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02 mai 10

Les actualité du 2 mai 1910

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Les héros de la mer à la Sorbonne

Sauveteurs

La Société centrale de sauvetage des naufragés a tenu hier son assemblée générale dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de l'amiral Dupérré, assisté de MM, Georges Copia et Pic-Paris, conseiller référendaire à la Cour des comptes. Tous les membres du gouvernement s'étaient fait représenter à cette cérémonie. Après avoir ouvert la séance, l'amiral Duperré donna la parole à l'amiral Humann, qui exposa la situation financière de la société et énuméra ses travaux au cours de l'année 1909.

Puis l'amiral Aubry de la Noë donna connaissance à l'assemblée de actes de courage qui valurent à leurs auteurs d'être distingues par la société, et d'être récompensés par des prix et des médailles d'or. Parmi les nombreux lauréats, plusieurs méritent d'attirer particulièrement l'attention. Citons tout d'abord le patron Lavenu, de la station de Goury (Manche), auquel fut décerné le prix Carié-Martin, pour le courage et le dévouement qu'il montra dans les circonstances suivantes :

Le 17 mai 1909, vers 2 h. 30 du matin, le canotier Emile Hue aperçut les feux d'un navire en détresse dans les parages des rochers Camelands. Le patron Lavenu, du canot de sauvetage le De-la-Germonière, prévenu, se rendit à la maison-abri pour préparer le canot pendant que sa femme courait avertir les canotiers. Le canot, mis a la mer, se dirigea, vers le navire en détresse, qu'il atteignit à 3 h. 30. C'était le vapeur anglais Carn-Marth échoué dans une position dangereuse. Malgré les difficultés et les dangers de la manœuvre dans les courants violents du raz Blanchard, le De-la-Germonière réussit à prendre les embarcations à la remorque et fit route vers le port. Sa tâche était rude ! Dans le remous de l'Ongliquet, il devint impossible d'avancer ; les embarcations a remorquer étaient trop lourdes. Lavenu les fit mouiller et prit à son bord une partie des naufragés. Apres les avoir déposés a terre, il repartait pour aller chercher les malheureux qui l'attendaient.

L'amiral Aubry de la Noë dit ensuite dans quelles circonstances tragiques le capitaine Ollivaud, de Quiberon, mérita le prix Emile-Robin, en sauvant l'équipage du bateau de pêche Gloire-à-Dieu, n° 289, près du raz de Sein. Après avoir rendu hommage à ces deux braves, le rapporteur relate la belle conduite du patron Kerlock, de Saint-Pierre-Penmar'ch, auquel est attribuée la médaille d'or de Mme Robert Blondeau. Nous lui laissons la parole :

Le 26 avril 1900, la barque Vive-Jêsus-et-sa-Croix, du port de Guilvinec, revenait de la pêche de Sud-Ouest par grosse mer. Arrivée au dangereux passage du Couer, elle s'échoua et se démolit en partie sur les rochers. Les appels de détresse de l'équipage furent entendus et le canot de sauvetage de Saint-Pierre Penmarch, Papa-Poydenot conduit par le patron Kerloch, se dirigea vers les naufragés. Accoster la barque n'était pas facile, a cause du peu de profondeur d'eau et de la grosse mer. On risquait de faire de grosses avaries au canot et de blesser les hommes. Aussi les premières tentatives furent-elles faites sans succès et ce n'est qu'après bien des efforts que nos braves canotiers parvinrent à élonger la barque sous le vent et a recueillir les quatre hommes de son équipage. Ce beau succès n'alla pas tout à fait sans dommages car trois des vaillants sauveteurs furent blessés aux jambes et aux mains.

L'assistance qui n'avait point ménagé ses applaudissements a ces héros, salua par de chaleureuses ovations les deux bénéficiaires des prix Gabrielle Lemaire Mlle Flouard, de Saint-Brieuc, et Maurice Nicou, de Noirmoutiers.Mlle Houard se trouvait en septembre dernier au bord de la rivière le Gouëdic, très grossie par les orages, lorsqu'elle aperçut un jeune enfant qui se débattait dans le courant. Elle plongea d'une hauteur de deux mètres cinquante et réussit à saisir le bébé au moment où il allait disparaître dans une cascade. La jeune fille n'a que quatorze ans !

Le petit Maurice Nicou n'avait, lui, que sept ans, lorsque le 23 mai 1909, il se jeta à l'eau près de Noirmoutiers pour sauver un enfant de quatre ans le petit Moizeau. Parmi les autres lauréats, citons les patrons Gurun, d'Hœdic ; Le Galvez, de Portz-Even ; le brigadier Fontaine, d'Equihen, etc. L'assistance a fait des ovations chaleureuses à ces braves.

