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16 déc. 09

Les actualités du 16 décembre 1909

Hospice Saint Ylie

L'infirmier macabre de Saint-Ylie

Dôle, 15 Décembre. L'affaire criminelle qui vient d'être découverte à l'asile d'aliénés de Saint-Ylie, à trois kilomètres de Dôle, fait le sujet de toutes les conversations. Le coupable, est l'infirmier Léon Thabus, qui était entré à l'asile Saint-Ylie en avril dernier. Alcoolique, cet homme avait trouvé dans l'accomplissement de ses forfaits répétés , le moyen de satisfaire son vice, car ils lui valaient de petits profits.

En effet, Thabus cumulait les fonctions d'infirmier et celles de fossoyeur. De sorte que lorsqu'un décès se produisait, il recevait un franc pour creuser la fosse du défunt ; de plus, certaines familles le rétribuaient pour entretenir les tombes des malheureux qu'il avait inhumés. De là germa dans son cerveau l'idée infernale de multiplier ces bénéfices en rendant les décès plus nombreux.

Récemment, le 20 novembre dernier, un paralytique, M. Fustin Garneret, âgé de 61 ans, mourait. Depuis le 10 novembre, trois des pensionnaires confiés à la surveillance de Thabus étaient pareillement décédés. L'alcoolique avait inhumé un cadavre tous les deux jours ! Les autres infirmiers, déjà en éveil, tinrent conseil. Ils examinèrent le cadavre du sexagénaire et le doute ne leur fut plus permis. Le malheureux interné avait été étranglé ! Les doigts qui lui avaient enserré le col avaient laissé leur empreinte dans la chair violacée.

Le crime était patent. M. Bierry, directeur de l'asile, fut informé aussitôt. Il fit examiner le corps par M. Saintenoise, médecin en chef de facile, et, à la première inspection, le médecin eut sa religion éclairée. Il n'y avait plus qu'à prévenir le procureur de Ja République, M. Lapeyre, qui, accompagné de MM. Billan et Raffour, médecins légistes, vint à l'hospice et procéda sur place à une enquête complète. Léon Thabus, interrogé par le juge, se troubla bientôt ; il entra dans des explications maladroites, et, malgré ses protestations d'innocence, fut arrêté.

C'est alors que le juge d'instruction décida de procéder à d'autres exhumations, devant les magistrats de Dôle, les médecins légistes et tous les médecins du pays. Ces exhumations, effectuées vendredi, ont été terriblement accusatrices. Reste à savoir, maintenant que le monstre est arrêté, quelles responsabilités secondaires sont engagées et si une surveillance plus active n'aurait pas servi à empêcher la perpétration de tant de crimes successifs.

Le Petit Journal – 16 décembre 1909


EN BREF

Une plaisanterie stupide cause un tragique accident de personnes en gare Saint Lazare - Le train 345, qui part à 4 h. 54 de la gare Saint-Lazare pour Versailles-Chantiers, était, hier, bondé, lorsqu'au moment du départ, une manœuvre de service fut effectuée : elle consistait à accrocher en queue du convoi un wagon-écurie. La manœuvre, faite un peu tardivement, fut exécutée avec quelque brusquerie et un choc assez violent se produisit lorsque le wagon-écurie heurta le train. Certes, les voyageurs furent quelque peu secoués, mais ils n'auraient éprouvé aucune frayeur, si un homme, qui n'a pu être retrouvé, n'avait crié du quai : "Sauve qui peut " ! Cet avertissement tragique, répercuté par l'écho, affola les voyageurs. Presque tous sautèrent sur le quai, se bousculant et se renversant. Cependant deux personnes, un homme et une femme étaient assis au fond d'un compartiment ; trouvant sans doute l'évacuation trop lente, ils ouvrirent la portière et descendirent à contre-voie. A ce moment, arrivait un train de Versailles, dont l'entrée en gare doit normalement précéder le départ du train 345. Les deux malheureux se rejetèrent en arrière en voyant la locomotive ; la femme, Mme Marie Mayer, âgée de 51 ans, couturière, demeurant à Versailles, 4, rue des Chantiers, fut renversée par la machine et ne reçut qu'une contusion à la jambe gauche. Mais l'homme, M. Albert Pons, garçon de recettes à la Banque de France, marié, père de deux enfants, demeurant 12, boulevard de la République, à Versailles, eut les deux jambes broyées. Le malheureux a été transporté à l'hôpital Beaujon où l'on a jugé son état très grave. Mme Mayer, après un pansement, a pu rentrer chez elle par le train de 5 h. 55. M. Leroy, commissaire spécial de la gare Saint-Lazare, qui a ouvert une enquête sur cet accident, n'a pu découvrir la personne, qui a poussé le fatal cri d'alarme. Dans la soirée, nous sommes allé demander à l'hôpital Beaujon des nouvelles de M. Albert Pons. Le malheureux a été amputé des deux jambes. Son état paraît désespéré. Le Petit Journal – 16 décembre 1909

Deux trains se tamponnent à Narbonne - Narbonne, 15 Décembre - Un tamponnement s'est produit, ce soir, à six heures, entre deux trains de marchandises. Le train 2184, venant de Cette, stationnait au poste d'arrêt, attendant l'ordre d'entrée en gare. Bien qu'il fût couvert par les signaux, le train 2180, venant de la même direction, est arrivé sur lui en pleine vitesse. Le choc a été si violent, que le fourgon est monté sur les machines, tuant net le chauffeur Elie Pouey, du dépôt de Bordeaux. Le mécanicien Palac, qui était à ses cotés, n'a reçu que des contusions légères, mais le chef de train Auillens, de Béziers, a été grièvement blessé. On l'a transporté à l'hospice. Le Petit Journal – 16 décembre 1909

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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