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Collection de cartes postales anciennes numérisées en haute définition. Actualités d'époque. Histoires insolites.

02 sept. 09

Les actualités du 2 septembre 1909

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Un nouveau Palais à Paris

Paris doit à la libéralité de S. A. S. le prince de Monaco et au talent de M. Nénot une merveille de plus. Pendant que nous étions en vacances s'est achevée l'édification au coin des rues Gay-Lussac et Saint-Jacques, sur les jardins de l'ancien couvent des Visitandines, d'un pa lais de style imprévu, d'une originalité de lignes et de décor qui séduit. Et ce palais, c'est l'Institut océanographique.

Au milieu des immeubles très modernes qu'il domine fièrement de sa haute tour à mâchicoulis, de quarante mètres, il évoque l'architecture hardie et pittoresque du seizième siècle italien. Les passants s'arrêtent devant sa façade en blanche pierre d'Euville, délicatement ouvrée et rehaussée d'arceaux et d'encadrements roses en briques de Bourgogne.

Ils regardent les grilles et le saut-de-loup qui séparent l'édifice de la rue; le ponceau qui supporte le grand escalier conduisant au vestibule; la porte d'entrée, d'un dessin inédit; les baies cintrées qui éclairent l'amphithéâtre à mille spectateurs, occupant le vaste corps de bâtiment de gauche; et la loggia à colonnes qui découvre sous les combles l'étage supérieur.

Le grand toit, en saillie sur cette loggia, les intéresse par ses poutres apparentes peintes en rouges et filetées d'or ; et ils admirent les animaux marins sculptés en bas-relief au-dessus des croisées, les frises de "sgraffites" rouges qui séparent les étages, et sur lesquelles se détachent en blanc des crabes, des méduses, des hippocampes. Tous ces détails sont d'un art exquis. La variété des styles qu'a fondus en ce palais M. Nénot est extraordinaire, et son œuvre est d'une harmonieuse unité.

C'est, nous disait-il, un peu genevois, un peu monégasque, et c'est autre chose encore. Je suis allé m'inspirer jusqu'à Vienne, jusqu'à Perouse. Mettons, si vous voulez, que c'est de la Renaissance italienne du seizième siècle modernisé. Quelques échafaudages masquent encore certaines parties des façades. Ils soutiennent des ateliers de sculpteurs dans lesquels Landowski et Roux, deux jeunes Grands Prix de Rome, achèvent, le premier, une gracieuse figure se détachant d'un ensemble allégorique et évoquant la science océanographique ; le second, les armes des Grimaldi. Le peintre Tinayre décorera le grand amphithéâtre de fresques, rappelant les voyages du prince, — La mer des Sargasses, 1e pôle Sud, etc. — et ses travaux.

Le palais de l'Institut océanographique, commencé en septembre 1908, est déjà, grâce à l'activité de M, Nénot et de ses collaborateurs, MM. Goudard et Delage, terminé pour la maçonnerie, et il ne reste plus qu'à l'aménager intérieurement et à le meubler. Mais cette dernière tâche, qui comprend l'installation des laboratoires, exige les plus grands soins. L'inauguration, n'aura donc lieu qu'en 1910. En attendant, on débarrasse l'édifice de ses derniers échafaudages. Il sera présenté prochainement au prince de Monaco.

Le Figaro – 2 septembre 1909

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EN BREF

Le Départ du République est retardé de 24 heures - Ainsi que nous l'avions annoncé, le dirigeable République devait, hier, quitter Chalais-Meudon, pour se rendre à Lapalisse (Allier), prendre part aux grandes manœuvres du Centre.Mais, ses pilotes, au dernier moment, ont changé d'avis et décidé de faire, avant le départ définitif, une sortie d'essais.A cet effet, le République fit une assez longue ascension et vint, entre huit et neuf heures, planer sur le centre de Paris. Après avoir viré autour du Panthéon, l'aéronat a regagné son hangar.Cette expérience a donné toute satisfaction, et, à moins d'un changement de temps, le République partira pour Lapalisse ce matin à la première heure. Le Petit Parisien – 2 septembre 1909

pays bas Le cholera en Hollande - Rotterdam, 1er septembre – Suivant un communiqué du bourgmestre, il y a aux baraques 18 malades atteinte de cholera et 1 suspect. La situation est satisfaisante. Sont en observation 84 personnes, toutes en bonne santé. Le nombre des décès est stationnaire. A Utrecht, la femme d'un batelier, arrivant de Rotterdam, a été mise en observa-lion comme suspecte de choléra. Par contre, à Dordrecht, on a constaté officiellement que la femme mise en observation lundi n est pas atteinte du choléra. Le Petit Parisien – 2 septembre 1909

Un singulier projectile - Mme Mayerhoffer, femme d'un capitaine de l'état-major de la garde républicaine, a été victime, hier matin, d'un assez grave accident. Au moment où elle passait avec ses trois enfants en face du numéro 35 de la rue de Rivoli, elle reçut, sur le bras droit, un appareil en bronze, du poids de quatorze kilos, tombé du sixième étage-La pauvre femme eut le membre littéralement déchiqueté et dut être transportée à l'Hôtel-Dieu. L'appareil — un vulcanisateur — appartenait à M. Fromaigeot, chirurgien dentiste. C'était l'apprenti de ce dernier, Maurice Trouillet, qui, en voulant le placer afin de le laisser refroidir sur un chéneau du sixième étage, l'avait laissé échapper. Le Petit Parisien – 2 septembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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