Le Petit Parisien – 2 mai 1910


EN BREF

Une bombe éclate devant un poste de police - Marseille, 1er mai. Un attentat a été commis, la nuit dernière, contre le poste de police de la mairie d'Arles. Un individu a placé une bombe sur une des fenêtres donnant dans le poste de police, mais il l'a posée du côté où une partie de cette fenêtre est murée, ne supposant pas que l'épaisseur du mur était aussi grande. L'engin fit explosion vers deux heures. Les éclats donnent à croire que le malfaiteur s'était servi d'une boite en acier, dont le couvercle était maintenu par de forts fils de fer. Des ferrailles de toutes sortes ont été recueillies aux environs, jusque sur la place de la République. Dans le poste, les vitres ont été brisées et de gros morceaux de pierre ont été arrachés de la fenêtre. Aucun éclat n'a pénétré à l'intérieur. Le Petit Parisien – 2 mai 1910

Tentative d'empoisonnement à l'opéra comique — Mme Marguerite Carré était depuis plusieurs semaines menacée par des lettres anonymes, qui lui promettaient diverses surprises désagréables. Et de fait, ces menaces furent suivies d'exécution. Il y a quinze jours, la brillante artiste reçut un colis de beurre. Tout de suite l'aspect parut bizarre : ce beurre était strié de teintes violettes qui décelaient son altération. Mme Marguerite Carré cependant y voulut goûter; mais la saveur en était détestable, et sur le conseil de ses amis inquiets, elle fit analyser ce produit équivoque. Le chimiste compétent déclara que le beurre avait été mélangé d'oxyde de zinc. Hier eut lieu à l'Opéra-Comique la répétition générale privée du Mariage de Télémaque, l'œuvre nouvelle de MM. Jules Lemaitre, Maurice Donnay et Claude Terrasse, où Mme Marguerite Carré obtint le plus vif, le plus éclatant succès. A cinq heures, elle monta dans sa loge et souhaita prendre un verre de Porto. Elle appela trois ou quatre garçonnets qu'elle voulait gâter par ce five o'clock improvisé et fit servir une bouteille de ce vin, commencée la veille, puis convia encore gracieusement la costumière du théâtre, Mme S..., et le régisseur général, M. Carbonne. Dès qu'il fut versé dans les verres, le vin devint noirâtre. Et dès la première gorgée, Mme Marguerite Carré sentit une forte brûlure aux lèvres et à la bouche. Comme elle s'inquiétait, Mme S... but à son tour pour la rassurer : elle rejeta le liquide aussitôt; M. Carbonne pareillement, ne put le conserver. Mme S.., d'ailleurs, prise de vomissements aussitôt, a été toute la nuit très souffrante. Une plainte fut alors adressée au parquet pour tentative d'empoisonnement, et le commissaire de police vint à l'Opéra-Comique saisir la bouteille suspecte. Mme Marguerite Carré, poursuivie depuis quelques mois par les menaces d'artistes mécontents, n'avait point voulu jusqu'ici attacher d'importance à ces incidents personnels. Sur l'insistance de ses amis, elle s'est enfin résolue à demander une instruction, qui fera sans doute réfléchir les coupables. Le Temps – 2 mai 1910

Une explosion rue Auber - Hier soir, à onze heures environ, une forte détonation mettait en émoi le quartier de la rue Auber. Elle provenait des sous-sols de l'immeuble situé 12, rue Auber, à l'angle de la rue des Mathurins. Les locataires, réveillés en sursaut et effrayés, descendaient en hâte, à demi vêtus, tandis que les concierges prévenaient le commissaire de police et appelaient les pompiers. Une épaisse fumée emplissait la maison. Dans le couloir des caves les pompiers durent marcher sur des plâtras détachés des murs. L'explosion avait brisé les cloisons de plusieurs caves, tordant les portes, éventrant des tonneaux et cassant un grand nombre de bouteilles. Elle a été due vraisemblablement à l'éclatement d'un engin, jeté dans le sous-sol de la rue des Mathurins sur laquelle donne un étroit soupirail — de la dynamite ou de la cheddite, pense M. Girard, directeur du Laboratoire municipal, qui a ce matin procédé à une expertise. Exactement au bas du soupirail on peut voir en effet un trou de cinquante centimètres de tour et de quinze centimètres de profondeur. C'est apparemment à cet endroit que l'engin a dû tomber. Mais on n'a retrouvé aucune trace de l'explosif. On attribue cet attentat à la malveillance. Le Temps – 2 mai 1910

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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