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14 juin 10

Les actualités du 14 juin 1910

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La Grande Semaine des armes de combat

Escrime

La Grande Semaine des Armes de Combat, qui est pour nous, escrimeurs, la manifestation la plus importante de l'année a bien failli mal se terminer. Organisation défectueuse, disent les uns. Réglementation incomplète, disent les autres, peut-être ont-ils raison ! Mais ça n'est pas la faute au secrétaire général qui fut au-dessus de tout reproche, mais la faute à une section permanente où la majorité composée de fleurettistes s'est désintéréssée de l'organisation et a réglementé, des épreuves d'épée comme s'il se fut agi de championnats de fleuret. Il ne fait aucun doute pour personne, que les épéistes forment actuellement la majorité dans le monde des armes ; il est; donc logique qu'ils aient seuls le droit de réglementer leurs épreuves.

Cela dit, passons aux résultats : Après un barrage ( en trois touches) des plus pénibles et presque nocturne, 8 h. 30 du soir, entre les quatre premiers : MM. de Préjelan, Lajoux, Péronin et Armand Massard, ce dernier ayant battu ses trois adversaires fut proclamé champion international pour 1910. La victoire d'Armand Massard est une jolie performance et surtout une belle preuve de persévérance et de courage ; il a tiré, en effet, la Coupe de France, l'Intersalle et l'Individuel avec une déchirure musculaire à la cuisse gauche ; quoique ça, il eut encore la force, après l'Individuel, de défendre les couleurs françaises dans le match franco-belge, avant de disputer le barrage qui devait désigner le champion de 1910.

Le second, M. Lajoux, est un tireur très scientifique, véritable pouliste auquel il manque un peu de travail, pour être complet. Le troisième, M. Péronin, de Montluçon, a un jeu spécial ; c'est un tireur de tête qui sait attendre la faute de l'adversaire, la provoquer au besoin et en profiter comme il convient ; il nous a montré, avec son camarade de salle Cornereau, qu'il y avait en province des tireurs de premier ordre pouvant égaler les champions parisiens.

Le quatrième M. de Préjelan, n'est pas un veinard. Par une suite de circonstances maIheureuses et de jugements qui ne furent pas toujours exacts il est tombé de premier à quatrième ; cette place n'est pas la sienne, il méritait mieux. R. Ouillon-Carrère le peintre bien connu qui était le grand favori, arrive cinquième. Ce fut une surprise pour tout le monde. Carrère pouvait prétendre à la première place, c'est un tireur très difficile, au jeu déconcertant et plein de ressources, il a eu des coups malheureux et c'est à une nervosité momentanée qu'il doit, de ne pas avoir menacé plus sérieusement le gagnant.

Les tireurs qui arrivent ensuite sont tous à peu près de force égale. MM. Dubourdieu, 6e, Cornereau, 7e, R. Larrain, Rodocanachi et de Rosty, 8e. Ce dernier est une révélation; très jeune tireur, six mois de planche, il semble vouloir suivre la trace de son camarade de salle Massard; c'est un joli début, qui laisse entrevoir un bel avenir. Le capitaine Hubert se classe 11e et M. Amson, ayant abandonné, se trouve classé 12e.

Dans cette finale un nom manque, celui du lieutenant Chappuis, le champion de sabre. Il est tout à fait regrettable que ce tireur de premier ordre ait été éliminé. Après ses récents et brillants succès, l'on pouvait espérer qu'il arriverait en tête ; une touche malheureuse l'éliminant, nous a privé d'une de nos plus fines lames, mais en revanche elle nous à donné un président de jury d'une rare compétence, ce qui tend à prouver que pour être bon juge, il faut être bon escrimeur.

Avant de terminer, en souhaitant que désormais les épéistes réglementeront leurs épreuves sans emprunter des jugements de fleuret, et qu'ils laisseront uniquement le soin aux leurs de prendre des décisions pour les championnats d'épée, je signalerai la belle victoire, au fleuret, du maître Hugnet qui, cette année pour la troisième fois a gagné le championnat des professeurs, sans subir une seule défaite dans la finale. Et je concilierai en me rageant à l'avis de beaucoup d'escrimeurs qui demandent à la Fédération Nationale, deux sections permanentes : une pour le fleuret et une autre pour l'épée. Car il est certain, sans cela, que nous avons assisté à la dernière Grande Semaine d'épée.

Le Presse – 14 juin 1910


EN BREF

Grave accident de courses — Pontivy, 13 Juin - En sautant une haie à l'avant-dernière épreuve de la seconde journée des courses de Pontivy, la jument Guezebet, appartenant à M. Le Chaux de Sainte-Tréphine, montée par le jockey Delbanc, a fait panache et est retombée sur son cavalier. Bien que ne portant aucune blessure apparente, celui-ci se trouve encore, longtemps après l'accident, dans un état comateux très inquiétant ; on craint qu'une péritonite ne se déclare. Le Petit Journal– 14 juin 1910

Collision de trains - Lille, 13 Juin - Ce matin, le train de voyageur de 8 h. 15 de Lille à Béthune traversait les voies ferrées en gare de Rives, quand un wagon de marchandises mal aiguillé, vint se jeter sur les derniers wagons qui déraillèrent : cinq voyageurs furent contusionnés. Peu après arrivait un train de voyageurs belge, dont les deux derniers wagons et les fourgons heurtèrent les wagons sortis des rails et eurent le même sort. Les voyageurs, qui se trouvaient dans ce train, furent violemment bousculés, mais ils sortirent indemnes. Le Petit Journal– 14 juin 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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