala ne tarda pas a expirer.

La police arrêta immédiatement Dhingra. Sur le meurtrier on trouva d'autres armes. Dhingra était affilié au parti nationaliste hindou avancé. Son frère avait prié le colonel William Curzon de sermonner l'exalté, car la victime de l'étudiant, aide de camp du secrétaire d'État pour les Indes, s'occupait volontiers des jeunes Hindous en résidence à Londres. L'enquête montra que l'assassin avait prémédité son premier crime. On saisit chez lui une multitude de cartons sur lesquels il s'était exercé au revolver.

Le Petit Parisien – 19 août 1909


EN BREF

Ascension

Le Duc des Abruzzes dans l'Himalaya - Les découvertes de l'intrépide explorateur - Peschavar, 17 août. — On apprend de bonne source que le record ascensionnel du duc des Abruzzes a eu lieu sur le Bride-peak et non pas au pic K. 2 ou Godwin-Austen, comme on l'avait annoncé antérieurement. Le duc des Abruzzes a découvert dans le massif de l'Himalaya, de nombreux pics qui jusqu'à présent, étaient restés inconnus. Il on a dressé des cartes très complètes et leur a donné des noms. On a beaucoup remarqué qu'il avait donné à un immense pic. couvert de glace, d'une blancheur éblouissante, et qui serait une des merveilles de l'Himalaya, le nom de Catharina. On sait que ce nom est celui de miss Elkin. Le duc a exploré et reconnu à fond tout le système de l'immense glacier, dont le glacier Baltero forme le centre. Ses observations météorologiques présentant un intérêt scientifique exceptionnel. Le duc partira le plus tôt possible de Ka-chemir pour revenir à Bombay via Delluy et Agra. Le prochain livre du duc des Abruzzes, où il relatera tes péripéties de son voyage, sera dédié à la reine Hélène. La Presse - 18 août 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]